C’est par un message publié sur son réseau Truth Social, le jeudi 5 mars 2026, que le président Donald Trump a annoncé le renvoi de Kristi Noem de ses fonctions de secrétaire du département de la Sécurité intérieure (DHS). Dans ce même message, le président a précisé que Noem sera nommée « envoyée spéciale pour le ‘Bouclier des Amériques’, nouvelle initiative de sécurité dans l’hémisphère occidental », annonce que le président devait confirmer lors d’un déplacement prévu samedi en Floride.
Un remplacement annoncé et une date d’entrée en fonction
Donald Trump a également indiqué, dans son message, la nomination de Markwayne Mullin, sénateur républicain de l’Oklahoma, au poste de secrétaire du DHS. « Je suis heureux d’annoncer que le hautement respecté sénateur de l’Oklahoma Markwayne Mullin deviendra le secrétaire du département de la sécurité intérieure (DHS) à compter du 31 mars 2026 », a écrit le président.
Kristi Noem devient la première membre du cabinet à quitter ses fonctions depuis le début du second mandat de Donald Trump, selon l’annonce présidentielle. Le communiqué du président relie directement cette décision aux difficultés rencontrées par la ministre lors d’auditions parlementaires récentes.
Auditions parlementaires et mise en difficulté
Deux jours avant son éviction, Kristi Noem avait été longuement interrogée au Capitole par des élus républicains et démocrates. Ces auditions portaient sur la gestion des opérations d’immigration et sur les dépenses de son ministère. Selon le récit public, elle a été mise en difficulté au sujet de l’attribution d’un important contrat public, ce qui aurait pesé sur la décision présidentielle.
Les débats au Congrès ont aussi porté sur la gestion de l’aide fédérale aux catastrophes par l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA), relevant du DHS. Les responsables du département et l’ancienne gouverneure du Dakota du Sud ont été interrogés sur la conduite opérationnelle et financière de ces dispositifs.
Image publique et méthodes contestées
Kristi Noem, 54 ans, s’est faite connaître par un style politique musclé et des mises en scène spectaculaires. Le texte rappelle notamment sa visite dans une grande prison salvadorienne, le Cecot, où elle a posé devant des détenus, geste largement commenté dans les médias et par ses adversaires politiques. Ces apparitions visaient à illustrer la fermeté de l’administration sur l’immigration clandestine.
Plusieurs épisodes ont alimenté la controverse autour de ses méthodes. En janvier, elle avait qualifié de « terroristes », avant la conclusion d’enquêtes publiques, deux Américains, Renee Good et Alex Pretti, abattus par des agents de l’ICE à Minneapolis. Des vidéos des incidents ont ensuite été présentées comme contredisant la version initiale du DHS, qui soutenait que les deux personnes avaient fait preuve d’un comportement violent.
Par ailleurs, l’administration a admis qu’une décision d’expulser des personnes vers le Salvador, en application d’une loi d’exception de 1798 relative aux « ennemis étrangers », avait été prise par Kristi Noem elle‑même. Cette mesure avait été contestée en justice et un juge fédéral avait ordonné des explications à la ministre.
Position politique et ambitions compromises
Ancienne gouverneure du Dakota du Sud et mère de trois enfants, Kristi Noem est décrite dans le texte comme un pilier de la mouvance « Make America Great Again » (MAGA). Elle défend des positions ultraconservatrices sur des sujets sensibles tels que l’avortement, l’immigration et le port d’armes, et cultive une image très médiatisée.
Ses ambitions nationales avaient un temps fait d’elle une candidate pressentie pour la vice-présidence lors de l’élection présidentielle de 2024. Ces perspectives ont été affaiblies, selon le document d’origine, après la publication d’un extrait de son autobiographie à paraître. L’extrait racontait qu’elle avait été contrainte d’abattre sa chienne, un passage qui avait suscité une forte réaction publique.
Enfin, le texte rappelle une audition au Sénat, en mai, au cours de laquelle la ministre avait été ridiculisée pour avoir confondu le principe d’« habeas corpus », garant des droits fondamentaux, avec une prétendue prérogative présidentielle d’expulsion des immigrés. Cet épisode a contribué au portrait d’une responsable dont la maîtrise juridique et politique a été régulièrement contestée.
Le départ de Kristi Noem et la nomination annoncée de Markwayne Mullin ouvrent une nouvelle phase pour le DHS, dont les orientations et la direction opérationnelle devront être confirmées au fil des procédures de nomination et des annonces officielles à venir.




