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Procès Nestlé Waters à Nancy pour pollution dans les Vosges : 360 000 m³ de déchets plastiques, microplastiques alarmants près de Vittel

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Ouvert le 23 mars 2026 à Nancy, le procès de Nestlé Waters vise l’abandon de plus de 360 000 m³ de déchets plastiques autour de quatre sites vosgiens (Contrexéville, They‑sous‑Montfort, Saint‑Ouen‑les‑Paréy, Crainvilliers) et des concentrations de microplastiques jugées alarmantes près de Vittel. Nestlé conteste les conclusions; cinq jours d’audience doivent établir responsabilités et suites juridiques.

Le procès de Nestlé Waters s’est ouvert le lundi 23 mars 2026 au tribunal correctionnel de Nancy, après trois ans d’enquête et deux renvois antérieurs, en mai et en novembre 2025. Le géant suisse de l’eau minérale est jugé pour ce que la justice qualifie de « pollution hors norme ». L’audience, centrée sur l’abandon de déchets plastiques autour de sites d’embouteillage vosgiens, doit durer cinq jours.

Un dossier volumineux et quatre décharges visées

Le dossier d’instruction atteint environ 2 000 pages. Les investigations portent sur quatre décharges illégales situées dans les Vosges : They‑sous‑Montfort, Saint‑Ouen‑les‑Paréy, Contrexéville et Crainvilliers. Les experts ont estimé à plus de 360 000 m³ la quantité de déchets plastiques mis au jour, soit, selon les éléments du dossier, l’équivalent d’environ 140 piscines olympiques.

Sur le terrain, les descriptions sont frappantes. Bernard Schmitt, médecin retraité et président de l’association Vosges Nature Environnement, rapporte que « Ici, il y a 42 000 mètres cubes de plastique enfoui. Sur une autre décharge, on a trouvé une fosse haute comme un immeuble de sept étages. » Ces constats ont été relayés par la presse locale et nationale.

Taux de microplastiques et alertes environnementales

Les déchets anciens se sont fragmentés au fil des décennies, libérant d’importantes quantités de microplastiques dans les sols et les eaux souterraines. L’Office français de la biodiversité (OFB) signale que des concentrations aussi élevées ne peuvent « qu’avoir des effets nuisibles » sur l’eau, la faune, la flore et la santé humaine. Ces observations figurent dans le dossier et ont été commentées par des médias spécialisés.

Dans la décharge de Contrexéville, les mesures relevées sont impressionnantes : selon les éléments cités par la presse, certains taux de microplastiques y seraient jusqu’à 9 millions de fois supérieurs aux concentrations observées dans la Seine. Ces chiffres alimentent les inquiétudes quant aux conséquences à long terme sur les ressources en eau locales, notamment près de Vittel, région historiquement liée à l’embouteillage d’eaux minérales.

Nestlé Waters conteste ces constatations. Le groupe affirme avoir mandaté trois laboratoires spécialisés qui, toujours selon l’entreprise, ont conclu « à l’absence de pollution microplastique dans l’eau des forages » vosgiens. La position de la société et les analyses qu’elle invoque figurent dans les pièces de la défense présentées au dossier.

Origines des déchets et contexte historique

Les déchets retrouvés comprennent des « bouteilles d’eau, du verre, des polymères », selon l’enquête du parquet de Nancy. Certains squelettes de bouteilles portent le logo Vittel des années 1960‑1970, période où les premières bouteilles en plastique étaient produites. Les pratiques industrielles de l’époque, notamment l’enfouissement et l’incinération de rebuts, expliquent en partie la présence de matériaux anciens sur ces sites.

La Société générale des eaux minérales de Vittel (SGEMV), exploitante historique de la région, a été rachetée par Nestlé en 1992. Les débats judiciaires devront établir les responsabilités précises, la chronologie des dépôts et les éventuelles fautes de gestion imputables à Nestlé Waters Supply Est, l’entité citée dans l’acte d’accusation.

Au cœur du procès figurent donc deux séries d’éléments : d’une part, des constats techniques et des mesures de pollution jugées exceptionnelles par certains acteurs ; d’autre part, les résultats d’analyses présentés par l’entreprise pour contester l’existence d’une pollution microplastique dans les forages. La procédure vise également l’abandon de ces décharges et la gestion des déchets par l’exploitant.

Les audiences à Nancy doivent permettre de confronter les expertises, d’entendre les témoins associatifs et techniques, et d’examiner les responsabilités pénales. Le jugement attendu à l’issue de ces cinq jours fixera, pour les parties comme pour les collectivités locales concernées, les éléments factuels et juridiques sur lesquels fonder la suite des actions.

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