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Procès Nestlé Waters dans les Vosges : 360 000 m³ de déchets plastiques, microplastiques jusqu’à 9 millions de fois, enquête 2 000 pages sur responsabilités et nappes

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Procès Nestlé Waters à Nancy pour « pollution hors norme » : quatre décharges sauvages dans les Vosges (plus de 360 000 m³ de déchets plastiques) et des taux de microplastiques extrêmement élevés — jusqu’à 9 millions de fois ceux mesurés dans la Seine à Contrexéville — sont étudiés dans un dossier d’enquête de 2 000 pages. Le groupe conteste les conclusions; cinq jours d’audience doivent éclairer responsabilités historiques, impacts sur les nappes et perspectives de réhabilitation.

Le procès intenté à Nestlé Waters s’ouvre lundi 23 mars au tribunal correctionnel de Nancy, après trois ans d’enquête et deux renvois précédents en mai et en novembre 2025. Le groupe, géant suisse de l’eau minérale, est poursuivi pour « pollution hors norme » et pour avoir laissé des décharges sauvages autour de plusieurs de ses sites d’embouteillage dans les Vosges. L’audience, annoncée pour durer cinq jours, repose sur un dossier d’instruction d’environ 2 000 pages.

Le dossier et le déroulé du procès

La mise en examen porte sur l’abandon, par Nestlé Waters Supply Est, de déchets plastiques dans quatre sites identifiés : They-sous-Montfort, Saint-Ouen-les-Parey, Contrexéville et Crainvilliers. Les magistrats évoquent des quantités considérées comme « extrêmes » : plus de 360 000 m³ de déchets cumulés, une volume comparé par les enquêteurs à l’équivalent de 140 piscines olympiques.

Selon les éléments de l’enquête, des fosses contenant des bouteilles plastiques et d’autres polymères ont été laissées à l’abandon pendant des décennies. Bernard Schmitt, médecin retraité et président de l’association Vosges Nature Environnement, cité dans Libération, décrit des sites où « il y a 42 000 mètres cubes de plastique enfoui » et où l’on observe des fosses « hautes comme un immeuble de sept étages ». Ces constats figurent dans les pièces rassemblées par le parquet de Nancy.

Des taux de microplastiques qualifiés d’inédits

Les investigations environnementales ont mis au jour des niveaux de microplastiques jugés exceptionnels par plusieurs sources. L’Office français de la biodiversité (OFB) estime que des concentrations aussi élevées dans les eaux ont des effets nuisibles potentiels sur la ressource en eau, la faune, la flore et la santé humaine, selon un article de Reporterre qui relate ces conclusions.

Le cas le plus frappant serait la décharge de Contrexéville, où les taux de microplastiques relevés sont, d’après l’enquête, « 9 millions de fois supérieurs » aux concentrations mesurées dans la Seine. Ces chiffres, s’ils se confirment, témoigneraient d’une contamination très localisée mais massive.

Positions et contestations

Nestlé Waters conteste les conclusions des autorités sur la contamination des eaux. Le groupe affirme avoir mandaté trois laboratoires spécialisés, qui auraient conclu « à l’absence de pollution microplastique dans l’eau des forages » vosgiens. L’entreprise rejette aussi la qualification de responsabilité pénale sur certains points et devra défendre sa position devant le tribunal.

La justice reproche par ailleurs à la société d’avoir abandonné ces décharges et de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour en limiter les impacts. Les pièces de l’instruction indiquent la présence de déchets identifiables : bouteilles d’eau, fragments de verre et éléments polymères. Certaines bouteilles portent encore l’ancien logo Vittel, datant des années 1960–1970, période durant laquelle les premières bouteilles en plastique étaient fabriquées.

Contexte historique et industriel

Historiquement, l’industrie de l’eau minérale a expérimenté l’utilisation du plastique dès les années 1960. À l’époque, les bouteilles défectueuses étaient parfois jetées dans des fosses, puis brûlées, selon des témoignages recueillis par la presse. La Société générale des eaux minérales de Vittel (SGEMV) a été rachetée par le groupe suisse en 1992, ce qui inscrit les pratiques passées dans une continuité industrielle complexifiée par des changements de propriété.

Le procès pose des questions sur la responsabilité des acteurs industriels face aux dépôts illégaux et sur la manière dont ces pratiques anciennes peuvent impacter durablement les sols et les nappes phréatiques. Il interroge aussi l’efficacité des contrôles et des mesures de réhabilitation appliquées sur des décennies.

Au-delà des enjeux juridiques, l’affaire met la lumière la question plus large de la gestion des déchets plastiques dans les zones d’exploitation des ressources naturelles. Les autorités, les associations environnementales et les industriels suivront de près les conclusions judiciaires que rendra le tribunal correctionnel de Nancy.

Le procès, qui doit se tenir sur cinq jours, devrait permettre d’examiner en détail les expertises scientifiques, les responsabilités historiques et les actions menées par Nestlé Waters et ses successeurs sur les sites concernés.

Parlons Politique

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