« En mettant son drapeau dans sa poche, la famille présidentielle a subi une sanction implacable », écrit dans une tribune l’ancien député macroniste Gilles Le Gendre.
Le dépassement du clivage droite‑gauche mis en échec
Selon cette tribune, les élections municipales ont enterré l’idée — pilier du projet d’Emmanuel Macron en 2017 — d’un dépassement durable du clivage droite‑gauche. Gilles Le Gendre pointe du doigt la responsabilité des forces qui se réclamaient du renouveau : « ce sont les macronistes eux‑mêmes qui ont tenu la pelle », écrit‑il.
Les chiffres cités dans la tribune soulignent l’ampleur du recul électoral : Renaissance n’aurait obtenu que 0,03 % des voix au premier tour et le MoDem 0,05 %. Le texte évoque également l’incapacité de Renaissance à présenter des têtes de liste dans plus de 24 des 287 villes de plus de 30 000 habitants, et une stratégie qui a majoritairement privilégié le soutien ou l’alliance avec des candidats de droite.
Paris comme symbole d’une stratégie contestée
Le cas de Paris est mis en exergue comme une illustration quasi caricaturale de cette évolution. D’après la tribune, le MoDem a choisi de s’allier pour le premier tour avec Rachida Dati, candidate de droite, plutôt que de s’unir à Pierre‑Yves Bournazel, positionné au centre. Gilles Le Gendre décrit ce choix comme un reniement de l’héritage centriste du MoDem.
La tribune mentionne encore la dynamique du second tour : Pierre‑Yves Bournazel se serait retiré « sous les inavouables pressions de son camp ». Elle évoque enfin une fusion de listes consécutive au retrait d’un candidat de Reconquête, fusion qui aurait contraint des candidats présentés comme macronistes à conditionner l’élection de conseillers de Paris au soutien — implicite ou explicite — de forces classées à l’extrême droite.
Ces éléments sont présentés par l’auteur comme symptomatiques d’un déplacement des alliances locales, où le centre a parfois opté pour des rapprochements à droite plutôt que pour des recompositions transversales.
Un bilan qui interroge les perspectives nationales
Pour Gilles Le Gendre, ce recul local porte un signal politique plus large : le « projet de renouveau démocratique » promis en 2017 se retrouve fragilisé lorsque ses acteurs se retirent des affichages politiques distinctifs et privilégient des alliances tactiques. L’image évoquée par la tribune contraste la pyramide du Louvre en mai 2017 — moment fondateur du mouvement — et la situation décrite en mars 2026, qualifiée d’« espoir qui se dissipe aux accents d’un requiem ».
La tribune laisse aussi entendre que la recomposition du paysage politique français pourrait se traduire par un retour des clivages classiques, avec une droite et une gauche réaffirmant leur place face à un centre affaibli. Gilles Le Gendre propose cette lecture sans détailler, dans le texte disponible, de feuille de route précise pour reconstruire un centre autonome.
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