Le second tour des élections municipales dans le Val‑de‑Marne a marqué un léger redécoupage politique : la droite a conquis deux communes jusque‑là dirigées par le PS, tandis que les principales villes du département ont pour la plupart confirmé leurs équipes sortantes de gauche.
Basculements à droite : Fresnes et Le Kremlin‑Bicêtre
Sur les 47 communes que compte le Val‑de‑Marne, 19 devaient encore désigner leur maire au second tour. Le taux d’abstention a été élevé : 48 % des électeurs val‑de‑marnais ne se sont pas rendus aux urnes.
Deux communes socialistes ont basculé vers des candidats divers droite. Au Kremlin‑Bicêtre, Lionel Zinciroglu, conseiller municipal divers droite et chef de l’opposition, a obtenu 48 % des voix au second tour, devançant le maire sortant socialiste Jean‑François Delage, crédité de 37 %. Le camp sortant n’avait pas formalisé de fusion avec la liste Insoumise, précise le résultat.
À Fresnes, la victoire s’est jouée sur un écart très réduit, d’environ une centaine de voix. La maire sortante socialiste Marie Chavanon réunissait 43 % des suffrages au second tour, tandis que le candidat divers droite Christophe Carlier l’emportait avec 45 %.
Stabilité dans les grandes villes : réélection des têtes d’affiche de gauche
Les principales communes du département ont, elles, confirmé les sortants. À Créteil, le socialiste Laurent Cathala a été réélu avec 50 % des voix. Ivry‑sur‑Seine a reconduit la liste communiste menée par Philippe Bouyssou (53 %). À Vitry‑sur‑Seine, l’union de la gauche portée par le communiste Pierre Bell‑Lloch recueille 46 % et conserve la mairie.
D’autres communes importantes ont vu leurs édiles se maintenir en poste : Orly, Villejuif, Gentilly, Boissy‑Saint‑Léger et Santeny ont tous conforté les majorités sortantes, selon les résultats communiqués.
Résultats locaux marquants et réorganisations
Plusieurs « poulains » désignés par des maires partants ont réussi leur relais politique. C’est notamment le cas à Arcueil, La Queue‑en‑Brie, Joinville‑le‑Pont et Sucy‑en‑Brie, où les successeurs espérés ont emporté la mairie malgré des campagnes parfois difficiles.
À Joinville‑le‑Pont, le candidat Les Républicains Francis Sellam a été élu avec 46 % des voix. À Arcueil, l’écologiste Sophie Pascal‑Lericq l’emporte avec 42 % contre 37 % pour la droite conduite par Benoit Joseph Onambélé, qui avait fusionné avec la liste LR.
À Nogent‑sur‑Marne, le candidat divers droite Gilles Hagège devance la candidate LR Déborah Münzer avec un écart de 67 voix, d’après les chiffres rendus publics.
Quelques communes de l’est francilien ont également changé de majorité. À Chennevières‑sur‑Marne, la candidate sans étiquette Laurence Grandjean arrive en tête avec 43 % contre 32 % pour le maire sortant UDI Jean‑Pierre Barnaud. Au Plessis‑Trévise, l’ancien premier adjoint Alexis Maréchal s’impose largement avec 60 % des voix face au maire sortant Didier Dousset (MoDem), crédité de 30 %.
Présence du Rassemblement National et féminisation des mairies
Le Rassemblement national a obtenu des sièges dans plusieurs conseils municipaux du département. Il décroche, selon les résultats, deux sièges à Ivry‑sur‑Seine et à Saint‑Maur‑des‑Fossés, ainsi qu’un siège au Plessis‑Trévise et à Vincennes.
Sur le plan de la représentation féminine, le mandat qui débute comptera 12 femmes maire dans le Val‑de‑Marne, contre 10 lors du précédent mandat. Cinq nouvelles femmes prennent la tête d’une commune : à Villeneuve‑Saint‑Georges, Arcueil, Chennevières‑sur‑Marne, Mandres‑les‑Roses et La Queue‑en‑Brie.
Au total, ces élections locales dessinent un tableau contrasté : la droite remporte quelques bastions historiques de la gauche, sans pour autant renverser l’équilibre des grandes villes du département, où les équipes sortantes ont majoritairement été reconduites.
Audrey Guettier





