Israël a intensifié ses frappes contre l’Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décrit comme « en train d’être décimé », tandis que Téhéran multiplie les attaques visant des infrastructures énergétiques dans le Golfe. Ces opérations ont ravivé les tensions sur les marchés de l’énergie, provoquant des mouvements sur les cours du pétrole et du gaz.
Sur le terrain et cibles dans le Golfe
Les frappes et ripostes se sont poursuivies malgré les tentatives de désescalade. Lors d’une conférence de presse télévisée, M. Netanyahu a affirmé que l’Iran n’avait plus « la capacité d’enrichir de l’uranium » ni « de produire des missiles balistiques ». « Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent », a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.
Au 21e jour de guerre, ces déclarations ont temporairement calmé les marchés : Wall Street a terminé en baisse modérée et le prix du baril de Brent a été signalé autour de 107 dollars.
Sur le plan militaire, les pays du Golfe ont été régulièrement visés par des drones et des missiles. Les Émirats arabes unis ont indiqué avoir répondu à des tirs de missiles, l’Arabie saoudite a intercepté plusieurs drones, notamment dans l’est du pays, et Bahreïn a maîtrisé un incendie provoqué par des éclats attribués à une « agression iranienne ».
Au Koweït, une raffinerie déjà visée la veille a subi une nouvelle attaque par drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs unités. Le Qatar a estimé que sa capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) avait été réduite de 17 % après des frappes contre son site majeur de Ras Laffan.
Ces attaques iraniennes ont été présentées comme des représailles aux frappes israéliennes contre le gisement offshore South Pars/North Dome, partagé entre l’Iran et le Qatar, le plus grand gisement gazier connu au monde. Les autorités iraniennes affirment cibler désormais les intérêts américains et les infrastructures énergétiques dans la région, ce qui alimente les craintes de répercussions sur l’économie mondiale.
Réactions internationales et risques pour l’approvisionnement
Sur le plan diplomatique, les réactions se sont multipliées. L’Union européenne a appelé à un « moratoire » sur les frappes visant les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant à une « retenue maximale » pour éviter une crise énergétique mondiale.
L’ancien président américain Donald Trump a demandé à Israël de cesser d’attaquer les installations énergétiques iraniennes, demande que Benjamin Netanyahu a dit s’efforcer de « conformer » à ses souhaits. Parallèlement, M. Trump a menacé de détruire « massivement l’intégralité du gisement » si Téhéran poursuivait ses attaques, selon les propos relayés par la dépêche originale.
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a mis en garde que l’Iran ne ferait preuve d’« aucune retenue » si ses infrastructures énergétiques étaient de nouveau touchées. « Notre réponse à l’attaque israélienne contre nos infrastructures n’a mobilisé qu’une FRACTION de notre puissance », a-t-il averti.
Face aux risques sur l’approvisionnement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a procédé à des libérations de stocks pétroliers annoncées à la mi-mars : un total de 426 millions de barils, principalement de brut, doit être mis à disposition pour tenter de stabiliser le marché.
En parallèle, plusieurs capitales européennes — la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas — ainsi que le Japon se sont dits « prêts à contribuer » à une éventuelle mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole et le gaz. Pour Paris, une implication internationale n’est envisageable qu’après un arrêt des combats.
Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d’un « cadre onusien » pour une telle mission, visant à encadrer toute contribution internationale et garantir la sécurité des voies maritimes.
Le Liban, médiation française et appel à la trêve
Le conflit a aussi entraîné le Liban dans ses retombées : le Hezbollah a engagé des tirs contre Israël depuis le 2 mars, selon le texte initial, et le président libanais, Joseph Aoun, a appelé à une trêve et à des négociations. Lors d’une visite à Beyrouth, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, devait se rendre en Israël pour poursuivre la médiation française.
Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron a déclaré : « Notre rôle n’est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers », mais d’« aider à ce qu’il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens », soulignant que cela dépendrait d’un feu vert israélien.
Les bureaux de l’AFP à Téhéran, Jérusalem, Dubaï, Bagdad, Beyrouth et Washington ont contribué au reportage. © Agence France-Presse





