Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré le 19 mars, lors d’une conférence de presse à Jérusalem suivie par CNN, que le président des États-Unis lui avait demandé de renoncer à « toute nouvelle frappe » contre des sites énergétiques iraniens et que l’État hébreu s’y conformerait.
Dans le même entretien, Netanyahu a nié que son pays ait « entraîné » Washington dans un conflit contre la République islamique, affirmant qu’Israël avait « agi seul » lors d’une attaque visant une installation de traitement liée au champ gazier de South Pars, l’un des plus vastes gisements de gaz naturel au monde.
Demande de désescalade de Washington et position d’Israël
« Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons », a déclaré Benjamin Netanyahu. Il a par ailleurs récusé l’idée selon laquelle Tel-Aviv aurait influencé la décision américaine d’engager des opérations contre l’Iran. « Qui pense vraiment que quelqu’un peut dire au président Trump ce qu’il doit faire ? », a-t-il lancé, rejetant ainsi l’accusation d’avoir entraîné les États-Unis dans la guerre.
Netanyahu a confirmé que la frappe sur une installation reliée à South Pars avait été conduite par Israël sans coalition préalable. Jusqu’à présent, selon les informations disponibles, les opérations israéliennes ont visé plusieurs dépôts de carburant iraniens et, pour la première fois, ont touché des installations liées à la production ou au traitement d’hydrocarbures, ouvrant un nouveau palier dans l’escalade.
Retombées régionales : infrastructures énergétiques et marché
La riposte iranienne a ensuite visé des installations énergétiques dans plusieurs États du Golfe. Le Qatar a fait état de « dégâts importants » sur son principal hub gazier, Ras Laffan. Des analystes ont alerté sur le risque accru d’une pénurie durable de gaz si ces dégâts se confirment.
Ces incidents ont entraîné une hausse des prix de l’énergie à court terme, tandis que des responsables européens, réunis pour un sommet à Bruxelles, ont appelé à un « moratoire » sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques et ont exhorté les parties à faire preuve de « retenue maximale ». Les dirigeants ont exprimé leur préoccupation face aux répercussions économiques et humanitaires d’une escalade ciblant des infrastructures civiles.
Les objectifs stratégiques et l’incertitude au sommet iranien
Lors de la séance de questions qui a suivi sa conférence, Benjamin Netanyahu a déclaré percevoir « beaucoup de signes » d’affaiblissement au sein du régime iranien. « Nous voyons apparaître des fissures, et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain », a-t-il affirmé.
Il a estimé que la guerre pourrait se terminer « bien plus vite que ce que les gens imaginent », tout en reconnaissant l’impossibilité de prédire une chute du pouvoir. « Il appartient au peuple iranien de le démontrer, de choisir le moment et de se montrer à la hauteur », a-t-il ajouté.
Netanyahu a aussi évoqué la possibilité d’ajouter une « composante terrestre » au conflit, sans préciser de calendrier ni de modalités. Il a reconnu que, jusqu’à présent, les affrontements étaient restés essentiellement aériens mais a indiqué que « il existe de nombreuses possibilités » pour une phase ultérieure.
Interrogé sur la situation du leadership iranien, le Premier ministre a exprimé des doutes sur l’identification claire des décideurs à Téhéran. Il a déclaré : « Je ne suis pas sûr de savoir qui dirige l’Iran actuellement », faisant référence aux informations, relayées par les États-Unis, selon lesquelles le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, aurait été blessé. L’Iran a démenti ces affirmations.
Ces déclarations reflètent l’incertitude et la complexité des informations en temps de conflit, où allégations et démentis se succèdent et où la vérification indépendante peut rester difficile.
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