À l’occasion de la publication des comptes annuels du groupe, Transdev a présenté un bilan financier et opérationnel contrasté, mais conforme aux objectifs affichés. Le PDG Thierry Mallet a notamment souligné le démarrage de l’exploitation de la première ligne de TER Marseille–Nice, jusque-là assurée par la SNCF, comme un marqueur de l’année.
Chiffres 2025 : croissance du chiffre d’affaires, marge serrée
Transdev a annoncé, jeudi 19 mars 2025, un chiffre d’affaires de 10,4 milliards d’euros, en hausse de 6 % par rapport à l’exercice précédent.
Le résultat net s’établit à 96 millions d’euros, soit une marge nette d’environ 0,9 %. Le groupe rappelle transporter chaque jour 14 millions de passagers sur ses réseaux, présents dans 19 pays.
Ces chiffres traduisent une dynamique commerciale, mais aussi une rentabilité limitée. Le ratio marge nette reflète la nature capitalistique et concurrentielle du secteur des transports publics, où les coûts d’exploitation et les investissements pèsent fortement sur les résultats.
Mise en service de la ligne Marseille–Nice : défis et réponses
Interrogé sur le lancement de l’exploitation de la ligne TER Marseille–Nice, Thierry Mallet a fait le point sur les principales difficultés surmontées et les mesures prises par Transdev. Il a déclaré : « Transdev a été au rendez‑vous, là où son client, la région PACA, l’attendait, que ce soit en matière de coûts, d’efficacité, de service. »
Le groupe admet avoir confronté une « page blanche » au départ. L’intégration de l’exploitation a mobilisé des efforts importants sur le plan technique et sur celui des ressources humaines. Transdev indique avoir recruté 180 personnes pour renforcer ses équipes. À ces recrutements se sont ajoutés une trentaine de cheminots de la SNCF qui ont choisi de rejoindre Transdev volontairement.
La formation a été au centre du dispositif. Le groupe a mis en place des cursus pour la conduite des trains et pour constituer des équipes opérationnelles neuves. Sur le plan matériel, l’exploitation a démarré avec environ la moitié des rames initialement prévues ; le parc commandé auprès d’Alstom n’était pas livré dans son intégralité.
Pour pallier ce manque, Transdev a loué des rames à d’autres régions afin d’assurer la continuité du service. À l’inverse, le centre de maintenance dédié à la ligne a été livré et opérationnel dans les délais, selon le groupe.
Enjeux opérationnels et perspectives
Le basculement d’une ligne TER d’un opérateur historique vers un nouvel exploitant implique des risques concrets : recrutement, formation, disponibilité matérielle et organisation de la maintenance. Transdev met en avant sa capacité à résoudre ces problèmes à court terme, mais le groupe reste exposé aux aléas des livraisons industrielles et aux tensions sur le marché du travail qualifié.
Sur le plan financier, la hausse du chiffre d’affaires est positive, mais la marge nette faible rappelle que la rentabilité reste un chantier. L’équilibre entre qualité de service, maîtrise des coûts et investissements industriels sera déterminant pour la suite.
Thierry Mallet, PDG de Transdev depuis 2016, a insisté sur la nécessité de stabiliser l’exploitation et d’achever la montée en puissance du matériel roulants pour répondre aux attentes de la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et des usagers.
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