Israël et les États-Unis multiplient les actions visant principalement à dégrader les moyens opérationnels de Téhéran, tout en maintenant publiquement l’objectif — affiché — de faire tomber les dirigeants iraniens. Malgré des frappes et des assassinats ciblés, la République islamique paraît loin d’un effondrement imminent, et aucune force d’opposition n’apparaît aujourd’hui suffisamment crédible pour prendre sa suite.
Des frappes ciblées, pas une stratégie de substitution
Les opérations étrangères menées contre l’Iran semblent privilégier la réduction des capacités militaires et clandestines plutôt que l’édification d’une alternative politique. À l’appui de cette logique figurent des éliminations spectaculaires de hauts responsables, mais pas l’installation d’un relais politique identifiable à même d’assurer la transition du pouvoir.
Parmi les victimes récentes, les autorités iraniennes ont annoncé la mort d’Ali Larijani, secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale, « mardi 17 mars », ainsi que celles de son fils et de ses gardes du corps. Larijani était apparu quelques jours plus tôt lors des commémorations du « jour de Jérusalem », défilant à Téhéran sous les drapeaux de la République islamique pour montrer, selon le régime, que celui-ci « ne vacille pas », malgré ce que ce dernier décrit comme « des milliers de frappes » israéliennes et américaines.
Le même jour, un bombardement attribué à Israël a aussi frappé la force paramilitaire Bassidj et fait la mort de Gholamreza Soleimani, commander désigné de cette force selon les communiqués officiels. Les autorités iraniennes ont publié ces informations; les circonstances et les responsabilités sont régulièrement sujettes à communication stratégique et à interprétation internationale.
Une conception institutionnelle faite pour durer
La structure institutionnelle de la République islamique a été pensée pour résister à des agressions extérieures et à des pertes de cadres. Son architecture politique combine institutions religieuses et appareils sécuritaires qui entretiennent une redondance des fonctions et une capacité de renouvellement des cadres, ce qui limite la probabilité d’un effondrement instantané après la disparition de dirigeants clés.
Dans ce contexte, même des assassinats ciblés — s’ils affaiblissent des réseaux ou érodent des expertises — peinent à créer un vide politique susceptible d’être immédiatement exploité par une opposition unifiée et crédible. Le constat implicitement formulé par la source initiale est clair : la question n’est pas seulement de retirer des figures du jeu, mais d’obliger le système tout entier à perdre sa cohésion, ce qui n’est pas garanti par des frappes ponctuelles.
Impact symbolique et limites opérationnelles
Les morts de personnalités comme Ali Larijani ont un fort impact symbolique. Elles servent à la fois des objectifs de dissuasion et d’affaiblissement tactique. Pour le régime, ces assassinats deviennent des éléments de mobilisation interne et de légitimation du maintien de l’ordre. Pour les protagonistes extérieurs, ils sont présentés comme des succès ciblés destinés à perturber des capacités militaires ou clandestines.
Cependant, la symbolique ne suffit pas à provoquer une mutation rapide du paysage politique iranien. La résilience institutionnelle, la capacité de sécurité intérieure et l’absence, à ce stade, d’une opposition rassemblée et reconnue sur la scène internationale limitent l’effet stratégique de ces opérations. Les risques d’escalade régionale et les incertitudes sur les conséquences à moyen terme complexifient en outre tout pronostic catégorique.
En dépit des pertes humaines et des dommages matériels, le bilan factuel conduit à nuancer l’idée d’un effondrement imminent : l’objectif affiché de « faire chuter » le régime reste politiquement utile aux auteurs des opérations, mais il ne reflète pas nécessairement une stratégie à court terme capable d’entraîner un changement de régime stabilisé.
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