À l’approche du second tour des élections municipales, prévu dimanche 22 mars 2026, une accusation portée par Emmanuel Grégoire contre Emmanuel Macron a déclenché un échange virulent entre responsables politiques parisiens. Le président de la République a démenti catégoriquement toute intervention en faveur du retrait de la candidate Sarah Knafo, accusée par M. Grégoire de s’être désistée au profit d’intérêts de droite.
Les accusations d’Emmanuel Grégoire
Jeudi 19 mars, sur franceinfo, Emmanuel Grégoire — ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo et candidat de la gauche unie hors LFI — a affirmé qu’Emmanuel Macron serait « intervenu » pour « aider au retrait de Sarah Knafo ». Selon M. Grégoire, cette intervention aurait été conduite « à différents niveaux », via des intermédiaires et des soutiens historiques de Reconquête, dans le but d’avantager Rachida Dati, ex-ministre de la Culture.
Lors du même échange, il a qualifié la manoeuvre supposée de « faute morale immense » et évoqué un « pacte du diable » : « c’est d’envoyer le signal que dans toutes circonstances l’union des droites est plus importante que tout. Le message, c’est : ‘je me retire à Paris pour laisser gagner la droite et vous nous soutiendrez dans la dynamique d’union des droites sur le plan national en 2027’ », a-t-il expliqué.
Le démenti de l’Élysée et la réaction présidentielle
Dans les heures qui ont suivi, l’entourage du chef de l’État a, selon Le Monde, qualifié ces accusations de « totalement fausses » et dénoncé un « mensonge indigne et calomnieux ». Le camp présidentiel a affirmé qu’Emmanuel Macron n’était pas intervenu pour organiser ou favoriser le retrait d’une candidate d’extrême droite à Paris.
Le président lui-même a réagi depuis Bruxelles, où il se trouvait, en déclarant que « tout cela est strictement faux et n’est pas à la hauteur ». « Je n’interviens pas du tout dans ces municipales. J’ai largement autre chose à faire », a-t-il ajouté, selon des images diffusées par franceinfo.
Réponse de Sarah Knafo et climat des débats
Sarah Knafo a souhaité clore la polémique par un message publié sur X, en répliquant directement à Emmanuel Grégoire. « Monsieur Grégoire, vous sortez d’un débat où vous vous êtes montré calamiteux. Alors vous paniquez et sombrez dans le complotisme », a-t-elle écrit, ajoutant : « Je n’obéis à personne. Ma liberté et mon sens du devoir vous sont insupportables : c’est que j’en ai fait bon usage. Je vous souhaite une excellente défaite. »
Plus tôt, lors d’un débat opposant Rachida Dati, Sophia Chikirou et Emmanuel Grégoire, ce dernier avait déjà évoqué l’existence d’un arrangement supposé entre l’extrême droite et la candidate de la droite, au bénéfice politique de Rachida Dati au plan national. « L’extrême droite a choisi de se sacrifier à Paris à son profit au plan national (…) pour que vous puissiez lui rendre la même chose bientôt », avait-il affirmé, faisant allusion aux enjeux de la présidentielle de 2027.
Contexte et enjeux pour le second tour
La polémique intervient dans un contexte de course serrée à Paris, où le second tour du 22 mars 2026 s’annonce comme un test important pour les alliances locales et nationales. Les accusations publiques entre candidats illustrent la nervosité des tactiques de campagne et la persistance des suspicions autour des stratégies d’entente entre formations de droite et d’extrême droite.
Dans la capitale, plusieurs lignes politiques s’entrechoquent : la gauche cherche à contenir les reculs, la droite tente de consolider son ancrage et l’extrême droite pèse sur les équilibres des triangulaires et désistements. Les déclarations échangées cette semaine rappellent que, au-delà des résultats locaux, les municipales sont perçues comme un baromètre pour les scrutins nationaux à venir.
Si les accusations de M. Grégoire ont provoqué une réaction ferme de l’Élysée et une défense catégorique du président, elles n’apportent pas d’éléments publics nouveaux permettant de confirmer une ingérence directe. Les protagonistes se sont exprimés via médias et réseaux sociaux — franceinfo, Le Monde, X, BFMTV et Le Figaro TV sont cités dans les interventions — et les échanges ont contribué à polariser le débat politique à quelques jours du scrutin.
Au-delà des invectives, ces épisodes posent la question de la transparence des retraitements d’investitures et des alliances locales, alors que la dynamique électorale parisienne demeure très incertaine à l’approche du second tour du 22 mars 2026.





