Le mardi 24 mars 2026, sur BFMTV-RMC, le député du Rassemblement national (RN) Jean-Philippe Tanguy a vivement réagi à la proposition de Laurent Wauquiez d’organiser une primaire à droite « de Sarah Knafo à Édouard Philippe ». Cette proposition, formulée le matin même sur RTL par l’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, exclurait de facto le RN du périmètre de la consultation, selon M. Tanguy.
Accusations directes et motifs de rejet
« Tant mieux ! » a lancé Jean-Philippe Tanguy, qui ne cache pas son amusement face à l’idée d’une primaire organisée sans le RN. Le député de la Somme affirme ne pas avoir « aucun projet présidentiel à porter avec Monsieur Philippe, l’homme des gilets jaunes ». Il cible ensuite directement Laurent Wauquiez : « Laurent Wauquiez, il n’est plus de droite, il est totalement macronisé. »
Dans son intervention, M. Tanguy reproche à Wauquiez d’avoir « beaucoup déçu », notamment par son travail à l’Assemblée nationale et par son refus « de toutes les fusions avec le RN ». Le ton reste accusateur : selon le député, l’ex-président de région « ment volontairement » en proposant une primaire qui, selon lui, n’a « aucun sens ».
La primaire « cousue de fil blanc », selon le RN
Jean-Philippe Tanguy estime que la proposition de Wauquiez vise à tirer parti de la popularité de certaines figures de droite pour renforcer une alliance avec des leaders considérés comme modérés. « Il sait très bien qu’il n’y aura pas de primaire entre Sarah Knafo et Édouard Philippe, ça n’a aucun sens », a-t-il martelé.
Le député développe l’idée que l’objectif réel serait d’« s’attribuer la popularité de Sarah Knafo pour la primaire qu’il va faire avec Édouard Philippe ». Il évoque un calcul électoral chiffré : selon lui, Wauquiez veut « prendre le petit magot électoral, les 4-5% de Madame Knafo ». Ces pourcentages, cités par M. Tanguy, servent à illustrer l’enjeu d’une recomposition des voix à droite.
Reconquête! et la division du camp national
Au-delà des critiques adressées à Wauquiez, Jean-Philippe Tanguy vise également le parti Reconquête! et son leader, Éric Zemmour. Il décrit Reconquête comme un facteur de division : « Au mieux, Monsieur Zemmour ne sert qu’à diviser, au pire (…) il donne des arguments à la gauche pour rester au pouvoir ou aux macronistes », conclut-il.
Selon le député RN, le rôle de ce mouvement serait donc essentiellement de fragiliser le Rassemblement national plutôt que de constituer une force autonome capable de peser durablement dans la compétition présidentielle.
Des doutes sur l’adhésion des ténors de la droite
Jean-Philippe Tanguy dit par ailleurs douter de l’acceptation, par certaines figures de la droite, d’une primaire incluant Sarah Knafo. Il affirme que « ni Édouard Philippe, ni Xavier Bertrand, ni Gérard Larcher (…) n’accepteront jamais d’avoir une primaire avec Sarah Knafo ». Ce constat sert à renforcer l’idée, selon lui, que la proposition de Wauquiez est peu crédible et destinée à capter des voix.
Les propos de M. Tanguy reflètent une tension persistante au sein de l’espace politique de droite et d’extrême droite, où les stratégies d’alliances et les candidatures concurrentes suscitent des suspicions. Ils illustrent aussi la volonté du RN de se présenter comme l’interlocuteur central des électeurs nationalistes et souverainistes.
Sur le fond, ces accusations posent la question de la viabilité d’une primaire large à droite et de la capacité des partis concernés à s’entendre sur des modalités communes. Jean-Philippe Tanguy, en s’exprimant le 24 mars 2026, a choisi d’en faire une ligne de fracture : pour lui, la manœuvre est claire et vise à affaiblir son camp.





