Dans un discours prononcé à Pyongyang et rendu public le 24 mars, le dirigeant nord‑coréen Kim Jong‑un a dénoncé « le rôle néfaste des Etats‑Unis dans la destruction de la paix et de la stabilité mondiales » et a présenté la situation au Moyen‑Orient comme un argument pour renforcer la stratégie défensive de son pays.
Un discours ancré dans la crise au Moyen‑Orient
Kim Jong‑un a lié les récents événements au Moyen‑Orient aux frappes menées, selon lui, par les Etats‑Unis et Israël « contre Téhéran », et a affirmé que ces actions confortaient sa décision dʼaccroître lʼarsenal nucléaire nord‑coréen. Le dirigeant a rappelé que, après lʼéchec des négociations avec lʼadministration Trump en 2019, il avait choisi de redoubler dʼefforts pour développer cet arsenal ; il a estimé que ce choix avait été « sans doute lʼune des meilleures décisions » quʼil ait prises.
Dans son allocution, Kim a présenté lʼarme nucléaire comme un instrument de dissuasion à conserver coûte que coûte. Il a ainsi cherché à justifier la poursuite et la consolidation des capacités militaires de la Corée du Nord au nom de la sécurité nationale et de la prévention dʼune agression extérieure.
Une visite biélorusse qui s’annonce stratégique
Par ailleurs, la présidence biélorusse a annoncé quʼAlexandre Loukachenko devait se rendre en Corée du Nord à partir de mercredi pour une visite de deux jours. Selon le communiqué publié mardi, il sʼentretiendra avec Kim Jong‑un sur « un large éventail de sujets », en mettant lʼaccent sur la définition des domaines clés dʼintérêt mutuel.
Le déplacement du président biélorusse, annoncé par Minsk, intervient dans un contexte de rapprochements politiques et militaires entre régimes confrontés à des tensions avec les puissances occidentales. Le calendrier et les thèmes précis des entretiens nʼont pas été détaillés dans le communiqué officiel rendu public.
Rappel des antécédents évoqués par Pyongyang
Le discours fait explicitement référence à la rupture des négociations entre Pyongyang et lʼadministration américaine en 2019, épisode cité comme lʼun des tournants de la politique nord‑coréenne en matière dʼarmement. Kim Jong‑un a présenté la détérioration des relations avec Washington comme une confirmation de la nécessité pour son régime de « préserver » sa force nucléaire.
En filigrane, le message combine dénonciation de lʼaction américaine à lʼinternational et argumentaire interne visant à légitimer des investissements militaires poursuit par le régime. Cette rhétorique sʼinscrit dans une logique de dissuasion et de souveraineté affichée.
Contexte régional et implications
Plusieurs observateurs notent que, dans des périodes de conflit international, les dirigeants façonnent souvent leur discours pour consolider lʼopinion nationale et justifier des orientations stratégiques. Dans ce cas précis, Pyongyang met en parallèle les frappes attribuées aux États‑Unis et à Israël et sa propre trajectoire nucléaire pour en tirer une légitimation politique.
Les détails opérationnels des renforts dʼarsenal évoqués par Kim (calendrier, nature exacte des programmes, budgets) nʼont pas été précisés dans le texte rendu public. De même, les autorités biélorusses nʼont pas publié dʼagenda détaillé pour la visite dʼAlexandre Loukachenko. Ces éléments restent ainsi à confirmer par des communiqués officiels ultérieurs ou par des vérifications indépendantes.
Sur le plan diplomatique, la visite annoncée de M. Loukachenko pourrait servir de vitrine à des coopérations bilatérales renforcées, mais son retentissement dépendra des déclarations conjointes et des accords, le cas échéant, publiés à l’issue des entretiens.
Sur le même thème, la version originale de l’article listait plusieurs sujets d’actualité régionale et internationale, notamment des tensions autour de l’Iran, des questions énergétiques et des débats européens sur la sécurité. Ces références témoignent du climat géopolitique utilisé pour situer le discours nord‑coréen.





