Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a demandé la démission d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), lors d’une intervention sur BFMTV ce mardi 24 mars. Il a qualifié la stratégie du parti d’« échec total » au lendemain du second tour des élections municipales.
Résultats locaux et contexte
Au second tour des municipales, Karim Bouamrane a obtenu 56,44 % des voix à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), selon les résultats communiqués. Il devance nettement la candidate de La France insoumise (LFI), Manon Monmirel, créditée de 28,2 %, et l’ancien maire UDI William Delannoy, qui recueille 15,35 %.
Réélu de manière confortable, l’élu a toutefois profité de sa tribune médiatique pour porter une critique franche contre la direction nationale du PS et son alliance ponctuelle avec LFI. Sur le plateau, il a déclaré : « Il faut qu’Olivier Faure démissionne. C’est un échec total. »
Critique de la stratégie d’alliance avec LFI
Karim Bouamrane assume une ligne politique distincte de celle prônée par la direction du PS. Il reproche notamment aux responsables nationaux d’avoir multiplié les accords avec La France insoumise, une tactique qu’il juge contre-productive localement. Il a expliqué qu’il « dit et redis depuis deux ans » que cette orientation n’est pas favorable électoralement et que « les chiffres ont parlé », selon ses propos.
Plutôt que de citer longuement ses formules, il a résumé sa position en demandant une position claire vis-à-vis de LFI et en critiquant la logique de pacte entre les deux tours. Il argue qu’une posture « claire et indépendante » du PS permettrait, selon lui, de rassembler davantage autour de « valeurs républicaines ».
Pour étayer ses arguments, Bouamrane s’est appuyé sur des résultats du Nouveau Front Populaire (NFP) en 2024. Il a affirmé que la liste conduite par Éric Coquerel avait obtenu 62 % à Saint-Ouen en 2024, puis ajouté que, selon un calcul qu’il présente comme « hors LFI », il obtient un rapport de 66 % contre 34 %. Il en conclut qu’une ligne distante de LFI peut se montrer plus efficace électoralement.
Tensions internes au PS
Ces déclarations interviennent alors que les résultats des municipales ont ravivé des critiques au sein du Parti socialiste, notamment dans les villes où les alliances avec LFI n’ont pas abouti à la victoire. Bouamrane a déjà manifesté son mécontentement les jours précédents, se disant « invisibilisé » par son propre parti après sa victoire.
Sur le réseau social X, il s’est plaint de ne pas apparaître sur « tous les visuels avant et post-municipales », signe, selon lui, d’un malaise entre la base locale et la communication nationale. Ces reproches témoignent d’un désaccord plus large sur la stratégie et le positionnement du PS à l’approche des échéances présidentielles.
Au-delà du cas particulier de Saint-Ouen, la dispute illustre une fracture stratégique qui oppose des responsables favorables à des alliances avec LFI et d’autres, comme Bouamrane, qui prônent une autonomie plus nette du PS voire un recentrage. Cette division pourrait peser sur la préparation des campagnes nationales et la définition d’alliances futures.
Karim Bouamrane a formulé son appel à la démission d’Olivier Faure comme une exigence de clarification politique. De son côté, la direction nationale du PS n’a pas été citée dans ces propos et n’a, à ce stade, pas apporté de réponse publique dans le texte d’origine. Les tensions internes resteront à suivre à mesure que se préciseront les équilibres locaux et nationaux du parti.





