La Banque de France a présenté, mardi 24 mars 2026, un bilan annuel marqué par un retour massif aux bénéfices après trois exercices difficiles. L’institution affiche un résultat net positif de 8,1 milliards d’euros et annonce des reversements importants à l’État, malgré un contexte géopolitique tendu au début de 2026.
Résultats financiers et reversements à l’État
Selon le rapport présenté le 24 mars 2026, la Banque de France dégage un résultat net de 8,1 milliards d’euros, contre une perte de 7,7 milliards en 2024. Sur la période de onze ans correspondant au mandat actuel du gouverneur, l’institution indique avoir versé 37 milliards d’euros à l’État.
Chaque année, la Banque reverse à l’État plusieurs éléments comptables : l’impôt sur les sociétés, des dividendes lorsque les résultats le permettent, et la « surcouverture retraite » lorsque la caisse de retraite des employés est provisionnée au-delà de 100 %. Pour l’exercice précédent, l’État a perçu 2,2 milliards d’euros (année 2025).
Mesures comptables, maîtrise des coûts et revente d’or
Le gouverneur François Villeroy de Galhau a expliqué que ce retournement n’est pas le fruit du hasard mais le résultat de choix budgétaires et comptables. La Banque a « maîtrisé ses dépenses nettes d’activités » — c’est‑à‑dire les coûts de fonctionnement après prise en compte de certaines recettes comme la vente de billets — notamment par une réduction sensible des effectifs.
Depuis 2015, ces dépenses auraient diminué en moyenne de 4 % par an en volume et en euros constants, selon les chiffres communiqués par la Banque. Les effectifs sont aujourd’hui stabilisés à environ 1 800 personnes, a précisé l’institution.
Par ailleurs, la Banque de France a procédé à une opération sur ses réserves d’or qui a contribué de manière significative au résultat. Le document mentionne cette vente comme l’un des leviers ayant permis d’apurer la perte de 7,7 milliards subie en 2024, sans en détailler le montant exact dans le texte transmis lors de la présentation.
Interrogé lors de la conférence de presse, le gouverneur a souligné la remontée des comptes et le caractère durable selon lui du redressement. Il a rappelé qu’en onze ans, la Banque avait rapporté 37 milliards à l’État et qu’« elle ne leur a jamais rien coûté ». Cette phrase, citée au cours de l’intervention, résume la ligne défendue devant les parlementaires et les observateurs.
Contexte politique et calendrier personnel du gouverneur
La présentation intervient dans un contexte international marqué par des tensions au Moyen‑Orient. La Banque a toutefois affiché sa confiance quant à la résilience de ses comptes et à la capacité de l’économie française à encaisser des chocs extérieurs.
François Villeroy de Galhau, gouverneur nommé en novembre 2015, a annoncé qu’il quitterait ses fonctions en juin 2026. Sa déclaration a été rappelée lors de la présentation du bilan, qui marque l’un des derniers exercices publiés sous sa gouvernance.
Ce que disent les chiffres et ce qui reste à préciser
Le retournement à 8,1 milliards d’euros illustre un exercice comptable favorable après une année 2024 particulièrement lourde. Les principaux moteurs annoncés sont la maîtrise des dépenses, la stabilisation des effectifs et la cession d’actifs précieux, notamment de l’or.
Cependant, certains détails n’ont pas été précisés publiquement lors de la conférence de presse : le montant exact dégagé par la vente d’or et l’impact précis sur les réserves internationales, ou encore la ventilation complète des économies réalisées par poste de dépenses. Ces éléments techniques seront vraisemblablement développés dans les annexes du rapport annuel.
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