David Lisnard a mis en balance son avenir au sein des Républicains en exprimant, mercredi matin sur BFMTV, sa détermination à porter une « grande primaire ouverte » pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle. Le président de l’Association des maires de France (AMF) et maire réélu de Cannes a fait part d’un vif mécontentement après un bureau politique du parti qui a dégagé plusieurs pistes de procédure interne.
Une critique claire des options proposées par LR
Selon ses déclarations, les militants LR devront trancher en avril entre plusieurs options : désigner directement leur président, Bruno Retailleau, ou organiser une primaire, soit fermée aux seuls adhérents, soit ouverte aux sympathisants. Face à ces scénarios, David Lisnard a dénoncé ce qu’il a qualifié de « non-sens absolu », allant jusqu’à évoquer un « vote biaisé » et « truqué ». Ces mots traduisent une rupture nette avec la procédure envisagée par une partie de la direction du parti.
Partisan de longue date d’une « grande primaire ouverte », David Lisnard souhaite une consultation élargie qui irait « des Républicains à Reconquête » afin, dit-il, de « sortir des jeux d’appareils ». Ce positionnement le place à contre-courant de la ligne affichée par certains responsables de la droite, dont Gérald Darmanin, qui plaide pour un rassemblement autour d’« un seul candidat de la droite et du centre ». Le contraste entre ces approches illustre la tension interne autour du calendrier et des modalités de désignation.
Conséquences politiques et atmosphère au sein du parti
L’intervention publique de David Lisnard, sur une chaîne d’information, revêt un caractère politique fort : elle exprime non seulement un désaccord sur la méthode, mais aussi une menace implicite de départ des Républicains si la direction persiste dans une procédure jugée inéquitable. En mettant ainsi sur la table la perspective d’une rupture, il bouleverse un peu la scène interne et contraint le parti à prendre la mesure des divisions autour du mode de sélection.
La proposition d’une primaire ouverte, poussée par le fondateur du mouvement Nouvelle Énergie, vise à élargir la base électorale participative et à permettre une confrontation plus large des candidatures. Pour ses partisans, une telle primaire limiterait le poids des appareils et favoriserait une légitimité perçue comme plus large. Pour ses opposants, elle peut être vue comme risquant d’affaiblir la cohérence du camp ou d’ouvrir la porte à des stratégies externes.
À ce stade, la décision revient aux militants LR qui doivent se prononcer en avril sur la voie à retenir. La tonalité des échanges publics et la véhémence des critiques laissent entendre que la période de concertation et de décision sera suivie de près, tant à l’intérieur du parti que parmi les forces politiques alliées ou concurrentes.
Sans prendre position sur le fond, les propos de David Lisnard relancent le débat sur la méthode de désignation : souveraineté des adhérents, ouverture aux sympathisants, désignation directe d’un chef de file… Autant d’options qui soulèvent des questions sur la représentativité, la stratégie électorale et l’unité du camp de la droite avant l’échéance présidentielle.
La suite dépendra des arbitrages internes et du résultat du vote des militants en avril. D’ici là, la confrontation des lignes — entre partisans d’une primaire ouverte et défenseurs d’un candidat unique porté par la direction — devrait rester un marqueur clé des discussions au sein des Républicains.





