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Primaire de la gauche en péril pour 2027 : Faure et Tondelier affaiblis après les municipales, risque de candidatures concurrentes et tensions stratégiques

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La primaire de la gauche envisagée pour 2027 est fragilisée. Faure et Tondelier sortent affaiblis des municipales, rendant incertaine la perspective d’un candidat unique.

Une gauche rassemblée en 2027 ? Sur le papier, le plan est simple. Dans les faits, il devient de plus en plus fragile.

Pour l’instant, la question n’est pas de savoir qui sera candidat. Elle est plus basique : la gauche peut-elle encore se mettre d’accord sur une méthode commune avant la présidentielle de 2027 ?

Une primaire pour éviter l’éparpillement

Au cœur du débat, il y a une idée défendue par Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, et par Marine Tondelier, patronne des Écologistes : organiser une primaire de la gauche non mélenchoniste pour désigner un candidat unique à la présidentielle de 2027. L’objectif est clair. Éviter une multiplication des candidatures à gauche, et surtout ne pas laisser le camp progressiste arriver dispersé face à l’extrême droite.

Le projet devait être présenté comme une solution d’union. Il est désormais contesté de toutes parts. Plusieurs figures y participent encore en théorie : Marine Tondelier, Clémentine Autain pour L’Après, François Ruffin pour Debout!. Mais un acteur central refuse d’y prendre part : Raphaël Glucksmann, chef de Place publique.

Dans le même temps, le calendrier s’est compliqué. La primaire était annoncée pour le 11 octobre, mais son existence même est désormais mise en doute. Dans les coulisses, certains socialistes parlent déjà d’un mécanisme « mort faute de combattants ». Le signal est brutal, mais il résume bien l’état du dossier.

Les municipales ont fragilisé les deux principaux défenseurs du projet

Le problème, c’est que ses promoteurs sortent affaiblis des municipales des 15 et 22 mars. Marine Tondelier espérait faire des écologistes une force de confirmation. Le résultat est plus contrasté. Son parti a perdu plusieurs grandes villes, dont Strasbourg, Bordeaux, Besançon et Poitiers. Il a en revanche conservé Lyon. Ce bilan rend plus difficile l’idée d’une dynamique ascendante autour des Écologistes.

Olivier Faure, lui aussi, est fragilisé. Mardi, lors d’un bureau national qui a tourné à la crise, il a été mis en minorité par Boris Vallaud, chef des députés socialistes. Ce dernier a fait adopter une résolution, co-signée avec les opposants au premier secrétaire, accusant la direction d’avoir laissé trop de latitude aux alliances de second tour conclues avec La France insoumise dans certaines villes.

Autrement dit, le PS se dispute sur deux fronts à la fois : sa ligne vis-à-vis de LFI, et la place qu’il veut occuper dans une future candidature commune.

Le vrai sujet, derrière la primaire, c’est la place du PS dans la gauche

Olivier Faure défend pourtant son cap. Il dit ne pas être « fanatique » de la primaire, mais n’en voit pas d’autre pour réunir la gauche non mélenchoniste. Jeudi soir, sur BFMTV, il a aussi prévenu que si chacun avançait par « ego mal placé », on pourrait revivre une division à la manière du 21 avril 2002, date du choc qui avait vu Jean-Marie Le Pen accéder au second tour de la présidentielle. Il a en outre assuré qu’il n’y aurait « pas d’accord national » avec LFI en 2027.

Le problème, c’est que beaucoup de socialistes ne croient plus à cette mécanique. Luc Broussy, président du conseil national du PS, reconnaît que « personne ne croit plus beaucoup à la primaire ». Mais il plaide pour que le périmètre d’alliance du premier tour des municipales — PS, Écologistes, PCF, Place publique et anciens insoumis — serve aussi de base pour la présidentielle.

Le désaccord n’est pas seulement tactique. Il est aussi stratégique. Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et rival d’Olivier Faure, pousse pour un candidat issu d’un espace plus social-démocrate, allant du PS à Raphaël Glucksmann, avec l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Dans son camp, beaucoup jugent qu’une primaire sans Glucksmann serait condamnée d’avance. Boris Vallaud a renforcé cette ligne critique en février, en rejoignant les opposants à Faure.

Les Écologistes n’ont plus le même levier qu’en 2020

Marine Tondelier espérait que les municipales lui donnent du poids. C’est l’inverse qui s’est produit. Son parti n’a plus l’image d’une force en progression continue. Résultat : sa capacité à imposer une primaire paraît plus faible, alors même qu’elle s’était engagée avant le scrutin à participer au processus.

Chez les Écologistes, certains redoutent déjà une autre issue : si les socialistes se retirent, une candidature écologiste autonome pourrait redevenir une option. Une cadre du parti l’a dit sans détour : sans PS, la question d’une candidature écologiste se poserait. Le message est simple. Sans la première force historique de la gauche, la primaire perdrait une grande partie de sa crédibilité.

François Ruffin, lui, va dans le même sens que ceux qui refusent d’attendre un consensus improbable. Il a indiqué qu’il se placerait « en position de porter une candidature propre ». Et, à gauche, certains anciens proches de LFI s’inquiètent du retour d’un PS jugé trop sûr de sa centralité. Derrière le débat de méthode, il y a donc une lutte d’influence très concrète : qui parle au nom de la gauche, et avec quelle légitimité ?

Ce qu’il faut surveiller maintenant

La suite se jouera sur trois échéances. D’abord, la capacité d’Olivier Faure à tenir son propre camp. Ensuite, le maintien ou non de la primaire comme option crédible. Enfin, la clarification des positions de Raphaël Glucksmann, de François Ruffin et de Marine Tondelier. Si aucun accord large ne se dessine, la gauche pourrait entrer dans la présidentielle de 2027 avec plusieurs candidatures concurrentes. Et c’est précisément ce scénario que ses partisans de l’unité voulaient éviter.

Parlons Politique

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