Présidentielle 2027 : les électeurs pourraient-ils départager la droite et le centre avant la bataille nationale ?
Alors que plusieurs candidatures se concurrencent à droite et au centre, David Lisnard défend une primaire ouverte. Les sondages ravivent le débat sur l’unité nécessaire pour atteindre le second tour.

David Lisnard propose une primaire ouverte pour choisir le candidat commun de la droite et du centre à la présidentielle de 2027. Il s’appuie sur la dispersion actuelle des candidatures et sur des sondages qui ne donnent aucun prétendant centriste ou de droite nettement dominant. Le projet reste contesté par les principaux intéressés.
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Comment éviter qu’une multitude de candidatures disperse les voix de la droite et du centre dès le premier tour de la présidentielle ? À droite, une solution revient sur la table : organiser une primaire commune pour départager les prétendants avant l’élection.
Une offre politique encore très éclatée
David Lisnard défend à nouveau cette idée. Le maire de Cannes, qui a quitté Les Républicains et porte désormais sa propre candidature, appelle à une « grande primaire ouverte à tous » de la droite et du centre.
Son diagnostic est simple. Aucun candidat ne s’imposerait aujourd’hui comme le représentant naturel de cet espace politique. Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard avancent chacun leurs arguments, leurs réseaux et leur ligne politique.
À cette liste peuvent s’ajouter d’autres personnalités, selon l’évolution de la campagne. Cette multiplication des prétendants rend difficile la construction d’un rapport de force clair face au Rassemblement national et à La France insoumise.
Dans une tribune publiée le 25 août 2026, David Lisnard estime qu’une désignation démocratique est indispensable. « Sans candidat désigné démocratiquement, la droite et le centre ne seront pas en mesure de l’emporter », affirme-t-il.
Il présente la primaire comme un moyen d’éviter deux risques : la division électorale et un accord programmatique trop flou. Pour lui, le candidat choisi devrait disposer d’une autorité suffisante pour rassembler les différents courants.
Que disent les rapports de force électoraux ?
Les enquêtes d’intentions de vote ne donnent pas encore d’avantage décisif à un candidat issu de la droite ou du centre. Elles mesurent cependant un paysage très concurrentiel.
Dans un sondage Toluna Harris Interactive réalisé pour RTL et M6, Jean-Luc Mélenchon atteint 17 % dans plusieurs hypothèses. Édouard Philippe se situe au même niveau lorsqu’il est le seul candidat du centre, après avoir perdu trois points en un mois dans cette configuration.
Gabriel Attal est mesuré entre 14 % et 15 % lorsqu’il représente seul le centre. Bruno Retailleau reste sous la barre des 10 % dans les différents scénarios testés.
Ces chiffres ne constituent pas un résultat électoral. Ils dépendent des candidatures retenues, de la notoriété des personnalités et du moment où l’enquête est réalisée. Ils montrent toutefois une difficulté concrète : plusieurs candidatures proches peuvent se neutraliser.
À l’inverse, le candidat qui parviendrait à réunir ces électorats pourrait mécaniquement élargir son socle de départ. C’est l’argument arithmétique avancé par les partisans d’une candidature unique.
Un précédent sondage réalisé par Odoxa indiquait par ailleurs qu’une majorité de Français se déclarait favorable, en principe, à une primaire de la droite et du centre. Cette adhésion ne garantit pas la participation. Elle ne règle pas non plus la question du périmètre politique de la consultation.
Les résultats des enquêtes doivent donc être lus avec prudence. Ils éclairent les rapports de force, mais ils ne remplacent ni un programme, ni une organisation, ni une campagne de terrain.
Une primaire, comment cela fonctionnerait-il ?
Une primaire est une élection organisée pour choisir le candidat d’un camp avant le scrutin officiel. Elle peut être réservée aux adhérents ou ouverte à un public plus large.
David Lisnard plaide pour une consultation ouverte. Il cite le précédent de 2016, lorsque plus de quatre millions de personnes avaient participé à la primaire de la droite et du centre.
Le vainqueur avait alors bénéficié d’une forte visibilité et d’une légitimité populaire. Cependant, cette expérience a aussi laissé des traces. La campagne avait accentué les divisions internes et rendu les rivalités personnelles très visibles.
Une nouvelle primaire devrait donc régler plusieurs problèmes avant même le vote. Qui pourrait être candidat ? Faudrait-il soutenir une plateforme commune ? Comment financer la consultation ? Quelle autorité indépendante contrôlerait les opérations ?
Le périmètre serait également décisif. Une primaire allant du centre jusqu’à la droite conservatrice ne produirait pas le même résultat qu’une consultation limitée au bloc central et aux Républicains.
Les électeurs de chaque courant ne recherchent pas toujours la même chose. Les centristes privilégient souvent la capacité à gouverner et l’ouverture européenne. Une partie de la droite insiste davantage sur l’autorité de l’État, l’immigration et la sécurité.
Le candidat retenu devrait donc réunir des sensibilités parfois éloignées. Cette contrainte peut favoriser un compromis rassembleur. Elle peut aussi conduire à un programme peu lisible.
Les bénéficiaires et les perdants potentiels
David Lisnard aurait intérêt à une primaire large. Il pourrait y obtenir une exposition nationale qu’une candidature autonome rend plus difficile. Le maire de Cannes pourrait aussi transformer son positionnement libéral en offre de rassemblement.
Édouard Philippe pourrait, de son côté, défendre une primaire s’il estime disposer d’une avance suffisante en notoriété. Son implantation au centre et son expérience gouvernementale constituent des atouts.
Gabriel Attal aurait davantage à perdre dans une compétition ouverte. Une primaire pourrait l’obliger à affronter directement Édouard Philippe, tout en l’exposant aux critiques venues de la droite.
Bruno Retailleau peut s’appuyer sur son parti et sur une ligne plus nettement conservatrice. Mais une primaire ouverte élargirait l’électorat au-delà des militants des Républicains. Ce changement de public pourrait modifier fortement le rapport de force.
Les partis disposent aussi d’un intérêt propre. Une primaire commune pourrait éviter une campagne éclatée. Elle réduirait toutefois leur contrôle sur le choix du candidat et sur la rédaction du programme.
Les électeurs, enfin, gagneraient un rôle direct dans la désignation. Mais ils pourraient aussi être appelés à arbitrer un conflit entre appareils politiques sans garantie sur le respect du résultat.
Une idée soutenue, mais encore minoritaire chez les dirigeants
La proposition de David Lisnard n’est pas isolée. Gérard Larcher, président du Sénat, a lui aussi évoqué la possibilité d’une primaire pour départager les prétendants de la droite et du centre.
Son soutien reste toutefois encadré par une condition politique : il ne souhaite pas que cette démarche conduise à un rapprochement avec l’extrême droite. Ce point distingue les projets de primaire selon les responsables qui les défendent.
Les principaux candidats ont jusqu’ici montré peu d’enthousiasme pour une consultation commune. Chacun peut espérer devenir le candidat de référence sans prendre le risque d’une défaite publique.
Les Républicains ont également travaillé sur leurs propres modalités de désignation. Une primaire interne, une consultation plus large ou une désignation directe ne produiraient pas les mêmes effets.
Le débat oppose donc deux logiques. La première privilégie l’unité et le calcul électoral. La seconde défend l’autonomie des partis et la liberté de chaque candidat à porter sa propre ligne.
Les prochaines étapes à surveiller
Le sujet devrait rester au centre des discussions à mesure que les candidatures se précisent. Les prochains mois permettront surtout de savoir si les partis acceptent de partager la décision avec les électeurs.
Il faudra surveiller les prises de position d’Édouard Philippe, de Gabriel Attal et de Bruno Retailleau. Leur refus ou leur accord déterminera la crédibilité d’une primaire commune.
Les prochains sondages seront également importants. Une progression nette d’un candidat peut rendre la primaire moins attractive pour son camp. À l’inverse, une dispersion persistante peut renforcer la pression en faveur d’un scrutin de départage.
La question ne porte donc pas seulement sur l’organisation d’un vote. Elle concerne aussi le rapport de force entre les partis, les candidats et les électeurs. Pour l’instant, l’idée avance dans le débat, mais aucun calendrier commun n’est arrêté.



