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POLITIQUE LOCALE Le pari saoudien sur le Val-d’Oise

Parcs d’attractions Cergy : les emplois annoncés suffiront-ils à transformer le quotidien des habitants du Val-d’Oise ?

Le projet saoudien de trois parcs à Cergy-Pontoise promet six milliards d’euros d’investissement et 22 000 emplois directs. Logement, transports et retombées locales restent à préciser.

Scène de rue à Cergy-Pontoise avec habitants et urbanistes, illustrant les enjeux locaux du projet de parcs d’attractions
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En bref

Un investissement saoudien de six milliards d’euros doit financer trois parcs à thème près de Cergy-Pontoise, dont un projet lié à Dragon Ball. Les annonces évoquent 22 000 emplois directs et des milliers de logements, mais le calendrier, les infrastructures et les retombées pour les habitants restent à définir.

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Que peut changer, pour les habitants du Val-d’Oise, l’arrivée annoncée de trois parcs d’attractions à Cergy-Pontoise ? Derrière les montagnes russes et l’univers de Dragon Ball, le projet pourrait transformer durablement l’emploi, les transports et le logement dans l’ouest francilien.

Un projet saoudien de six milliards d’euros

Le projet a été annoncé lundi 24 août 2026, lors de la visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Emmanuel Macron l’a présenté comme un investissement majeur pour le territoire. Trois parcs à thème doivent voir le jour près de Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise, à environ 30 kilomètres au nord-ouest de Paris.

L’opération représenterait environ six milliards d’euros d’investissements saoudiens. Elle pourrait créer 22 000 emplois directs et plusieurs dizaines de milliers d’emplois indirects. Des milliers de logements seraient également construits pour accueillir les salariés et leurs familles.

Un des parcs devrait être consacré à l’univers de Dragon Ball. Le thème a été évoqué dans le cadre du rapprochement entre Paris et Riyad. Il s’appuie sur la popularité durable du manga japonais en France, notamment auprès des jeunes générations.

Le calendrier reste toutefois à préciser. Aucun début de chantier ni date d’ouverture n’a encore été annoncé. Le protocole signé entre la France et l’Arabie saoudite fixe une orientation politique et financière. Il ne remplace pas les autorisations d’urbanisme, les études techniques et les procédures environnementales.

Pourquoi Cergy-Pontoise intéresse les investisseurs

Le choix du site n’est pas dû au hasard. Cergy-Pontoise compte plus de 220 000 habitants et se trouve à proximité de Paris. L’agglomération dispose aussi d’un réseau routier et ferroviaire qui la relie à la capitale et aux autres pôles économiques franciliens.

Le territoire accueille déjà près de 14 000 entreprises. Ses parcs d’activités réunissent de grands groupes, des entreprises industrielles et de nombreuses PME. Cette base économique peut fournir des compétences dans la construction, l’ingénierie, l’hôtellerie, la restauration et la maintenance.

Le site envisagé se trouve sur les anciens terrains de Mirapolis, un parc à thèmes ouvert à Courdimanche en 1987. L’équipement avait connu un échec commercial avant de fermer quelques années plus tard. Pour Florence Portelli, présidente déléguée Les Républicains de la région Île-de-France chargée de la culture, le nouveau projet fait donc écho à une histoire locale.

« J’y suis allée quand j’étais petite. Je trouvais ça génial, mais ça n’a pas marché », a-t-elle raconté. L’élue, qui se dit native du Val-d’Oise, voit dans la nouvelle implantation une « chance extraordinaire » pour le département.

Des emplois, mais pour quels habitants ?

Le premier bénéfice attendu concerne l’emploi. Un complexe de cette taille aurait besoin de personnels très différents. Les besoins concerneraient le bâtiment pendant le chantier, puis l’accueil, la sécurité, la vente, la restauration, l’entretien, l’animation et la gestion des hôtels.

Pour le Val-d’Oise, l’enjeu est important. Le département reste moins identifié par les visiteurs que Paris ou les Hauts-de-Seine. Florence Portelli estime que le projet peut améliorer son attractivité et renforcer son image auprès des touristes et des entreprises.

Mais le nombre de 22 000 emplois correspond à une estimation. Il faudra vérifier combien de postes seront permanents, combien seront saisonniers et quels niveaux de qualification seront demandés. Il faudra aussi savoir quelle part des recrutements bénéficiera réellement aux habitants du secteur.

Les petites entreprises locales pourraient profiter des marchés de construction, de la sous-traitance et de l’arrivée de nouveaux visiteurs. Cependant, elles devront pouvoir répondre aux exigences d’un investisseur international. Les grands groupes de l’aménagement et du tourisme disposent souvent de moyens plus importants pour remporter ces contrats.

Le logement et les transports au centre des tensions

La création de milliers de logements peut répondre aux besoins des futurs salariés. Elle peut aussi accélérer la transformation des quartiers proches du site. L’agglomération porte déjà plusieurs opérations urbaines, avec des projets de logements, d’équipements et d’espaces publics.

Cette dynamique comporte néanmoins un risque. Si l’offre de logements ne suit pas, l’arrivée de nouveaux travailleurs peut accentuer la pression sur les loyers. Les ménages modestes pourraient alors subir indirectement la hausse de l’attractivité du territoire.

Les transports seront tout aussi décisifs. Un parc capable d’attirer des visiteurs depuis Paris, la France et l’étranger générerait des flux importants. Les routes, les gares, les stationnements et les liaisons douces devront absorber les déplacements quotidiens des salariés et les arrivées concentrées pendant les week-ends ou les vacances.

Le projet devra également s’insérer dans un territoire qui comprend des espaces naturels et agricoles. L’agglomération présente Cergy-Pontoise comme un territoire attaché à la préservation de ses paysages et à la limitation de l’artificialisation. Les études à venir devront donc préciser l’emprise du complexe, ses besoins en eau et en énergie, ainsi que ses effets sur le bruit et la circulation.

Une opportunité économique et un outil d’influence

Pour la France, l’investissement saoudien permet de mettre en avant l’attractivité du pays. Le projet s’inscrit dans une stratégie de diversification de l’Arabie saoudite, qui cherche à développer le tourisme, le divertissement, le sport et la culture au-delà du pétrole.

Le groupe public saoudien Qiddiya développe déjà un parc Dragon Ball en Arabie saoudite. Le site annoncé près de Riyad doit comprendre plusieurs zones thématiques, plus de trente attractions et une montagne russe associée au personnage de Shenron. Cette expérience montre l’importance accordée par Riyad aux industries culturelles et aux loisirs.

Cette stratégie donne aussi au projet une dimension diplomatique. Riyad investit dans des secteurs visibles et populaires. En retour, la France espère attirer des capitaux, soutenir son industrie touristique et renforcer ses relations économiques avec le royaume.

Cette dimension suscite toutefois des interrogations. Un investissement étranger de cette ampleur peut accélérer un projet, mais il donne aussi un poids important à l’investisseur dans les choix d’aménagement et d’exploitation. Les pouvoirs publics devront donc préciser les engagements en matière d’emplois, de fiscalité, de conditions de travail et de retombées locales.

La réussite du projet dépendra enfin de sa capacité à éviter le précédent de Mirapolis. Un parc ne repose pas seulement sur une marque connue. Il doit attirer régulièrement des visiteurs, renouveler ses attractions et maîtriser ses coûts d’exploitation. Le succès commercial ne sera donc pas garanti par le seul financement initial.

Les prochaines étapes à surveiller

La région Île-de-France suit le dossier depuis environ dix-huit mois, selon Florence Portelli. L’élue se montre confiante et estime que le projet pourrait avancer rapidement.

Les prochaines étapes seront pourtant très concrètes : définition du site exact, dépôt des demandes d’autorisation, études environnementales, plan de circulation et programme de logements. Les collectivités devront également organiser la concertation avec les habitants et les acteurs économiques.

Le point essentiel sera de savoir si les 22 000 emplois annoncés se traduiront par des postes durables et accessibles localement. Il faudra aussi vérifier comment seront répartis les investissements entre les parcs, les hôtels, les transports et les équipements publics. C’est à ce moment que la promesse d’une « chance extraordinaire » pourra être comparée à ses effets réels sur le Val-d’Oise.

Les détails annoncés sur les trois parcs d’attractions de Cergy-Pontoise, les informations disponibles sur le parc Dragon Ball et le profil économique et démographique de Cergy-Pontoise permettent de mesurer l’ampleur du projet et les enjeux locaux.

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