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ÉLECTIONS Le choix qui recompose la gauche

Primaire de la gauche : le soutien de Boris Vallaud à Glucksmann peut-il rebattre les cartes de la présidentielle 2027 ?

En renonçant à sa propre candidature, Boris Vallaud soutient Raphaël Glucksmann pour la primaire de la gauche. Ce choix renforce l’alliance entre le PS et Place publique, mais laisse ouvertes les divisions stratégiques.

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En bref

Boris Vallaud renonce à briguer la candidature socialiste et apporte son soutien à Raphaël Glucksmann pour la primaire d’octobre. Ce ralliement consolide le rapprochement entre le Parti socialiste et Place publique, tout en maintenant le débat sur la ligne à suivre face à La France insoumise et sur les futures alliances législatives.

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À gauche, la question dépasse désormais le choix d’un nom. Qui peut éviter une nouvelle dispersion au premier tour de la présidentielle de 2027 ? Boris Vallaud estime que Raphaël Glucksmann est aujourd’hui le mieux placé pour porter cette bataille.

Un soutien annoncé à la veille de la rentrée socialiste

Le chef des députés socialistes à l’Assemblée nationale a annoncé son choix jeudi 27 août. Dans une lettre adressée aux militants du Parti socialiste, Boris Vallaud indique qu’il soutiendra Raphaël Glucksmann dans le cadre de la primaire prévue à l’automne.

« Je fais le choix de soutenir la candidature qui me paraît la plus sérieuse », écrit-il. Il dit s’être posé une seule question : « qui est le mieux placé et le mieux préparé pour mener ce combat présidentiel ? » Sa réponse est claire : Raphaël Glucksmann.

Cette annonce intervient à la veille des journées d’été du PS, organisées à Blois. Elle donne un relief particulier à ce rendez-vous politique. Boris Vallaud est l’un des principaux responsables du parti. Il est aussi un opposant déclaré à Olivier Faure, le premier secrétaire socialiste.

Le député des Landes avait envisagé de se présenter lui-même à la primaire. Il explique avoir réfléchi pendant tout l’été. Mais il renonce finalement à devenir candidat à la désignation militante, c’est-à-dire au vote organisé entre les membres des formations participantes.

« Je le dis sans fard, ce fut difficile », reconnaît-il. Il justifie sa décision par une volonté de responsabilité. Selon lui, sa candidature ne serait pas la mieux placée pour l’emporter. Elle risquerait surtout d’ajouter « de la division à la confusion ».

Une primaire déjà installée dans le calendrier

Le scrutin doit se dérouler les 9 et 10 octobre pour le premier tour. Un second tour est prévu les 16 et 17 octobre si aucun candidat n’obtient la majorité nécessaire.

La primaire est organisée par le Parti socialiste et Place publique. La Gauche républicaine et socialiste doit également y participer. Les modalités ont été validées par les instances du PS et de Place publique le 25 août.

Le vote sera réservé aux adhérents des formations concernées. Une adhésion permettant de participer au scrutin a été fixée à 15 euros. Ce format vise à contrôler le corps électoral. Il doit aussi éviter qu’un vote ouvert à tous ne transforme la primaire en affrontement extérieur entre appareils politiques.

Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature à la présidentielle le 23 août. Il entend passer par cette primaire pour représenter la gauche sociale-démocrate, c’est-à-dire une gauche attachée aux services publics et à la réduction des inégalités, mais aussi à l’économie de marché et à l’intégration européenne.

Sur la ligne de départ figurent déjà les députés socialistes Philippe Brun et Jérôme Guedj, ainsi que Ségolène Royal. Olivier Faure pourrait également se déclarer. La liste définitive des candidats doit encore être arrêtée.

Les règles de la primaire restent un sujet politique en elles-mêmes. Un désaccord porte notamment sur la possibilité d’un accord avec La France insoumise lors des élections législatives. Place publique souhaite exclure cette perspective. La direction du PS ne veut pas inscrire cette interdiction dans la charte commune.

Pourquoi Boris Vallaud choisit Glucksmann

Le soutien de Boris Vallaud renforce la position de Raphaël Glucksmann dans le camp socialiste. Il ne s’agit pas seulement d’un ralliement individuel. Boris Vallaud dirige le groupe des députés PS. Son choix peut influencer une partie des cadres et des militants qui cherchent une candidature capable de dépasser les divisions internes.

Dans sa lettre, il met en avant la « sincérité » de l’engagement de Raphaël Glucksmann, son « intelligence » et sa « détermination ». Il s’inscrit ainsi dans la dynamique lancée en avril avec l’eurodéputé et sénateur écologiste Yannick Jadot.

Les deux responsables avaient alors lancé l’appel « Gagner maintenant ». Leur objectif était de construire un projet jugé crédible et mobilisateur face au Rassemblement national. Le soutien de Yannick Jadot à Raphaël Glucksmann a depuis été officialisé.

Pour ses partisans, Raphaël Glucksmann dispose d’un avantage : il est déjà identifié par une partie de l’électorat de gauche. Son ancrage européen et ses positions sur la défense de l’Ukraine peuvent aussi lui permettre de se distinguer dans une campagne dominée par les questions internationales.

Cette stratégie bénéficie d’abord à Place publique, qui reste une formation récente et moins implantée localement que le PS. Elle permet à son dirigeant de s’appuyer sur l’appareil socialiste, ses élus et ses réseaux militants.

Le Parti socialiste peut, de son côté, espérer conserver une influence nationale autour d’un candidat capable de parler au-delà de ses adhérents. Mais cette alliance crée aussi une dépendance. Le PS risque de devoir soutenir une personnalité qui ne vient pas de ses rangs et dont la ligne pourrait s’imposer dans la campagne.

Une gauche toujours partagée sur sa stratégie

Le choix de Boris Vallaud ne met pas fin aux débats. Il les déplace. Une partie de la gauche défend une ligne sociale-démocrate autonome, sans accord avec La France insoumise. Elle estime qu’une clarification idéologique est nécessaire pour retrouver une crédibilité électorale.

Raphaël Glucksmann porte cette position. Il refuse de faire de la présidentielle le prolongement automatique des alliances conclues lors des législatives de 2024. Place publique redoute notamment qu’un accord avec LFI brouille son discours sur l’Europe, les institutions et la politique internationale.

Ses adversaires répondent que cette stratégie peut réduire les chances de la gauche de se qualifier pour le second tour. Ils considèrent qu’une candidature centriste ou sociale-démocrate risque de diviser un électorat déjà dispersé entre plusieurs sensibilités.

Le débat concerne aussi les électeurs. Une primaire fermée donnera la décision à un nombre limité de militants et d’adhérents. Le candidat choisi devra ensuite convaincre des citoyens qui n’auront pas participé au vote. Il devra également trouver des relais dans les territoires, notamment dans les zones rurales et les villes moyennes où le PS a perdu une partie de son implantation.

La question financière pèsera aussi. Une campagne présidentielle exige des équipes, des déplacements et une capacité de mobilisation importante. Place publique dispose d’une visibilité nationale, mais le PS possède davantage d’élus et de structures locales. Leur coopération sera donc concrète, ou restera limitée à un accord électoral.

Le prochain test : transformer le ralliement en projet

Boris Vallaud annonce déjà vouloir préparer les élections législatives qui devraient suivre la présidentielle. Il appelle à une reconfiguration de « l’espace politique de la gauche démocratique, sociale et écologique ».

Il ne défend pas une alliance conclue au dernier moment. Il souhaite créer un espace durable, ouvert à la société civile, capable de produire des idées, un programme et un accord législatif. Cette ambition devra cependant dépasser les déclarations de principe.

Dans les prochaines semaines, les candidats devront déposer officiellement leur candidature et obtenir les soutiens prévus par le règlement. Les adhésions détermineront aussi la composition du corps électoral. Puis viendra la campagne interne, avec ses débats sur le pouvoir d’achat, les services publics, l’écologie, l’Europe et les institutions.

Le premier enjeu sera donc le vote des 9 et 10 octobre. Le second sera la capacité du vainqueur à rassembler les socialistes, Place publique et les autres forces prêtes à travailler avec lui. Le soutien de Boris Vallaud donne à Raphaël Glucksmann un appui important. Il ne constitue pas encore une garantie de victoire.

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