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ÉLECTIONS La bataille des parrainages

Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin mise sur les maires pour transformer son ambition en candidature

Dominique de Villepin confirme vouloir se présenter en 2027, tout en reconnaissant devoir encore réunir assez de parrainages. Son projet associe justice sociale, réforme fiscale et refus des primaires.

Mains anonymes transmettant un dossier de candidature près d’un micro de commission, dans une institution française
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En bref

Dominique de Villepin confirme son intention de briguer l’Élysée en 2027 avec La France humaniste. Il revendique plusieurs centaines de parrainages, sans avoir atteint le seuil requis de 500 élus. Son projet repose sur la règle républicaine, la justice sociale et une refonte fiscale destinée à réduire le déficit public.

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Peut-on vraiment se présenter à l’élection présidentielle quand on n’a pas encore les signatures nécessaires ? Dominique de Villepin répond oui. Mais, à ce stade, son principal défi reste de transformer une ambition politique en candidature officielle.

Une candidature annoncée, mais pas encore déposée

Invité de BFM Politique dimanche 30 août 2026, Dominique de Villepin a déclaré : « Je veux être candidat. » L’ancien Premier ministre confirme ainsi son intention de participer à l’élection présidentielle de 2027.

Il s’appuie sur un mouvement lancé dans cette perspective, La France humaniste. Ses équipes ont commencé à contacter des élus locaux. Objectif : obtenir les présentations nécessaires pour pouvoir figurer sur la liste officielle des candidats.

Dominique de Villepin affirme avoir recueilli « plusieurs centaines » de parrainages. Il reconnaît toutefois ne pas en disposer d’un nombre suffisant. En France, un candidat doit obtenir au moins 500 présentations d’élus, provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents. Aucun département ne peut fournir plus de 10 % du total.

Ces signatures sont souvent appelées « parrainages ». Elles ne correspondent pas à un soutien électoral direct. Un maire ou un parlementaire ne vote pas pour le candidat concerné : il lui permet seulement d’être présent au premier tour. Le Conseil constitutionnel rappelle les règles applicables aux candidatures présidentielles.

Le souvenir de l’échec de 2012

Pour Dominique de Villepin, la question des signatures n’est pas théorique. En 2012, il avait déjà envisagé une candidature à l’Élysée. Il n’était finalement pas parvenu à franchir cette étape.

Cette expérience explique la prudence de son équipe. Une campagne présidentielle exige un réseau d’élus, une organisation territoriale et des relais financiers. Les grandes formations disposent généralement de ces ressources. Les candidats indépendants doivent, eux, convaincre les maires un par un.

La difficulté est particulièrement forte pour les élus des petites communes. Ils sont nombreux à pouvoir parrainer un candidat, mais ils doivent aussi assumer publiquement leur choix. Depuis la réforme de 2016, les noms des élus ayant présenté un candidat sont rendus publics. Cette transparence facilite le contrôle démocratique, mais elle peut aussi rendre certains maires plus réticents.

La collecte des signatures bénéficie donc davantage aux personnalités déjà implantées. À l’inverse, un candidat sans parti puissant doit consacrer une grande partie de son temps à la recherche de soutiens institutionnels. Le débat sur sa crédibilité électorale passe alors après une contrainte très concrète : être autorisé à concourir.

Une ligne fondée sur la République et la justice sociale

Dominique de Villepin veut présenter une « alternative » aux forces politiques déjà installées. Il place au centre de son discours deux notions : « la règle républicaine » et « la justice sociale ».

Dans son intervention, il dénonce un système qu’il juge bloqué et inégal. « Ce sont toujours les mêmes qui payent. Il y a un deux poids deux mesures en France », affirme-t-il. Il défend également la suppression de l’âge pivot pour le départ à la retraite.

Cette orientation cherche à toucher plusieurs électorats. La référence à la règle républicaine peut parler aux électeurs attachés à l’autorité de l’État et à l’indépendance nationale. La justice sociale vise plutôt les classes populaires et moyennes qui estiment supporter une part trop importante des efforts budgétaires.

Mais cette volonté de rassembler comporte une difficulté. Une ligne politique qui se veut à la fois gaulliste, sociale et humaniste doit encore préciser ses priorités. Les électeurs devront savoir comment ces principes se traduiraient sur les salaires, les retraites, les services publics, l’immigration, l’Europe et la fiscalité.

Le « big bang » fiscal comme première feuille de route

Deux jours avant son passage à la télévision, Dominique de Villepin avait publié un texte intitulé « Big bang : la règle républicaine ». Il y propose une transformation profonde du système fiscal et budgétaire.

Le document fixe un objectif : ramener le déficit public à 3 % du produit intérieur brut en 2032. Pour y parvenir, il avance la suppression de toutes les niches fiscales et sociales, la création de neuf grands impôts et une refonte de la contribution sociale généralisée, la CSG.

Les niches fiscales et sociales désignent des réductions ou des exonérations qui diminuent les prélèvements pour certains contribuables, entreprises ou secteurs. Les supprimer pourrait élargir les recettes publiques. En revanche, l’effet dépendrait du détail des mesures. Certaines niches profitent aux ménages, d’autres aux entreprises ou à des politiques publiques précises.

Une suppression générale pourrait donc avantager les finances de l’État, tout en pénalisant différemment les contribuables. Les ménages qui utilisent des crédits d’impôt pour la garde d’enfants, les travaux ou l’emploi à domicile ne seraient pas exposés de la même manière que les grandes entreprises bénéficiant de dispositifs sectoriels.

Le projet assume une rupture. Dominique de Villepin écrit que la France serait comparable à une société riche, puissante et pourtant paralysée, proche de la situation précédant la Révolution française. Cette référence historique donne à son texte une tonalité d’alerte. Elle ne constitue pas encore un programme détaillé soumis au vote.

Pourquoi il refuse les primaires

Dominique de Villepin exclut par ailleurs de participer à une primaire. Il qualifie ce mécanisme de « dernier gadget des désespérés » et critique les différentes primaires organisées ou envisagées dans le paysage politique.

Une primaire permet à plusieurs candidats d’un même camp de se départager avant l’élection. Elle peut donner une légitimité au vainqueur et mobiliser des électeurs. Mais elle peut aussi provoquer des divisions durables, comme l’ont montré plusieurs expériences récentes.

Le choix de Dominique de Villepin répond donc à une logique de liberté. Il veut s’adresser directement aux Français, sans se soumettre à un appareil partisan. En contrepartie, il renonce à une procédure qui pourrait lui apporter une base militante et une investiture reconnue.

Son positionnement reste également difficile à situer. Des observateurs le rattachent à une tradition gaulliste et républicaine, située entre la droite classique et le centre. D’autres soulignent l’absence, pour l’instant, d’un espace électoral clairement identifié. Cette réserve est importante : une image nationale ne suffit pas toujours à construire une force politique durable.

Les prochaines étapes seront décisives

Dominique de Villepin dit qu’il officialisera sa candidature lorsque la campagne aura commencé « au-delà des jeux d’estrades ». Il veut attendre que les Français se demandent qui serait le mieux placé pour « redresser » le pays.

Dans les faits, la campagne est déjà engagée sur un terrain essentiel : celui des élus. Le calendrier officiel de la présidentielle de 2027 prévoit un premier tour le 18 avril 2027 et un second tour le 2 mai 2027, d’après les informations publiées par Vie publique sur le calendrier électoral de 2027.

Les prochaines semaines permettront donc de mesurer la solidité de son réseau territorial. Il faudra aussi observer la précision de ses propositions économiques et la capacité de La France humaniste à attirer des soutiens au-delà de son fondateur.

Pour l’instant, Dominique de Villepin est un candidat en construction. Il a affiché son intention. Il lui reste à réunir les signatures, structurer son mouvement et convaincre que son projet peut dépasser le registre du discours.

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