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ÉLECTIONS Le compte à rebours de l’union

Primaire droite-centre pour 2027 : les ambitions rivales menacent-elles l’union avant le premier tour ?

Hervé Morin veut une primaire ouverte de la droite et du centre avant Noël 2026. Face aux réticences d’Édouard Philippe et aux divergences de ligne, l’union reste incertaine pour 2027.

Salle municipale française avant une réunion politique, avec micros, dossiers flous et une chaise vide autour d’une table
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En bref

Hervé Morin défend une primaire ouverte pour désigner avant Noël 2026 un candidat commun de la droite et du centre à la présidentielle de 2027. Plusieurs prétendants, dont Bruno Retailleau, David Lisnard et Gabriel Attal, y sont favorables, tandis qu’Édouard Philippe reste opposé au dispositif. L’enjeu est d’éviter une dispersion des voix au premier tour.

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La droite et le centre peuvent-ils éviter de partir dispersés à l’élection présidentielle de 2027 ? Pour Hervé Morin, la réponse passe par une primaire ouverte. Et le calendrier est serré : il veut qu’un candidat commun soit désigné « avant Noël ».

Une primaire pour sortir de la guerre des candidatures

Depuis plusieurs mois, les prétendants se multiplient dans le centre et la droite. Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard ont déjà annoncé leur candidature. Xavier Bertrand fait également partie des personnalités qui se préparent pour 2027.

Cette concurrence pose un problème simple : plusieurs candidats issus d’un même espace politique risquent de se neutraliser au premier tour. Dans un scrutin à deux tours, la dispersion peut empêcher un candidat pourtant bien placé d’accéder au second.

Hervé Morin, président de la région Normandie et ancien ministre centriste de la Défense, défend donc l’organisation d’une « primaire ouverte » de la droite et du centre. Le principe est connu : les électeurs choisissent eux-mêmes le candidat commun, au lieu de laisser les partis ou les sondages trancher.

« L’essentiel, c’est d’avoir un candidat qui soit fixé pour avant Noël, trois mois pour faire une primaire, c’est largement suffisant », a-t-il déclaré samedi 29 août 2026 sur franceinfo.

Son appel, lancé le mercredi 26 août, aurait été signé par environ 300 maires, selon lui. Une pétition nationale a aussi été mise en ligne le mardi 25 août. Elle comptait un peu moins de 1 500 signatures au matin du samedi 29 août.

Pourquoi le calendrier devient un enjeu politique

Fixer rapidement le nom du candidat permettrait d’organiser une campagne longue. Un vainqueur désigné avant la fin de l’année pourrait ensuite construire une équipe, clarifier son programme et négocier le soutien des partis.

Le calendrier concerne aussi les élus locaux. Les candidats à la présidentielle doivent obtenir 500 parrainages d’élus habilités, principalement des maires et des parlementaires. Une candidature unique réduirait donc la concurrence pour ces signatures.

La question ne se limite toutefois pas à la logistique. Une primaire oblige les candidats à accepter une règle commune. Celui qui arrive en tête doit ensuite être soutenu par les autres. C’est précisément ce point qui rend l’opération difficile.

Une primaire peut également donner une visibilité nationale à un candidat encore peu connu. Elle lui offre une scène, des débats et un accès direct aux électeurs. À l’inverse, elle peut fragiliser une personnalité déjà installée si elle perd la compétition.

Dans ce rapport de forces, les grands partis disposent d’équipes, de relais locaux et de moyens financiers plus importants. Les candidats issus de formations plus petites peuvent bénéficier de la dynamique de la primaire, mais ils risquent aussi d’être marginalisés par les appareils les mieux organisés.

Des candidats favorables, d’autres beaucoup plus prudents

Hervé Morin veut convaincre les différentes familles de se ranger derrière le même processus. Il estime que les électeurs doivent pouvoir comparer les projets, mais aussi les personnalités appelées à les porter.

« Ce sera un moment pour les Français d’appréhender réellement à la fois les projets, mais aussi les hommes et les femmes qui sont candidats », défend-il.

Bruno Retailleau, David Lisnard et Gabriel Attal se sont dits prêts à participer à une primaire si elle était organisée. Cette position leur permet de ne pas fermer la porte au rassemblement tout en conservant leur candidature.

La situation est différente pour Édouard Philippe. L’ancien Premier ministre et fondateur d’Horizons est présenté comme l’un des favoris du centre droit. Son entourage s’est montré hostile à l’idée d’une primaire, notamment parce qu’elle pourrait remettre en jeu une candidature déjà installée.

Gabriel Attal, de son côté, n’a pas adopté une position aussi catégorique. Mais les lignes politiques restent éloignées. Édouard Philippe défend une offre de centre droit. Gabriel Attal cherche à prolonger son implantation au sein du camp présidentiel, tout en prenant ses distances avec le bilan d’Emmanuel Macron.

Bruno Retailleau se situe sur une ligne plus conservatrice. Il insiste davantage sur l’autorité, l’immigration et le rétablissement de la distinction entre la droite et la gauche. Ces différences rendent l’union électorale possible, mais elles compliquent la rédaction d’un projet commun.

Une opposition sur le fond, pas seulement sur la méthode

Les partisans de la primaire y voient un moyen démocratique de départager les ambitions. Ils considèrent que les sondages ne peuvent pas décider seuls du candidat. Ils espèrent aussi mobiliser des électeurs qui ne se reconnaissent pas complètement dans un parti, mais qui souhaitent une alternance au pouvoir.

Les opposants redoutent, eux, une compétition incontrôlable. Une primaire ouverte peut attirer des électeurs extérieurs au camp concerné. Elle peut aussi produire des attaques personnelles, comme lors de précédentes compétitions internes.

Le souvenir de la primaire de la droite de 2016 reste présent. François Fillon l’avait remportée avec une large avance, avant que sa campagne ne soit profondément déstabilisée quelques semaines plus tard. En 2021, la compétition organisée par Les Républicains avait également laissé des traces dans le parti.

Ces précédents nourrissent une méfiance. Pour certains responsables, une primaire peut clarifier le choix. Pour d’autres, elle transforme une rivalité interne en conflit public et rend plus difficile le rassemblement après le vote.

La question bénéficie donc à des intérêts différents. Les candidats moins hauts dans les sondages peuvent espérer créer la surprise. Les partis veulent préserver leur influence. Les électeurs, eux, cherchent surtout à connaître les propositions et à éviter un vote tactique dès le premier tour.

Le risque d’une candidature unique impossible

Une primaire ne règlerait pas automatiquement les divergences entre la droite et le centre. Le désaccord porte aussi sur le périmètre du rassemblement. Faut-il réunir uniquement Les Républicains et les formations centristes ? Inclure les anciens responsables du macronisme ? Ou construire une coalition plus large autour d’un programme minimal ?

Cette question est décisive pour Xavier Bertrand. Elle l’est aussi pour David Lisnard, qui défend une primaire ouverte et cherche à occuper un espace entre la droite des partis et le centre gouvernemental.

À l’inverse, une candidature séparée peut permettre à chaque courant de défendre sa propre ligne. Mais elle augmente le risque d’un premier tour fragmenté. Le choix oppose donc la cohérence idéologique à la recherche d’un poids électoral maximal.

Les prochaines semaines seront décisives

Hervé Morin met désormais la pression sur les candidats qui refusent la primaire. « Ceux qui refusent la primaire porteront une immense responsabilité », prévient-il.

La prochaine étape sera politique avant d’être juridique. Les partis devront dire s’ils acceptent le principe, fixer les règles du vote et déterminer qui pourrait y participer. Il faudra aussi trancher le financement, le calendrier des débats et la valeur de l’engagement pris par les perdants.

Le cap proposé est clair : organiser la compétition en trois mois et désigner le candidat avant Noël 2026. Reste à savoir si les ambitions individuelles accepteront de se soumettre à une règle commune. Sans accord rapide, chacun pourrait poursuivre sa route jusqu’au premier tour de 2027.

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