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ÉLECTIONS Gauche, l’heure des retrouvailles ?

Présidentielle 2027 : Marine Tondelier veut imposer une primaire de la gauche pour éviter l’éparpillement des voix

Marine Tondelier relance son appel à une primaire élargie pour la présidentielle de 2027. La dirigeante écologiste redoute qu’une nouvelle dispersion des candidatures prive la gauche de second tour.

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En bref

Marine Tondelier veut réunir les principales forces de gauche autour d’une primaire élargie avant la présidentielle de 2027. Elle estime que la multiplication des candidatures affaiblirait les chances du camp progressiste d’atteindre le second tour, alors que les partis restent divisés sur le périmètre et la stratégie d’union.

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À gauche, les électeurs devront-ils encore choisir entre plusieurs candidatures au premier tour de la présidentielle de 2027 ? Pour Marine Tondelier, le risque est clair : sans accord, son camp pourrait se retrouver une nouvelle fois éliminé avant le second tour.

Une gauche toujours divisée à dix-huit mois du scrutin

La présidentielle de 2027 se prépare déjà sur fond de rivalités à gauche. Plusieurs responsables envisagent une candidature. Mais aucun mécanisme commun ne permet encore de les départager.

Marine Tondelier défend une solution : une primaire élargie. Ce vote permettrait aux électeurs de gauche de choisir un candidat commun avant l’élection. Le principe est soutenu par plusieurs formations, mais il reste contesté par d’autres acteurs importants du camp progressiste.

Cette question prolonge les débats nés après les élections européennes de juin 2024 et les législatives anticipées de juillet 2024. À chaque fois, les partis de gauche ont oscillé entre rassemblement électoral et désaccords stratégiques.

Les discussions actuelles s’inscrivent notamment dans le prolongement du projet d’union de la gauche pour 2027. Celui-ci réunit des formations qui ne partagent ni la même ligne politique ni la même stratégie électorale.

Marine Tondelier veut revoir « tout le monde »

Le 2 septembre, la secrétaire nationale des Écologistes a annoncé qu’elle comptait rencontrer l’ensemble des partenaires de gauche dans les semaines suivantes. Elle affirme avoir relancé cet été les seize formations concernées par son appel.

Dans une lettre adressée à ces partenaires, elle les aurait prévenus d’un risque de nouvel échec. Selon elle, la gauche « va dans le mur pour la troisième fois en trois élections présidentielles » si elle maintient plusieurs candidatures concurrentes.

Marine Tondelier refuse toutefois de présenter sa propre candidature comme une solution automatique. Elle reconnaît que certains de ses concurrents disposent d’une plus grande notoriété et d’une expérience nationale plus importante.

Elle vise notamment les responsables qui ont déjà été candidats ou qui ont exercé des fonctions de premier plan. Son reproche est politique : ces personnalités auraient, selon elle, trop confiance dans leur capacité individuelle à s’imposer.

« Personne ne gagnera seul, moi je le sais », a-t-elle déclaré. Elle estime que d’autres responsables en sont également conscients, même s’ils ne le reconnaissent pas publiquement.

La primaire social-démocrate ne suffit pas à ses yeux

Les Écologistes regardent avec méfiance la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique. Ce scrutin doit désigner un candidat représentant l’aile sociale-démocrate de la gauche.

Le processus prévu à l’automne 2026 repose sur un périmètre limité. Il concerne principalement les formations socialistes et leurs partenaires proches. Il n’inclut donc pas automatiquement l’ensemble des forces de gauche.

Les modalités de cette primaire ont été précisées au fil de l’été. Le vote doit se dérouler en deux tours, les 9 et 10 octobre, puis les 16 et 17 octobre 2026. Plusieurs personnalités sont déjà engagées dans cette compétition, dont Raphaël Glucksmann et Olivier Faure.

Marine Tondelier considère qu’un tel cadre risque de reproduire les divisions actuelles. Elle plaide plutôt pour une consultation plus large, qui pourrait réunir des sensibilités allant des écologistes aux socialistes, et au-delà.

Cette proposition bénéficie aux formations qui ne disposent pas aujourd’hui du même poids médiatique que les partis les plus installés. Une primaire ouverte pourrait leur permettre de défendre un programme et de mesurer leur influence auprès des électeurs.

À l’inverse, les grandes formations peuvent craindre de perdre le contrôle du processus. Elles redoutent aussi qu’un vote élargi favorise une personnalité extérieure à leur organisation, sans garantir ensuite la discipline de ses soutiens.

« Je ne veux pas que la gauche soit un cimetière »

Pour défendre son idée, Marine Tondelier met en garde contre une campagne dominée par les querelles internes. Elle refuse que chaque parti cherche seulement à affaiblir ses voisins avant de négocier une éventuelle alliance.

« Je ne veux pas que la gauche soit un cimetière », a-t-elle affirmé. Par cette formule, elle critique une compétition dans laquelle l’objectif serait de désigner le candidat le moins contesté, plutôt que celui capable de rassembler largement.

Son calcul est également électoral. Au premier tour, les candidatures multiples peuvent fragmenter les voix. Elles rendent plus difficile l’accès au second tour, qui ne retient que les deux candidats arrivés en tête.

Cette mécanique favorise les formations capables de mobiliser un électorat large et stable. Elle pénalise davantage les partis dont les électeurs sont dispersés entre plusieurs candidatures proches.

Le problème ne se résume pourtant pas au nombre de candidats. Les désaccords portent aussi sur le programme, le rapport à la France insoumise, la politique économique, l’Europe, la sécurité et la stratégie face au Rassemblement national.

Des partenaires qui ne partagent pas la même stratégie

La position de Marine Tondelier rencontre une difficulté centrale : les partis de gauche ne définissent pas tous l’union de la même manière.

Les socialistes et Place publique cherchent à construire un pôle social-démocrate. Leur primaire doit clarifier cette ligne et désigner une personnalité capable de la porter. Les Écologistes souhaitent, eux, un périmètre plus large, intégrant davantage de sensibilités.

La France insoumise reste de son côté attachée à sa propre stratégie et à la centralité de Jean-Luc Mélenchon. Le mouvement ne s’est pas engagé dans le processus unitaire défendu par les formations réunies autour de Lucie Castets.

Cette absence limite la portée d’une primaire commune. Une consultation sans la principale force organisée de la gauche radicale pourrait rassembler une partie importante de l’électorat, mais pas l’ensemble du camp.

À l’inverse, intégrer toutes les forces ferait entrer dans la même compétition des responsables dont les désaccords sont profonds. Le vote pourrait alors produire un candidat commun sans résoudre les conflits de fond.

L’écologie au cœur de la bataille

Marine Tondelier rappelle que sa démarche repose sur deux mots d’ordre : l’écologie et l’union. Elle estime que la victoire de la gauche est indispensable pour éviter une politique contraire aux priorités environnementales.

Elle critique aussi les candidats qui, selon elle, ne se mobilisent sur l’écologie que lorsque le sujet devient électoralement rentable. Les incendies et les épisodes climatiques extrêmes de l’été ont renforcé la visibilité de ces enjeux.

Cette critique vise les responsables qui reprennent certaines propositions écologistes sans accepter les transformations économiques qu’elles impliquent. Elle s’adresse aussi aux électeurs, confrontés à des conséquences concrètes : logement plus difficile à assurer, hausse des coûts, restrictions d’eau ou risques pour la santé.

Les Écologistes espèrent ainsi préserver leur identité dans une alliance. Mais ils doivent aussi démontrer qu’ils peuvent élargir leur audience au-delà de leur électorat traditionnel.

Les prochaines semaines seront décisives

La suite dépendra d’abord des rencontres annoncées par Marine Tondelier. Elle devra vérifier si ses partenaires acceptent de rouvrir le débat sur le périmètre d’une primaire.

Le calendrier de la primaire social-démocrate constituera ensuite un test important. Les candidatures et les parrainages doivent être clarifiés avant le vote d’octobre 2026.

Il faudra également surveiller l’attitude de la France insoumise, des communistes et des formations issues des recompositions récentes de la gauche. Sans accord entre ces familles politiques, l’objectif d’une candidature unique restera difficile à atteindre.

Pour Marine Tondelier, le compte à rebours est déjà lancé. Elle veut empêcher que la présidentielle de 2027 soit préparée comme les précédentes : avec plusieurs candidats, plusieurs récits et, au bout du compte, une gauche absente du second tour.

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