À Hayange, la fin des navettes scolaires reporte sur les familles le coût et la sécurité des trajets vers l’école
La mairie d’Hayange a supprimé ses navettes scolaires pour 85 enfants. Un policier retraité doit accompagner les élèves dans les bus de TeMo, tandis que l’Ufal saisit le préfet pour contester la décision.

À Hayange, la suppression des navettes municipales concerne 85 élèves de 6 à 11 ans. La mairie prévoit un accompagnement dans les bus de TeMo par un policier retraité, tandis que l’Union des familles laïques demande au préfet de vérifier la légalité et l’organisation de la décision.
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Comment un enfant de 6 ans peut-il rejoindre son école quand le service qui l’y conduisait disparaît quelques semaines avant la rentrée ? À Hayange, en Moselle, cette question concerne 85 élèves âgés de 6 à 11 ans et leurs familles.
Une suppression annoncée au cœur de l’été
Le 6 août, la municipalité d’Hayange a annoncé la suppression de ses navettes scolaires destinées aux élèves de primaire. Ces véhicules assuraient les trajets entre plusieurs quartiers et trois écoles de la commune.
La mairie invoque deux raisons. D’abord, un chevauchement des compétences avec l’intercommunalité. Ensuite, l’augmentation du coût du service ces dernières années. Pour l’équipe du maire RN Fabien Engelmann, le transport scolaire doit désormais être organisé avec le réseau intercommunal TeMo, pour « Transports et Mobilités en Moselle Nord ».
Cette décision intervient pourtant à quelques jours de la rentrée. Les familles ont donc dû réorganiser rapidement les trajets quotidiens de leurs enfants. Pour certains parents, cela signifie modifier leurs horaires de travail. Pour d’autres, il faut compter sur un proche, utiliser les transports en commun ou accompagner les enfants à pied.
TeMo peut adapter ses bus, mais pas assurer l’accompagnement
Le syndicat TeMo affirme pouvoir adapter son offre sur la commune. Le réseau doit notamment desservir les trois arrêts concernés par la nouvelle organisation.
Mais cette adaptation ne règle pas toute la question. Les enfants concernés sont en école primaire. Ils ne doivent pas seulement disposer d’un véhicule : ils doivent aussi être pris en charge aux arrêts et accompagnés jusqu’à leur établissement.
Rémy Dick, président de TeMo et maire de Florange, résume la répartition proposée : « C’est à la Ville d’Hayange d’organiser un service dans les bus pour à la fois récupérer les enfants et les accompagner à bon port. »
Autrement dit, TeMo fournit la solution de transport. La municipalité doit assurer la présence d’un adulte. Cette distinction explique une partie des tensions actuelles. Le réseau de bus peut fonctionner, mais il ne remplace pas automatiquement le service humain qui existait auparavant.
Un policier retraité pour une solution d’urgence
Mercredi 2 septembre, Fabien Engelmann a confirmé le recrutement d’un « policier retraité ». Selon le maire, cette personne accompagnera les élèves « à partir de lundi » sur les trois arrêts desservis par TeMo.
Une convention entre la Ville et le syndicat de transport doit être signée dans la semaine. Elle doit préciser les modalités de l’accompagnement et la coordination entre les agents municipaux et le réseau de bus.
Cette annonce apporte une première réponse aux familles. Elle ne constitue toutefois pas encore un retour aux anciennes navettes. Le service municipal supprimé transportait directement les enfants dans un cadre identifié. Le nouveau dispositif repose sur des lignes intercommunales, des arrêts existants et un accompagnement organisé séparément.
La différence est importante pour les plus jeunes élèves. Un enfant de 6 ans ne possède pas la même autonomie qu’un collégien. Il faut aussi tenir compte des horaires, des correspondances éventuelles, de la circulation et de la distance entre l’arrêt et l’école.
Des effets très différents selon les familles
La suppression du service ne pèse pas de la même manière sur tous les foyers. Les parents qui disposent d’une voiture peuvent plus facilement assurer les trajets. Ceux qui travaillent tôt, qui n’ont pas de véhicule ou qui élèvent seuls leurs enfants disposent de moins de marges.
Les contraintes sont également plus fortes pour les familles vivant dans les quartiers éloignés des écoles. Un trajet de quelques minutes en navette peut devenir un parcours plus long en bus ou à pied. La sécurité du chemin compte alors autant que la durée du transport.
La question concerne aussi les employeurs. Lorsque les horaires des bus changent, les parents peuvent devoir arriver plus tard au travail ou quitter leur poste plus tôt. Le coût du service pour la commune peut donc se traduire par une charge supplémentaire pour les ménages.
À l’inverse, la municipalité peut espérer réduire ses dépenses directes en s’appuyant sur un réseau déjà existant. TeMo, de son côté, conserve son rôle d’opérateur intercommunal et peut ajuster son offre sans reprendre l’intégralité de l’ancien dispositif municipal.
Le préfet saisi pour clarifier les responsabilités
L’Union des familles laïques de Moselle a saisi le préfet. Dans un communiqué, l’association dénonce « une décision précipitée, des responsabilités insuffisamment clarifiées et des familles laissées sans solution ».
La démarche vise notamment à examiner la répartition des compétences et les conditions dans lesquelles la suppression a été décidée. Le préfet peut contrôler la légalité des actes locaux. Il peut aussi demander des explications aux collectivités concernées.
Cette contestation introduit une voix critique face à l’argument budgétaire de la mairie. La municipalité met en avant la compétence intercommunale et le coût du service. L’Ufal insiste, elle, sur la continuité du service et la sécurité des enfants.
Le désaccord ne porte donc pas seulement sur le prix d’une navette. Il concerne le niveau de service attendu pour des élèves du primaire et la collectivité qui doit en garantir l’organisation.
Les prochaines étapes seront décisives
Le premier rendez-vous est fixé à lundi, date annoncée pour le début de l’accompagnement par le policier retraité. Il faudra vérifier si le dispositif couvre bien les trois arrêts et les horaires de l’ensemble des enfants concernés.
La signature de la convention entre Hayange et TeMo doit également préciser les responsabilités de chacun. Elle permettra de savoir qui encadre les élèves, qui intervient en cas d’absence et comment les familles sont informées.
Enfin, la saisine du préfet pourrait contribuer à clarifier le cadre juridique. À court terme, l’enjeu reste très concret : permettre aux 85 enfants concernés de rejoindre leur école dans des conditions sûres et prévisibles.



