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ÉLECTIONS La droite en ordre dispersé

Présidentielle 2027 : ce que la candidature de Zemmour pourrait changer pour les électeurs de la droite nationale

Éric Zemmour prévoit d’annoncer avant décembre s’il sera candidat en 2027. Entre la concurrence du RN, l’hypothèse Sarah Knafo et les débats sur l’union des droites, Reconquête cherche encore sa stratégie.

Journaliste préparant un sujet sur la présidentielle 2027 dans une rédaction locale française, avec carnet et carte floue
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En bref

Éric Zemmour a annoncé qu’il préciserait avant décembre 2026 s’il briguerait l’Élysée. Reconquête doit composer avec la domination du Rassemblement national, la progression de Sarah Knafo et l’absence de consensus sur une union des droites. Cette décision pèsera sur la dispersion des voix au premier tour.

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Pour les électeurs qui suivent déjà la présidentielle de 2027, une question reste ouverte : Éric Zemmour sera-t-il encore dans la course, ou laissera-t-il la place à une autre figure de Reconquête ?

Le président du parti a donné un calendrier. Il promet d’annoncer sa décision avant décembre 2026. Une échéance qui entretient le suspense, mais qui semble aussi renforcer son statut de candidat naturel de Reconquête.

Une annonce attendue avant décembre

Éric Zemmour a livré cette précision jeudi 3 septembre 2026, lors d’un déplacement à la foire de Châlons-en-Champagne, dans la Marne. Interrogé sur son avenir présidentiel, il a déclaré : « Quand je devrai annoncer ma candidature, je l’annoncerai », avant d’ajouter que cette annonce interviendrait « avant décembre ».

La formule laisse officiellement subsister un doute. Toutefois, elle écarte pour l’instant l’idée d’un remplacement par Sarah Knafo. La vice-présidente de Reconquête, très présente dans les médias et au Parlement européen, répète qu’Éric Zemmour doit porter les couleurs du parti.

« Sarah Knafo passe son temps à dire qu’elle souhaite que je sois candidat et que je suis le candidat naturel de Reconquête », a déclaré Éric Zemmour. Le ton employé traduisait une certaine irritation face aux questions répétées sur cette éventuelle succession.

À la foire, le responsable politique a également rencontré des représentants de syndicats agricoles. Il a échangé avec des visiteurs et s’est prêté à plusieurs séances de selfies. Ce type de déplacement permet aux candidats de tester leur popularité au contact du public, tout en abordant des thèmes concrets comme les revenus agricoles, les normes et le pouvoir d’achat.

Reconquête cherche encore sa place à droite

Cette déclaration intervient dans un contexte difficile pour Reconquête. Le parti tente de conserver un espace politique entre le Rassemblement national et la droite classique. Or, le RN dispose d’une base électorale beaucoup plus large et domine les intentions de vote mesurées pour le premier tour.

Les sondages restent des photographies du rapport de forces à un instant donné. Ils ne constituent pas une prédiction. Les agrégateurs disponibles début septembre 2026 placent toutefois Marine Le Pen très loin devant Éric Zemmour, crédité de quelques pourcents selon les hypothèses testées. Les chiffres varient selon les candidats présents et la formulation des enquêtes.

Éric Zemmour refuse de considérer ces résultats comme un verdict. « La situation est beaucoup plus mouvante qu’on ne le croit et qu’on ne le dit », a-t-il affirmé. Il s’appuie sur son propre parcours pour défendre cette lecture.

À l’automne 2021, il avait progressé très rapidement dans les sondages. Sa dynamique s’était ensuite essoufflée. Dans les dernières semaines de la campagne présidentielle de 2022, ses intentions de vote avaient reculé. Il avait finalement obtenu 7,07 % des suffrages au premier tour, terminant à la quatrième place.

Ce résultat lui avait permis d’imposer certains thèmes dans le débat public. Il n’avait cependant pas créé le choc électoral annoncé quelques mois plus tôt. En 2027, Reconquête devra donc transformer une visibilité médiatique en implantation locale, en élus et en réseau militant durable.

Le scénario Sarah Knafo reste un enjeu interne

Sarah Knafo ne se présente pas comme une rivale d’Éric Zemmour. Elle défend au contraire sa candidature. Cette position peut s’expliquer par la volonté de préserver l’unité du parti et de maintenir son fondateur au centre du dispositif présidentiel.

Pourtant, son propre profil progresse dans les discussions à droite. Une enquête Odoxa publiée en mars 2026 indiquait que les Français interrogés, comme les sympathisants de Reconquête, la jugeaient plus souvent capable que son compagnon de représenter le parti en 2027. Ce type de résultat nourrit mécaniquement les spéculations, même lorsqu’aucune candidature n’est annoncée.

Les intérêts ne sont pas les mêmes pour les deux responsables. Éric Zemmour cherche à préserver son leadership et à obtenir une nouvelle chance nationale. Sarah Knafo peut, de son côté, construire une image plus autonome et apparaître comme une relève possible. Le parti, lui, doit éviter une compétition interne qui affaiblirait encore sa présence électorale.

Le choix du candidat aura aussi des conséquences concrètes pour les militants et les élus locaux. Une campagne menée par Éric Zemmour s’appuierait sur sa notoriété et sur ses thèmes historiques. Une candidature de Sarah Knafo pourrait chercher à élargir le public, notamment auprès d’électeurs plus jeunes et de cadres de droite sensibles aux questions européennes et institutionnelles.

Primaire et « union des droites » : deux options fragiles

Éric Zemmour s’était montré favorable à une primaire de la droite. Une primaire permet à plusieurs candidats d’être départagés par un vote commun avant l’élection. Il affirme désormais ne « plus trop » y croire.

Le problème est d’abord politique. Les forces de droite ne partagent ni la même stratégie ni le même rapport au Rassemblement national. Certaines veulent construire une candidature capable de lui résister. D’autres envisagent des accords, voire des rapprochements, pour peser davantage dans le scrutin.

Éric Zemmour estime qu’une « union des droites » restera impossible tant que le RN sera aussi haut dans les sondages. Il ajoute que Marine Le Pen n’en veut pas. Cette analyse décrit un rapport de force favorable au RN : lorsqu’un parti domine son camp, il a peu intérêt à partager l’étiquette, les investitures ou la direction de la campagne.

Pour Reconquête, le risque est double. Une candidature autonome peut maintenir l’existence du parti, mais elle peut aussi disperser les voix situées à droite du RN. À l’inverse, un rapprochement avec le RN offrirait potentiellement davantage de poids électoral, mais réduirait l’autonomie politique de la formation.

Ce qu’il faudra surveiller cet automne

Éric Zemmour dit vouloir créer une « dynamique ». Les prochaines semaines permettront de mesurer sa capacité à y parvenir. Il faudra observer ses déplacements, la mobilisation de ses soutiens et la place accordée à Sarah Knafo dans la préparation de la campagne.

L’échéance la plus claire est désormais fixée : l’annonce de sa décision doit intervenir avant décembre 2026. D’ici là, les sondages pourront évoluer, les autres candidatures se préciser et les discussions sur une éventuelle union de la droite se poursuivre.

Une chose est déjà établie. La présidentielle de 2027 ne se jouera pas seulement sur le choix des candidats. Elle dépendra aussi de leur capacité à financer une campagne, à obtenir les 500 parrainages nécessaires et à transformer une présence médiatique en votes dans les territoires.

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