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MUNICIPALITéS Le pari des maires sans parti

À Avignon, le mouvement politique local d’Olivier Galzi veut dépasser les partis sans perdre son ancrage territorial

Après sa victoire municipale à Avignon, Olivier Galzi lance Le Bon sens des territoires. Le maire veut fédérer des élus autour des réalités locales, tout en clarifiant la portée nationale de son initiative.

Citoyens et élus anonymes échangent devant une mairie d’Avignon dans une scène de vie politique locale
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En bref

Olivier Galzi lance Le Bon sens des territoires après sa victoire à Avignon et sa prise de fonctions au Grand Avignon. Le maire entend rassembler des élus attachés aux réalités locales, mais devra transformer son discours sur les territoires en propositions concrètes et démontrer que son mouvement dépasse une ambition personnelle.

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À Avignon, un maire peut-il transformer une victoire locale en projet politique national ? C’est l’ambition affichée par Olivier Galzi, qui lance ce jeudi 10 septembre 2026 son mouvement, « Le Bon sens des territoires ».

Un mouvement né après une conquête municipale

Olivier Galzi s’est installé dans le paysage politique avignonnais après une entrée rapide en politique. Ancien journaliste et présentateur de télévision, il a remporté la mairie d’Avignon lors des élections municipales de mars 2026, avec une liste sans étiquette revendiquée, classée « divers droite » par le ministère de l’Intérieur.

Il dirige désormais la ville et préside aussi le Grand Avignon, la communauté d’agglomération qui réunit plusieurs communes du bassin de vie. Cette double responsabilité lui donne une base politique locale solide. Elle lui offre aussi une tribune au-delà des seuls habitants d’Avignon.

Les résultats officiels montrent toutefois une réalité plus nuancée. Sa liste, « Le Bon sens pour Avignon », a obtenu 40,62 % des suffrages au second tour et 38 sièges au conseil municipal. Cette victoire lui a permis de gouverner, mais elle ne signifie pas que toute la ville partage le même projet.

Le nouveau mouvement doit donc répondre à une première question : peut-il élargir un succès municipal à d’autres élus et à d’autres territoires ?

Le « bon sens » comme ligne politique

Olivier Galzi veut rassembler des citoyens et des élus autour d’une idée simple : les décisions publiques doivent partir du terrain. Dans son discours, les communes et les intercommunalités ne sont pas de simples relais de l’État. Elles constituent la base concrète de l’action publique.

Le mouvement entend ainsi remettre en avant les « racines » et les territoires. Olivier Galzi affirme avoir rencontré, dans le Vaucluse, une « majorité silencieuse » attachée à l’engagement local et peu convaincue par les clivages partisans traditionnels.

Cette stratégie reprend un ressort devenu fréquent dans la politique française : se présenter comme indépendant des partis. Le maire d’Avignon cherche à occuper un espace situé entre la droite classique, le centre et les candidatures locales sans étiquette.

Cette formule peut attirer des élus qui refusent de choisir entre les appareils nationaux. Elle peut aussi séduire des habitants qui jugent les débats politiques trop éloignés de leurs préoccupations quotidiennes : transports, sécurité, propreté, logement ou accès aux services publics.

Des territoires très différents derrière un même slogan

Le pari reste cependant complexe. Les problèmes d’Avignon ne sont pas ceux d’une petite commune rurale du Vaucluse. Une ville-centre doit gérer la circulation, le logement, les quartiers populaires, le patrimoine et l’attractivité économique. Une commune rurale doit souvent composer avec la baisse des services publics, les distances et des moyens humains réduits.

Le terme « territoires » recouvre donc des situations très différentes. Les grandes collectivités disposent d’équipes administratives et d’une ingénierie plus importantes. Les petites communes dépendent davantage des intercommunalités, des départements, des régions et des dotations de l’État.

Le financement sera aussi un point décisif. Les communes ne peuvent pas agir seules sur la plupart des grands dossiers. Elles dépendent de règles nationales, de subventions et de cofinancements. Elles doivent également respecter des contraintes budgétaires strictes.

Le mouvement devra donc dépasser les formules générales. Pour convaincre, il devra préciser ses propositions sur les finances locales, les mobilités, l’habitat, la sécurité et la répartition des compétences entre les différents niveaux de pouvoir.

Une initiative qui dérange les équilibres locaux

Le lancement intervient dans un climat politique déjà tendu. La victoire d’une liste sans étiquette dans une grande ville comme Avignon a bousculé les repères habituels. Elle a aussi attiré l’attention de formations politiques qui cherchent à préparer les prochains scrutins.

Olivier Galzi présente son mouvement comme une démarche ouverte. Ses adversaires peuvent toutefois y voir une structure personnelle construite autour d’un élu devenu rapidement central dans la vie politique locale. La frontière entre un mouvement de territoires et un outil au service d’une ambition individuelle sera donc observée de près.

Le maire dénonce par ailleurs des actions qu’il attribue à « l’extrême gauche » et qu’il qualifie de « sabotages ». Ces accusations participent à la conflictualité du lancement. Elles installent aussi un rapport de force avec la gauche radicale, alors que le mouvement affirme vouloir dépasser les affrontements partisans.

Cette contradiction sera l’un des enjeux de la soirée. Pour rassembler au-delà des partis, « Le Bon sens des territoires » devra défendre une ligne identifiable sans se réduire à une opposition à ses adversaires. Il devra également convaincre des élus de sensibilités différentes de travailler sous une même bannière.

La question se pose aussi à droite. Le classement « divers droite » attribué à la liste municipale situe Olivier Galzi dans cet espace politique, même s’il refuse de se présenter comme le représentant d’un parti traditionnel. Certains élus peuvent y voir une manière de renouveler la droite locale. D’autres peuvent craindre la création d’un concurrent supplémentaire.

Le prochain test sera celui de l’organisation

Un mouvement politique ne se résume pas à une soirée de lancement. Il lui faut des relais, des adhérents, des élus et une méthode de décision. Il doit aussi clarifier ses financements et son fonctionnement, notamment s’il souhaite participer à de futures campagnes électorales.

Le calendrier donne déjà une direction. Les élections sénatoriales de septembre 2026 offriront un premier test pour mesurer les réseaux disponibles dans le Vaucluse. Les élections législatives et les prochaines échéances nationales permettront ensuite de vérifier si le mouvement reste local ou s’il cherche réellement à s’étendre.

Son implantation dépendra surtout de sa capacité à attirer des maires qui ne se reconnaissent pas dans les partis existants. Ces élus attendront des moyens, une visibilité et une liberté de parole. Ils éviteront aussi de rejoindre une structure perçue comme le simple prolongement de la mairie d’Avignon.

Ce qu’il faudra surveiller

Dans les prochaines semaines, trois éléments permettront de mesurer la portée réelle de l’initiative. D’abord, le nombre d’élus présents autour d’Olivier Galzi. Ensuite, les propositions concrètes mises sur la table. Enfin, la place du mouvement dans les prochains scrutins.

Le maire d’Avignon dispose d’un point de départ favorable : une victoire municipale nette, une responsabilité intercommunale et une forte exposition médiatique. Mais le passage d’une équipe locale à un mouvement politique durable exige une organisation et une ligne claire.

Le « bon sens » devra désormais se traduire dans les décisions, les alliances et les résultats. C’est sur ce terrain, plus que dans les slogans, que se jouera l’avenir du mouvement.

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