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ÉLECTIONS Le centre sous tension

Présidentielle 2027 : la popularité d’Édouard Philippe rassure, mais son électorat reste difficile à élargir

Édouard Philippe progresse dans le baromètre Elabe et confirme son ancrage au centre. Sa popularité reste toutefois très concentrée chez les électeurs macronistes, tandis que la concurrence s’intensifie à droite.

Un isoloir vide dans un bureau de vote, avec la table d’émargement et des chaises en arrière-plan.
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En bref

Édouard Philippe gagne quatre points dans le baromètre Elabe et atteint 30 % d’opinions favorables. Il bénéficie d’un fort soutien chez les électeurs macronistes, mais reste peu apprécié à gauche et chez les électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour. Sa progression ne règle donc pas encore son principal défi : élargir son électorat.

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À l’approche de la présidentielle de 2027, une question se pose pour les électeurs : Édouard Philippe peut-il transformer une bonne image en véritable dynamique électorale ? Son regain de popularité lui permet de reprendre une place centrale dans le paysage politique, mais il reste confronté à un problème majeur : rassembler au-delà de son camp.

Édouard Philippe remonte dans le classement

Édouard Philippe gagne 4 points dans le baromètre politique Elabe réalisé pour Les Échos. Il atteint 30% d’image positive auprès des personnes interrogées entre le 29 et le 30 septembre 2026.

Dans le détail, 5% des répondants disent avoir une image « très positive » de l’ancien Premier ministre. 25% en ont une image « plutôt positive ». À l’inverse, 21% déclarent avoir une image « plutôt négative » et 33% une image « très négative ». 16% ne se prononcent pas.

Cette progression place le président d’Horizons en troisième position des personnalités politiques les plus appréciées. Il reste derrière Jordan Bardella et Marine Le Pen, tous deux crédités de 37% d’opinions favorables.

Le résultat ne constitue pas un vote. Une cote d’image mesure une perception générale, pas une intention de soutenir un candidat dans l’isoloir. Elle indique toutefois qu’Édouard Philippe conserve un socle de sympathie important, même après son départ de Matignon.

Un profil solide au centre, plus fragile ailleurs

Le principal atout d’Édouard Philippe se trouve chez les électeurs qui ont soutenu Emmanuel Macron. Il y recueille 70% d’opinions favorables, loin devant Gabriel Attal, à 61%, et Gérald Darmanin, à 49%.

Cette popularité s’appuie sur une période politique marquante. Édouard Philippe a dirigé le gouvernement pendant la crise des « gilets jaunes », puis lors des premiers mois de l’épidémie de Covid-19. Pour certains électeurs, cette expérience renvoie à une image d’autorité et de stabilité.

Elle peut aussi produire l’effet inverse. L’ancien Premier ministre reste associé au bilan du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Les retraites, la fiscalité, les services publics et la gestion de la crise sanitaire font partie des sujets qui peuvent diviser son électorat potentiel.

À gauche et chez les écologistes, sa popularité tombe à 17%. Dans cet électorat, François Ruffin atteint 43%, tandis que Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier obtiennent chacun 41%. Fabien Roussel, Raphaël Glucksmann, François Hollande, Ségolène Royal et Olivier Faure figurent également devant Édouard Philippe.

Le constat est encore plus net chez les électeurs de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour. Édouard Philippe n’y recueille que 9% d’opinions favorables. Il arrive à la quinzième place, derrière Bruno Retailleau, crédité de 41%, et Gabriel Attal, à 13%.

Un avantage d’image, mais pas encore un avantage politique

Ces écarts montrent les limites du positionnement d’Édouard Philippe. Il plaît à une partie du centre et à des électeurs attachés à la gestion gouvernementale. En revanche, il peine encore à convaincre les électeurs de droite les plus sensibles à l’immigration, à l’autorité et à la réduction de la dépense publique.

Cette difficulté concerne aussi les électeurs populaires. Une image de sérieux peut rassurer. Elle ne suffit pas forcément à répondre aux préoccupations liées au pouvoir d’achat, au logement ou à l’accès aux soins. Dans les territoires ruraux et les villes moyennes, la crédibilité d’un candidat dépendra aussi de sa capacité à parler des services du quotidien.

Les grands électeurs urbains et diplômés peuvent se retrouver plus facilement dans une offre centriste. Les catégories populaires, elles, arbitrent davantage selon les prix, l’emploi, la sécurité et la proximité des services publics. Le même positionnement peut donc produire des effets très différents selon les milieux sociaux et les territoires.

Édouard Philippe dispose néanmoins d’un avantage : il est déjà identifié par une large partie du public. Sa candidature a été annoncée en septembre 2024 et sa campagne est engagée depuis plusieurs mois. Cette avance peut lui permettre d’installer progressivement ses thèmes et son équipe.

La concurrence reste ouverte à droite et au centre

La remontée d’Édouard Philippe intervient alors que plusieurs candidatures se disputent le même espace politique. Gabriel Attal défend une ligne issue du macronisme, mais cherche aussi à prendre ses distances avec le bilan présidentiel. Bruno Retailleau porte une offre plus conservatrice et assume un discours plus dur sur l’immigration et l’autorité.

Les trois hommes ne s’adressent pas exactement au même électorat. Édouard Philippe vise un centre droit élargi. Gabriel Attal tente de préserver l’héritage du dépassement entre la gauche et la droite. Bruno Retailleau cherche à consolider l’électorat de droite autour de positions régaliennes.

Cette dispersion peut profiter aux forces déjà installées. Le baromètre politique Elabe montre que Jordan Bardella demeure très haut dans les classements d’image. À gauche, Jean-Luc Mélenchon et d’autres personnalités conservent également une base militante et électorale solide.

La question d’une candidature commune revient donc régulièrement. Une primaire permettrait de départager les prétendants, mais elle comporte un risque : exposer publiquement leurs désaccords et fragiliser le candidat finalement choisi. À l’inverse, plusieurs candidatures peuvent permettre à chaque courant de défendre son identité, au prix d’une possible division au premier tour.

Cette rivalité bénéficie directement aux responsables déjà bien identifiés. Marine Le Pen et Jordan Bardella peuvent continuer à occuper le sommet des enquêtes d’image. Elle contraint aussi Édouard Philippe à préciser ses propositions. Tant qu’il reste dans le registre de la compétence et de la modération, il peut rassurer. Mais il doit encore démontrer ce qu’il changerait concrètement.

Les prochaines étapes seront décisives

Le sondage Elabe a été réalisé en ligne auprès de 1.000 personnes représentatives des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus. Comme toute enquête d’opinion, il offre une photographie à un moment précis. Il ne permet pas de prédire le résultat de 2027.

La suite dépendra surtout de la campagne. Édouard Philippe devra présenter un programme suffisamment précis pour dépasser son image d’ancien Premier ministre. Il devra aussi expliquer comment financer ses priorités et quelles mesures concerneraient directement les ménages.

Les prochains mois permettront également de mesurer les rapports de force entre Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Le calendrier des municipales, les éventuelles discussions sur une candidature commune et les premiers grands déplacements de campagne seront à surveiller.

Pour l’instant, Édouard Philippe remonte dans l’opinion. Mais son défi reste entier : transformer une popularité de précaution en choix politique assumé.

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