Aller au contenu
ÉLECTIONS Le pari de l’influence sans candidat

Sans candidat à l’Élysée, le Parti radical veut faire de ses propositions un levier dans la présidentielle de 2027

Le Parti radical entend peser sur la présidentielle de 2027 avec quarante propositions sur l’école, les finances publiques, les institutions et l’Europe. Sans candidat, il évaluera les prétendants et annoncera son soutien au plus tard en janvier.

Détail d’une table d’école usée, avec cahier ouvert et fournitures, devant des rangées de mobilier et un tableau.
Résumer avec une IA — Obtenez un résumé personnalisé en un clic
En bref

Le Parti radical ne présentera pas de candidat à l’élection présidentielle de 2027, mais veut faire reprendre ses quarante propositions par les prétendants. Son programme porte notamment sur l’école, 30 milliards d’euros d’économies annuelles et une réforme des institutions. Le parti prévoit de choisir son candidat au plus tard en janvier.

Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.

Peut-on augmenter durablement les enseignants, réduire le déficit et donner davantage de pouvoir aux électeurs ? Le Parti radical veut porter ces objectifs dans la campagne présidentielle de 2027, sans présenter de candidat.

Sa stratégie consiste à convaincre d’autres prétendants à l’Élysée de reprendre ses propositions. Derrière cette démarche, une question concrète : quels engagements survivront aux négociations politiques, puis aux arbitrages budgétaires ?

Peser sur la présidentielle sans entrer dans la course

Le Parti radical appartient au centre droit. Il avait soutenu Emmanuel Macron en 2022, avant de prendre acte de la disparition du « socle commun » lors de la formation du gouvernement de Sébastien Lecornu. Cette expression désignait l’alliance de forces politiques soutenant le gouvernement.

La formation revendique environ 5 000 adhérents, selon sa direction. Elle compte plusieurs sénateurs et un député, Bastien Marchive, apparenté au groupe Renaissance. Son influence repose donc sur ses élus et ses alliances, plutôt que sur une candidature présidentielle autonome.

Les journées de rentrée des 10 et 11 octobre 2026 à Dijon doivent lancer cette séquence. Nathalie Delattre, présidente du parti et ancienne ministre, y présentera un manifeste de quarante propositions. Xavier Bertrand, Gabriel Attal et Édouard Philippe figurent parmi les intervenants annoncés.

Le texte s’organise autour de trois axes : les générations, la démocratie et l’Europe. Il aborde notamment l’école, la rémunération du travail, la transition écologique et la maîtrise des finances publiques.

Pour comparer les candidats, les radicaux prévoient un « bulletin de convergences », mesurant leur proximité avec ces engagements. Le parti doit choisir son soutien au plus tard en janvier 2027. Pour les prétendants à l’Élysée, l’intérêt serait d’obtenir un appui politique et des relais locaux. Pour les radicaux, l’enjeu est de transformer ce soutien en engagements programmatiques.

L’école prioritaire, mais un financement à préciser

Le manifeste propose une loi de programmation pour l’éducation. Ce type de texte fixe des objectifs sur plusieurs années. Le parti veut garantir une « revalorisation durable » des enseignants et revoir l’organisation scolaire, de la maternelle au lycée.

Les enseignants bénéficieraient directement d’une hausse de rémunération. Les élèves et leurs familles attendraient surtout des améliorations concrètes : continuité des cours, accompagnement et conditions d’apprentissage. Toutefois, une programmation ne dispense pas de voter chaque année les crédits nécessaires.

Le débat dépasse donc les salaires. Dans sa déclaration au Conseil supérieur de l’éducation du 26 mars 2026, la FSU-SNUipp demande l’abandon des suppressions d’emplois. Le syndicat considère la baisse démographique comme une occasion d’améliorer l’école, plutôt que de réduire ses moyens.

Cette position ne constitue pas une réaction au manifeste radical. Elle souligne néanmoins un choix central : utiliser la diminution du nombre d’élèves pour économiser, ou pour améliorer l’encadrement. La réponse n’a pas les mêmes conséquences pour les personnels, les familles et les finances publiques.

Une réorganisation nationale devra aussi tenir compte des situations locales. Une petite école isolée et un établissement urbain ne rencontrent pas les mêmes contraintes. Le contenu précis des mesures reste donc essentiel pour apprécier leurs effets.

Trente milliards d’économies : qui supporterait l’effort ?

Sur le budget, le Parti radical propose 30 milliards d’euros d’économies par an. Son objectif est de retrouver l’équilibre en cinq ans, autrement dit de ne plus dépenser davantage que les recettes publiques.

L’ordre de grandeur mérite attention. Selon les comptes publics de 2025 publiés par l’Insee, le déficit atteint 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du produit intérieur brut. La dette représente 115,7 % du PIB. Le déficit couvre l’ensemble des administrations publiques, pas seulement le budget de l’État.

L’Insee relève également que la réduction du déficit en 2025 provient essentiellement de recettes en forte croissance. Ce précédent rappelle qu’un redressement dépend aussi des impôts, de l’activité économique et de l’évolution des dépenses.

Le montant annoncé ne permet pas, à lui seul, d’évaluer la trajectoire radicale. Il faudra connaître les dépenses concernées et distinguer les économies nouvelles de celles déjà engagées. Une réduction des aides, des investissements ou des effectifs publics toucherait des bénéficiaires différents.

Les contribuables futurs pourraient bénéficier d’un moindre endettement. En revanche, les usagers et les agents des services concernés pourraient supporter les restrictions. L’équilibre entre ces intérêts dépendra des arbitrages détaillés. Le parti annonce une plateforme législative chiffrée pour compléter le manifeste et préparer un contrat avec d’autres formations après la présidentielle.

Déplacer le pouvoir de l’Élysée vers le Parlement

Le volet institutionnel prévoit une révision constitutionnelle dès le début du quinquennat. Le Parti radical veut définir le domaine réservé du président et confier au Parlement la désignation du Premier ministre.

Aujourd’hui, l’article 8 de la Constitution confie cette nomination au président. Le changement renforcerait donc les groupes parlementaires dans la formation du gouvernement. En contrepartie, l’Élysée perdrait une prérogative majeure.

La proposition pose toutefois une question pratique : comment dégager un accord entre des groupes concurrents ? Une désignation parlementaire déplacerait la négociation politique, sans garantir à elle seule une majorité durable.

La procédure constitue aussi un obstacle. Selon l’article 89 sur la révision constitutionnelle, les deux chambres doivent adopter le même texte. La validation passe ensuite par référendum ou, pour un projet présidentiel soumis au Congrès, par trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Le parti propose également une journée annuelle de votation, une « obligation civique d’expression électorale » et une meilleure reconnaissance du vote blanc. Les modalités seront déterminantes : quels sujets soumettre aux citoyens, quelles obligations imposer et quelles conséquences donner au refus de choisir un candidat ?

L’Europe, puis l’épreuve des engagements

Les radicaux souhaitent une convention démocratique pour refonder les institutions européennes, suivie d’un référendum. Ils veulent aussi ouvrir la voie à un retour du Royaume-Uni dans l’Union.

Cette ambition dépasse le rapprochement engagé lors du sommet UE–Royaume-Uni du 19 mai 2025, consacré notamment à la sécurité et à la coopération économique. Une initiative française ne suffirait pas : Londres et les partenaires européens devraient partager cet objectif.

À Dijon, les premières réponses des responsables invités permettront de mesurer les convergences réelles. Puis deux étapes feront référence : le choix du candidat soutenu, au plus tard en janvier 2027, et la publication des propositions législatives chiffrées. C’est là que les ambitions devront rencontrer les moyens.

Résumer avec une IA — Obtenez un résumé personnalisé en un clic

Réagir à cet article

Votre adresse email ne sera pas publiée. Restons courtois et factuels.