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ÉCONOMIE & SOCIéTé Cours perdus, promesses sous pression

Cours perdus et promesses de réforme : pourquoi la réponse à la crise lycéenne se mesure dans chaque établissement

Le gouvernement annonce des remplaçants et des mesures pour répondre à la mobilisation lycéenne, mais leur efficacité dépendra des besoins locaux. En parallèle, la primaire socialiste ouvre une compétition dont l’enjeu est aussi de rassembler la gauche.

Salle de classe vide avec des tables d’élèves, des chaises et un tableau mural, sans inscription lisible ni personne.
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En bref

La mobilisation des lycéens met en lumière le manque d’heures de cours et les difficultés de remplacement. Le gouvernement promet des renforts, mais leur adéquation aux disciplines et aux besoins de chaque établissement déterminera leur portée. En parallèle, la primaire socialiste choisit un candidat pour 2027 sans garantir, à elle seule, l’unité politique.

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Comment croire aux promesses politiques quand les cours manquent et que l’avenir scolaire paraît incertain ? Entre mobilisation lycéenne et primaire socialiste, deux séquences interrogent la capacité des responsables publics à transformer une parole en résultats.

Mouvement lycéen : la réponse se joue dans les classes

Le gouvernement cherche une issue à une mobilisation nationale contre les mauvaises conditions d’enseignement. Le 8 octobre 2026, au journal de 20 heures, Édouard Geffray a annoncé le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants. L’objectif affiché : répondre rapidement aux établissements où les besoins sont les plus pressants.

Cette annonce intervient après plusieurs semaines de protestation. Mais le conflit dépasse désormais la seule question des enseignants absents. Le ministre engage aussi une refonte des instances de démocratie lycéenne, ces espaces où les élèves disposent de représentants pour participer à la vie scolaire. Le gouvernement tente ainsi de répondre aux demandes matérielles comme au besoin d’être entendu.

Pour les élèves, le critère décisif reste concret : retrouver un professeur dans la bonne matière. Pour les familles, c’est la continuité des apprentissages. Pour le gouvernement, une reprise des cours permettrait également de desserrer la pression politique. Ces intérêts peuvent converger, mais une annonce nationale ne garantit pas une solution dans chaque lycée.

Les détails du dispositif éclairent cette difficulté. Dans son compte rendu de la réunion ministérielle du 9 octobre, le SNALC rapporte un chiffre de 3 024 personnels sans affectation, presque exclusivement des titulaires remplaçants. Il ne s’agit donc pas de 3 000 recrutements nouveaux. Le syndicat précise qu’une partie des disponibilités ne correspond pas aux besoins dans les disciplines concernées.

Des moyens disponibles, mais pas forcément au bon endroit

Un professeur disponible ne constitue pas une réserve interchangeable. Sa discipline et sa zone d’exercice limitent les remplacements possibles. Le SNALC conteste précisément la présentation d’un chiffre global sans correspondance détaillée avec les besoins locaux. Il réclame aussi une amélioration de l’attractivité du métier, notamment salariale.

Le SNES-FSU défend, lui, les qualifications et les conditions de travail des remplaçants. Dans son rappel des droits des professeurs titulaires remplaçants, il souligne l’importance de respecter leur discipline et de prévoir un temps de préparation. La rapidité recherchée par le ministère rencontre donc une exigence pédagogique : prendre une classe nécessite de connaître son programme et sa progression.

Le problème ne date pas des blocages. Selon la DEPP, le service statistique du ministère, les établissements publics du second degré ont perdu 9,8 % de leurs heures d’enseignement en 2024-2025. Le non-remplacement explique 7,5 % des heures prévues, soit 15,4 millions d’heures. Les fermetures d’établissements expliquent les 2,3 % restants. Ces données couvrent la France hors Mayotte.

La moyenne cache surtout des situations très différentes. Les 10 % d’établissements les plus touchés perdent en moyenne 19 % de leurs heures, contre 3 % pour les moins concernés. La note de la DEPP sur les heures d’enseignement non assurées constate toutefois peu d’écart global selon l’origine sociale des élèves. Elle relève davantage d’heures perdues dans les collèges de l’éducation prioritaire.

Heures supplémentaires ou réponse durable ?

Le ministère mise également sur le Pacte enseignant, un dispositif rémunérant des missions supplémentaires effectuées par des professeurs volontaires. Pour les remplacements courts, il prévoit 1 250 euros bruts pour un forfait de 18 heures. Ce mécanisme existe depuis la rentrée 2023 : il ne constitue donc pas une réponse entièrement nouvelle à la crise.

Son avantage est opérationnel : mobiliser des enseignants déjà présents dans l’établissement. Sa limite tient à leur disponibilité. Le SNES-FSU critique une réponse qui fait reposer une partie de l’effort sur du travail supplémentaire des personnels. Il soutient les revendications lycéennes et appelle à la grève le 13 octobre.

Le désaccord porte ainsi sur la durée de la réponse. Le gouvernement privilégie des leviers rapides pour rétablir les cours. Les syndicats demandent aussi des moyens structurels et de meilleures conditions d’exercice. Les établissements disposant de volontaires peuvent bénéficier du Pacte ; ceux qui manquent déjà de personnels restent confrontés à une contrainte plus forte.

Primaire socialiste : choisir un candidat ne suffit pas à rassembler

Dans un autre registre, les socialistes ouvrent leur primaire pour la présidentielle de 2027. Une primaire est un vote organisé en amont pour désigner un candidat. Le premier tour se déroule les 9 et 10 octobre, par voie numérique. Le calendrier prévoit un second tour les 16 et 17 octobre.

Cinq candidats participent : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Plus de 140 000 électeurs doivent pouvoir prendre part au scrutin. Ce nombre mesure l’intérêt pour cette sélection ; il ne préjuge ni de la participation effective ni du résultat présidentiel.

Pour le Parti socialiste, l’exercice permet de remettre une compétition politique au premier plan. Pour les candidats, il offre une possibilité de légitimer leur candidature par un vote. Mais l’organisation d’un scrutin ne règle pas, à elle seule, les divergences entre concurrents. Raphaël Glucksmann a d’ailleurs décrit un exercice « chaotique », tout en estimant les difficultés réparables.

L’enjeu dépasse donc l’identité du vainqueur. Il concerne aussi l’attitude des perdants et la capacité à défendre ensuite une orientation commune. Les participants choisissent entre cinq candidatures ; les autres électeurs ne disposeront d’une offre clarifiée que si cette compétition débouche sur un rassemblement effectif.

Trois échéances pour mesurer les résultats

Les prochains jours fourniront des tests précis. Dans les lycées, il faudra observer les affectations effectives, matière par matière, plutôt que le seul total annoncé. La grève du 13 octobre mesurera la poursuite du rapport de force. Côté socialiste, la clôture du premier tour, le 10 octobre, puis le second tour prévu les 16 et 17 octobre préciseront l’issue de la sélection.

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