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ÉCONOMIE & SOCIéTé Admissions sous tension

Supprimer Parcoursup changerait-il vraiment les règles d’admission et l’accès aux études supérieures pour les lycéens ?

Le sénateur Max Brisson propose de remplacer Parcoursup par une plateforme où les universités fixeraient leurs critères d’admission. Mais transparence accrue ne signifie pas davantage de places, et le maintien des garanties sociales reste à préciser.

Des mains consultent des dossiers de candidature et des feuilles de résultats sur une table, dans une salle de commission universitaire.
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En bref

Max Brisson propose de remplacer Parcoursup par une plateforme où les universités définiraient et publieraient leurs critères d’admission. Son projet soulève des questions sur le maintien des priorités sociales, l’accompagnement à l’orientation et la capacité d’accueil des formations : une nouvelle procédure ne créerait pas, à elle seule, de places supplémentaires dans le supérieur.

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Changer de plateforme permettrait-il vraiment de choisir ses études avec moins d’angoisse ? Derrière la proposition de supprimer Parcoursup, une question demeure : qui déciderait des admissions, selon quelles règles et avec quelles garanties pour les lycéens ?

Max Brisson, sénateur Les Républicains des Pyrénées-Atlantiques et conseiller éducation de Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, défend cette rupture. Mais son projet ne signifie pas la fin du classement des candidats. Il donnerait davantage de liberté aux universités pour fixer leurs conditions d’entrée.

Supprimer Parcoursup, mais conserver une plateforme d’admission

Le sénateur dénonce une « opacité inacceptable » et propose de remplacer Parcoursup par une autre plateforme. Les universités y publieraient les critères d’admission qu’elles définiraient librement. Il souhaite également dissocier le baccalauréat de l’admission dans l’enseignement supérieur.

Son objectif affiché : rendre les décisions compréhensibles et renforcer l’autonomie des établissements. Pour les candidats, la promesse porte donc sur la lisibilité des règles, pas sur une admission automatique dans la formation souhaitée.

Max Brisson juge toutefois trop tardive une suppression pour la rentrée universitaire 2027. Dans l’immédiat, il demande davantage de transparence. Il préconise aussi un accompagnement à l’orientation, idéalement à chaque fin de cycle scolaire.

Cette proposition intervient alors que la suppression de Parcoursup figure parmi les revendications du mouvement lycéen. Cependant, un même mot d’ordre peut recouvrir des projets opposés : renforcer la liberté de sélection des universités ou, au contraire, limiter cette sélection.

Les formations choisissent déjà leurs critères

Le fonctionnement actuel oblige à nuancer le diagnostic du sénateur. Les critères ne sont pas entièrement secrets. La documentation officielle sur l’examen des candidatures Parcoursup précise que chaque formation publie ses critères généraux et un rapport sur la session précédente.

Les enseignants du supérieur, réunis en commissions d’examen des vœux, étudient les dossiers et établissent les classements. Parcoursup transmet ensuite les propositions d’admission en intégrant les priorités prévues par la loi. Il faut donc distinguer le classement réalisé localement et les règles nationales appliquées par la plateforme.

En revanche, publier des critères ne suffit pas nécessairement à expliquer une décision individuelle. Une mention comme « résultats scolaires » renseigne peu sur le poids exact de chaque matière. C’est notamment ce décalage entre information disponible et compréhension réelle qui nourrit le débat.

Le rapport sénatorial de 2023 sur la confiance dans Parcoursup recommandait déjà de préciser quantitativement les critères utilisés. Il proposait donc d’améliorer leur transparence, sans faire de la suppression de la plateforme la réponse centrale.

La mixité sociale n’est pas un simple réglage informatique

Max Brisson critique également les mécanismes qui favorisent la mixité sociale. Or ces dispositions correspondent à des choix politiques inscrits dans la loi. Elles ne relèvent pas seulement d’un algorithme difficile à comprendre.

Des taux minimaux de lycéens boursiers visent à faciliter leur accès aux formations, y compris les plus sélectives. D’autres priorités concernent les bacheliers professionnels en BTS et les bacheliers technologiques en BUT, deux cursus professionnalisants du supérieur. Les bénéficiaires sont donc identifiables : des publics auxquels ces règles réservent une meilleure place dans la procédure.

Selon les données officielles sur les dispositifs d’égalité d’accès, les taux boursiers auraient été décisifs pour plus de 17 000 lycéens en 2024. Le ministère estime qu’ils n’auraient vraisemblablement pas reçu cette proposition en phase principale sans ce mécanisme.

Une plus grande autonomie universitaire pose donc une question précise : quelles garanties nationales subsisteraient ? La proposition présentée ne détaille pas leur devenir. Les établissements gagneraient une marge de décision supplémentaire. Pour les candidats boursiers, l’effet dépendrait du maintien ou non de ces protections.

Des règles plus claires ne créent pas davantage de places

Le débat dépasse néanmoins les critères d’admission. Quand une formation reçoit davantage de candidatures qu’elle ne dispose de places, changer l’outil ne supprime pas cette contrainte. Il faut toujours départager les dossiers ou augmenter la capacité d’accueil.

Le SNES-FSU critique ainsi la pénurie de places et le sous-investissement universitaire. Le syndicat demande lui aussi d’en finir avec Parcoursup, mais dans une perspective différente de celle du sénateur : contester la sélection et renforcer l’enseignement supérieur public.

Cette divergence est essentielle. La liberté accrue des universités répond aux intérêts des établissements qui souhaitent maîtriser leurs admissions. L’augmentation des capacités, défendue par le syndicat, vise plutôt les jeunes dont le projet se heurte au manque de places.

Les candidats ne disposent pas non plus des mêmes ressources pour s’orienter. Le rapport sénatorial de 2023 souligne le poids du milieu familial dans les aspirations et l’accompagnement. Une réforme qui multiplierait les exigences locales devrait donc prévenir une complexité supplémentaire pour les élèves les moins conseillés.

La dimension territoriale compte également. Une synthèse d’une évaluation parlementaire publiée par la Cour des comptes relève une répartition inégale des établissements. Une possibilité d’admission loin du domicile ne résout donc pas, à elle seule, les obstacles à la mobilité.

Le prochain débat portera sur les garanties du remplacement

Les autres propositions politiques privilégient plutôt une évolution du système. Gabriel Attal souhaite donner davantage de poids aux épreuves terminales nationales qu’au contrôle continu. Édouard Philippe souligne, de son côté, le stress de la procédure et ses dysfonctionnements. Ces positions ne constituent pas un accord sur son remplacement.

L’échéance avancée par Max Brisson fixe un premier repère : il exclut une suppression pour la rentrée 2027. Dans les prochaines étapes du débat, trois éléments permettront d’évaluer son projet : les critères que les universités pourraient modifier, les protections sociales conservées et les moyens consacrés à l’orientation. Sans ces précisions, la différence entre nouvelle plateforme et nouveau modèle d’admission reste à établir.

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