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ÉLECTIONS La primaire, première étape du combat

Après sa victoire à la primaire, Glucksmann doit convaincre les Français et unir une gauche divisée pour peser en 2027

Fort de sa victoire à la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann doit désormais élargir son audience. La ligne de rupture avec LFI, les alliances à gauche et le financement de ses propositions pèseront sur sa capacité à s’imposer dans la campagne présidentielle.

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En bref

Raphaël Glucksmann a remporté la primaire sociale-démocrate avec environ 66 % des voix, mais ce résultat ne garantit pas un soutien de toute la gauche. Son refus d’un accord avec LFI complique le rapprochement avec les écologistes, tandis que sa proposition de réduire la CSG sur les salaires devra préciser son financement et ses effets sur la protection sociale.

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Une victoire à gauche peut-elle changer la fiche de paie sans laisser les électeurs face à une nouvelle division ? Pour Raphaël Glucksmann, le défi commence maintenant : transformer un succès militant en perspective de gouvernement.

Une primaire gagnée, pas encore une présidentielle

Le 11 octobre 2026, le fondateur de Place publique a remporté dès le premier tour la primaire sociale-démocrate, avec environ 66 % des suffrages. Le scrutin a réuni 120 787 votants, d’après les résultats de la primaire sociale-démocrate. Olivier Faure, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj terminent derrière lui.

Cette primaire, un vote destiné à choisir un candidat avant l’élection, lui donne une légitimité dans son camp. Elle ne désigne cependant pas le candidat de toute la gauche. Les écologistes et La France insoumise conservent leur autonomie.

« Je suis prêt à mener ce combat », a déclaré l’eurodéputé au lendemain du résultat. Mais son entourage distingue déjà deux batailles. La première consistait à convaincre les participants à la primaire. La seconde demande de toucher des Français beaucoup plus nombreux, moins politisés et préoccupés par leur quotidien.

Les intentions de vote évoquées pendant cette séquence le situent entre 10 et 12 %. Ces estimations ne constituent ni un résultat ni une prédiction. Elles montrent néanmoins l’écart entre sa domination interne et sa capacité actuelle à atteindre le second tour.

Le soutien du PS doit devenir une force de campagne

Glucksmann n’a jamais appartenu au Parti socialiste. Or une campagne présidentielle ne repose pas uniquement sur une personnalité. Elle demande des équipes locales, des relais élus, une organisation et des moyens financiers. Le soutien socialiste doit donc dépasser la photographie collective prise après le scrutin.

Le candidat a notamment demandé un accès rapide aux recettes provenant des contributions des votants, soit plusieurs centaines de milliers d’euros. Cet enjeu est concret : financer des déplacements et des événements permet de rencontrer des électeurs au-delà des plateaux télévisés.

En parallèle, son équipe promet une place aux différentes sensibilités et l’intégration de propositions concurrentes dans le programme. Glucksmann bénéficie ainsi de leur mobilisation. Les candidats battus, eux, cherchent à préserver une influence sur le projet et les décisions futures.

Olivier Faure a reconnu la victoire de son adversaire. Ségolène Royal a également annoncé son soutien, tout en demandant un rassemblement de la gauche. Ces réactions des responsables socialistes et écologistes après la primaire montrent une acceptation du résultat, mais aussi des attentes différentes sur la coalition à construire.

Le précédent de 2017 invite à distinguer désignation et mobilisation durable. Après sa victoire à la primaire, Benoît Hamon avait affronté des défections et une campagne difficile. Il avait finalement obtenu 6,36 % au premier tour, selon les résultats officiels de la présidentielle de 2017. Ce précédent n’annonce pas le destin de Glucksmann. Il rappelle qu’un succès interne ne protège pas d’un affaiblissement national.

L’alliance avec les écologistes bute sur la rupture avec LFI

La ligne de Glucksmann est claire : rassembler au-delà de la social-démocratie, mais sans accord avec La France insoumise. Cette orientation vise notamment les électeurs de gauche qui souhaitent rompre avec la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. Elle complique toutefois le dialogue avec ceux qui privilégient l’unité électorale.

Marine Tondelier lui reproche ainsi le « choix du repli ». Pour la responsable écologiste, refuser une alliance large réduit les possibilités de rassemblement. À l’inverse, le rapprochement de Yannick Jadot avec Glucksmann montre que les écologistes ne partagent pas tous la même appréciation.

Derrière ce désaccord se trouve une dépendance pratique. Les accords de la Nupes en 2022, puis du Nouveau Front populaire en 2024, ont organisé des candidatures communes aux législatives. Pour les élus concernés, renoncer à ces arrangements pose la question de leur réélection et du risque de candidatures concurrentes.

Les intérêts diffèrent donc selon les acteurs. Glucksmann cherche une identité politique lisible à l’échelle nationale. Les députés et les formations moins puissantes doivent aussi préserver leurs implantations locales. Quant aux électeurs, ils attendent de savoir quelle majorité pourrait appliquer le programme présidentiel.

Olivier Faure entend conserver au PS la décision sur d’éventuelles alliances législatives. La victoire à la primaire ne règle donc pas automatiquement la stratégie parlementaire. Ce point sera décisif : conquérir l’Élysée et disposer d’une majorité à l’Assemblée sont deux objectifs distincts.

Le pouvoir d’achat, premier test du programme

Pour élargir son audience, Glucksmann propose notamment de réduire la contribution sociale généralisée sur les salaires. La CSG est un prélèvement qui finance la protection sociale. Son taux sur les salaires atteint actuellement 9,2 %, comme l’explique la présentation officielle de la CSG sur les revenus d’activité.

Le candidat annonce ainsi 105 euros supplémentaires par mois pour une auxiliaire de vie rémunérée 2 000 euros brut. Il s’agit d’un gain promis dans son projet, et non d’une hausse déjà applicable. Il propose de compenser les recettes perdues par une taxation accrue des plus gros héritages.

Cette mesure déplacerait donc une partie du financement : les salariés bénéficieraient directement de la baisse, tandis que les bénéficiaires des successions les plus importantes contribueraient davantage. En revanche, une baisse limitée aux salaires ne procurerait pas le même avantage direct aux retraités ou aux personnes sans emploi.

Le débat devra aussi porter sur la protection sociale. Réduire un prélèvement ne suffit pas : il faut préciser les seuils successoraux, les recettes attendues et leur affectation. Pour les usagers des services financés, la question centrale reste le maintien des ressources.

Les prochaines étapes devront clarifier la coalition et les moyens

Glucksmann doit maintenant présenter son projet pour ses cent premiers jours à l’Élysée, avec une priorité écologique annoncée. Cette étape permettra d’examiner les mesures, leur financement et leur calendrier, au-delà des désaccords sur LFI.

Deux autres signaux compteront dans les prochaines semaines : la composition effective de l’équipe de campagne et les décisions des écologistes. Enfin, François Hollande a annoncé une décision en décembre sur ses propres intentions. D’ici là, Glucksmann devra montrer que sa candidature peut élargir son soutien sans désorganiser les alliances nécessaires pour gouverner.

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