Présidentielle 2027 : le vote utile peut-il départager Glucksmann, Mélenchon et Philippe face à Le Pen ?
Après sa victoire à la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann gagne entre quatre et cinq points dans un sondage présidentiel. Il rejoint Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe dans la course à la deuxième place, tandis que Marine Le Pen reste largement en tête.

Le sondage OpinionWay réalisé les 13 et 14 octobre place Raphaël Glucksmann à 15 %, comme Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe, dans plusieurs configurations. Sa progression intervient après la primaire sociale-démocrate, mais Marine Le Pen reste à au moins 35 %. Les marges d’erreur et le caractère non prédictif de l’enquête invitent à la prudence.
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Faut-il choisir son candidat préféré ou celui qui semble capable d’atteindre le second tour ? Le dernier sondage présidentiel OpinionWay remet ce dilemme au centre du jeu, avec Raphaël Glucksmann désormais au contact de Jean-Luc Mélenchon et d’Édouard Philippe.
Une deuxième place disputée, loin derrière Marine Le Pen
À la présidentielle, une petite différence peut produire un résultat décisif. Si personne ne remporte la majorité absolue au premier tour, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent poursuivre. C’est la règle rappelée par Service Public sur le fonctionnement de l’élection présidentielle.
Dans l’enquête OpinionWay publiée le 15 octobre 2026, Marine Le Pen recueille au moins 35 % des intentions de vote dans toutes les configurations. L’incertitude porte donc surtout sur l’identité du candidat qui pourrait lui faire face.
Lorsque Édouard Philippe représente seul le bloc central, il atteint 15 %, comme Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon. Aucun des trois ne dispose alors d’un avantage mesuré sur les deux autres.
Lorsque Gabriel Attal remplace Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann monte à 16 %, contre 11 % pour l’ancien premier ministre. Dans cette configuration, le candidat social-démocrate occupe la deuxième place. Il ne s’agit toutefois pas d’une qualification acquise : l’enquête mesure des intentions, pas des bulletins déposés dans l’urne.
Glucksmann progresse après la primaire
La progression est nette par rapport à la précédente vague du 10 septembre : Raphaël Glucksmann gagne entre quatre et cinq points selon les hypothèses. L’enquête intervient juste après sa victoire à la primaire sociale-démocrate du dimanche 11 octobre.
Cette succession ne suffit pas à démontrer que la primaire explique toute la hausse. Elle permet néanmoins au fondateur de Place publique de présenter une candidature désormais située dans le groupe qui dispute la deuxième place, plutôt qu’en retrait.
Jean-Luc Mélenchon reste, lui, généralement stable à 15 %. Il perd un point dans l’hypothèse où Édouard Philippe et Gabriel Attal se présentent tous les deux. La poussée de Glucksmann ne correspond donc pas, dans ces résultats, à un effondrement du candidat insoumis.
Le recul concerne davantage les prétendants du centre. Depuis le premier baromètre de juillet, Édouard Philippe perd sept points lorsqu’il représente seul ce bloc. Dans la configuration comparable, Gabriel Attal en perd cinq. Ces évolutions décrivent des rapports de force ; elles ne permettent pas d’identifier précisément les déplacements individuels des électeurs.
Le vote utile, un avantage pour les mieux placés
La lecture stratégique est immédiate : chacun des trois candidats autour de 15 % peut tenter d’incarner l’accès au second tour. Mais aucun ne peut invoquer cette égalité pour affirmer qu’il serait, à lui seul, le choix incontournable.
Pour Glucksmann, la hausse renforce l’argument d’une candidature sociale-démocrate compétitive. Pour Mélenchon, la stabilité indique qu’un socle résiste à cette concurrence. Pour Philippe, le niveau mesuré maintient une possibilité de qualification, malgré sa baisse depuis juillet. Ce sont les implications du sondage, et non des déclarations attribuées aux intéressés.
Cette compétition n’a pas les mêmes conséquences pour tous. Les candidats les mieux placés bénéficient d’un argument stratégique supplémentaire. À l’inverse, les électeurs des candidatures moins hautes peuvent se retrouver partagés entre leur préférence politique et la volonté de peser sur l’affiche finale.
Bruno Retailleau obtient ainsi entre 7 % et 9 %. Éric Zemmour atteint 4 %, Marine Tondelier 3 %, Fabien Roussel et Nicolas Dupont-Aignan 2 % chacun, puis Nathalie Arthaud 1 %. Ces scores ne constituent pas des réserves automatiquement transférables : un désistement éventuel ne garantit jamais que tous les électeurs suivent.
Le précédent de 2022, sans scénario écrit d’avance
La mémoire de 2022 donne un poids particulier à cette bataille. Au premier tour, Marine Le Pen avait obtenu 23,15 % des suffrages exprimés, contre 21,95 % pour Jean-Luc Mélenchon. L’écart était donc de 1,2 point, comme le montrent les résultats officiels de la présidentielle de 2022.
Ce précédent explique l’importance politique d’écarts apparemment faibles. Il ne permet pas, en revanche, de transposer les résultats d’une élection passée à une enquête réalisée plusieurs mois avant le prochain scrutin.
Autre limite : cette enquête ne mesure pas l’effet des programmes sur le quotidien. Elle ne permet pas de déterminer quelles propositions convainquent les salariés, les retraités, les ménages modestes ou les habitants des territoires éloignés des services publics. Un classement national ne remplace pas cette analyse sociale.
Une photographie à lire avec ses marges d’incertitude
OpinionWay a réalisé l’enquête les 13 et 14 octobre auprès de 1 043 personnes représentatives de la population française majeure. L’institut utilise la méthode des quotas : il compose l’échantillon pour reproduire certaines caractéristiques de la population. La marge d’erreur annoncée va de 1,4 à 3,1 points.
Il faut donc distinguer une progression sur plusieurs vagues d’une avance minuscule dans une seule enquête. Un point d’écart ne suffit pas à établir une hiérarchie solide. La Commission des sondages rappelle l’utilité des marges d’incertitude pour relativiser la portée des résultats.
Enfin, les configurations testées ne sont pas interchangeables. Remplacer Philippe par Attal modifie l’offre proposée aux répondants. Comparer ces scénarios éclaire le poids des candidatures, mais ne décrit pas une évolution chronologique des mêmes électeurs.
Dans les prochaines semaines, le point à surveiller sera la persistance de la hausse de Glucksmann après la séquence de la primaire. Les prochaines enquêtes comparables permettront aussi d’observer si le recul du centre se poursuit. La bataille de la deuxième place dépendra autant de ces évolutions que des décisions de candidature.



