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ÉCONOMIE & SOCIéTé L’école, entre cours et activités

Rythmes scolaires : Édouard Philippe veut libérer les après-midi, mais raccourcir les vacances relance le débat sur l’égalité

Le candidat Horizons propose de concentrer les cours le matin et de réduire certaines vacances pour dégager du temps aux activités. Sur Parcoursup, il plaide aussi pour un accompagnement de l’orientation plus efficace, sans préciser les moyens envisagés.

Salle d’accueil périscolaire avec tapis, matériel d’activité rangé et chaises empilées dans une école primaire.
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En bref

Édouard Philippe défend des cours davantage concentrés le matin et envisage de raccourcir certaines vacances pour laisser plus de place au sport, à la culture et aux langues. La proposition soulève des questions concrètes sur l’organisation des familles, les moyens des communes et l’égalité d’accès aux activités. Sur Parcoursup, il appelle aussi à renforcer l’accompagnement des lycéens dans leur

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Des journées de classe moins chargées, mais des vacances plus courtes : les enfants y gagneraient-ils vraiment ? Pour leurs parents, la réponse dépend aussi des horaires de travail, des transports et des activités accessibles après les cours.

Édouard Philippe propose de déplacer cet équilibre. Lors d’une réunion de campagne consacrée à l’éducation, jeudi 15 octobre 2026, le candidat Horizons à la présidentielle a défendu des apprentissages concentrés le matin. En contrepartie, il envisage de réduire certaines vacances scolaires. Il a également appelé à améliorer l’accompagnement des lycéens dans leur orientation.

Alléger les journées sans réduire les apprentissages

Le raisonnement de l’ancien Premier ministre part d’un constat : concentrer beaucoup de cours sur peu de jours ne servirait pas suffisamment les enfants. Il souhaite donc diminuer les heures d’apprentissage quotidiennes et réserver davantage les après-midi au sport, à la culture ou aux langues. Au collège, il évoque aussi des enseignements consacrés aux civilisations étrangères.

Pour dégager ce temps, Édouard Philippe cible notamment les congés intermédiaires : « Est-ce que ça ne vaut pas le coup de limiter le nombre de jours de congé ou de vacances au moment de la Toussaint, au moment de Pâques ? » Il reconnaît toutefois une question « assez explosive ».

Ces déclarations dessinent une orientation, pas encore un calendrier applicable. Elles ne précisent ni le nombre de jours à retirer, ni les niveaux concernés, ni les moyens nécessaires. Elles laissent aussi ouverte une question centrale : les activités de l’après-midi relèveraient-elles des enseignements obligatoires ou d’une offre complémentaire ?

Dans le premier degré, le cadre actuel prévoit 24 heures d’enseignement par semaine pendant 36 semaines. La semaine de quatre jours reste possible par dérogation, c’est-à-dire avec une autorisation adaptée à l’organisation locale. Modifier les vacances implique donc de repenser ensemble les journées, les semaines et l’année scolaire.

Un débat qui renvoie aussi au bilan de 2017

La proposition intervient dans une histoire politique mouvementée. En 2017, sous le gouvernement dirigé par Édouard Philippe, l’exécutif avait justement autorisé le retour à quatre jours dans les écoles publiques. Cette possibilité dérogeait au cadre général des quatre jours et demi, sans diminuer les 24 heures hebdomadaires d’enseignement.

Le choix défendu aujourd’hui déplace la priorité : mieux répartir les apprentissages, quitte à reprendre du temps sur les vacances. Mais passer d’un principe national à un emploi du temps concret suppose des arbitrages locaux. Qui encadre les élèves ? Dans quels locaux ? Avec quels transports et quel financement ?

La FSU-SNUipp défend une approche plus large. Dans une contribution sur les rythmes scolaires, le syndicat demande de considérer l’ensemble des temps de l’enfant. Il souligne notamment le poids des horaires parentaux, des situations sociales et des transports. Cette position invite à ne pas confondre une journée comportant moins de cours avec une journée réellement moins fatigante.

La distinction compte pour les familles qui dépendent d’un accueil avant ou après la classe. Si l’enfant reste aussi longtemps dans les locaux, alléger les enseignements ne réduit pas automatiquement son amplitude quotidienne. L’enjeu devient alors la qualité de l’accueil, les pauses et la coordination entre adultes.

Des bénéfices possibles, mais une égalité à construire

Une offre sportive et culturelle intégrée à la journée pourrait profiter d’abord aux enfants qui accèdent difficilement à ces activités. Cependant, ce bénéfice suppose une offre accessible, régulière et suffisamment encadrée. Sans ces garanties, le déplacement des horaires pourrait transférer une partie des contraintes vers les familles.

Les territoires n’aborderaient pas non plus la réforme avec les mêmes ressources. Une commune disposant d’équipements et d’intervenants aurait moins d’obstacles à lever qu’une autre devant organiser des déplacements. Dans sa position sur les semaines de quatre et quatre jours et demi, la FSU-SNUipp de Loire-Atlantique souligne précisément les disparités de moyens entre communes.

Le financement constitue donc un arbitrage politique majeur. Une prise en charge nationale ne répartirait pas l’effort comme une organisation reposant principalement sur les collectivités. De même, la gratuité éventuelle des activités changerait la portée sociale du projet. Les déclarations d’Édouard Philippe ne tranchent pas ces points.

Parcoursup : améliorer l’orientation, sans tout faire porter aux enseignants

Le candidat a également abordé Parcoursup, créé en 2018 lorsqu’il dirigeait le gouvernement. Face au mécontentement de lycéens mobilisés, il met l’accent sur l’accompagnement. Il rappelle l’instauration de deux professeurs principaux en terminale, tout en estimant que les enseignants ne sont pas les mieux placés pour assurer l’orientation.

Cette appréciation mérite une distinction. Les professeurs connaissent le travail scolaire des élèves, mais l’orientation mobilise aussi d’autres compétences. Le texte officiel sur le rôle du professeur principal inscrit d’ailleurs cette mission dans un travail collectif. Le dispositif public d’accompagnement des candidats associe notamment les psychologues de l’Éducation nationale et les conseillers de l’Onisep.

Renforcer ce soutien bénéficierait particulièrement aux jeunes qui disposent de peu de relais pour comprendre les filières. Mais mieux conseiller et obtenir une place restent deux sujets distincts. La Cour des comptes recommande ainsi, dans son évaluation de l’accès à l’enseignement supérieur, de renforcer l’orientation tout en recherchant une répartition plus équitable des places.

Le terrain n’est pas vierge : le plan Avenir engagé à partir de 2025-2026 prévoit quatre demi-journées consacrées à l’orientation, de la cinquième à la terminale. Les prochaines précisions du candidat permettront donc d’évaluer ce qu’il veut ajouter ou modifier. Sur les rythmes scolaires, les points décisifs restent les mêmes : calendrier, encadrement, gratuité et partage de la facture.

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