Le jugement et sa motivation
Le tribunal administratif de Nouméa a condamné, jeudi 11 décembre, l’État à verser « plus de 28 millions d’euros » à l’assureur Allianz, estimant que la responsabilité de l’État était engagée dans les dégâts causés lors des émeutes de mai 2024. Dans sa décision, la juridiction reproche à l’État de n’avoir pas mis en place « un niveau raisonnable de sécurité ».
« L’État n’a pas inféré des alertes et des demandes formulées par le haut-commissaire de la République et de la multiplicité des signaux significatifs et convergents témoignant de la forte probabilité d’une insurrection à venir », écrit le tribunal dans son arrêt. Cette formulation figure au cœur de la motivation qui a conduit à la condamnation financière.
Les faits à l’origine du litige
Le recours d’Allianz fait suite à l’incendie de plusieurs commerces assurés par le groupe, survenu entre le 15 et le 17 mai 2024. Ces sinistres avaient été déclarés par l’assureur, qui a ensuite saisi la juridiction administrative pour obtenir réparation des montants versés aux assurés.
Le montant condamné — décrit par le tribunal comme supérieur à 28 millions d’euros — correspond, d’après la décision, aux préjudices liés à ces incendies et à la couverture mise en œuvre par Allianz. Le texte de la décision précise que la responsabilité de l’État découle d’un manquement à l’obligation de sécurité publique en amont des événements.
Portée juridique et incertitudes
La décision met en lumière la manière dont un tribunal administratif peut engager la responsabilité de l’État lorsque des carences dans la prévention des troubles de l’ordre public sont établies. Le juge a notamment retenu l’existence d’alertes et de signes convergents laissant présager un risque élevé de trouble collectif, et l’absence de réponses adaptées.
Sur la base des éléments communiqués, il n’est pas indiqué dans le résumé disponible si l’arrêt est susceptible d’appel, ni si l’État ou Allianz ont fait connaître leurs intentions procédurales. Ces points restent, pour l’heure, non détaillés dans le compte rendu sommaire de la décision.
Conséquences pour les parties
Pour Allianz, la condamnation confirme la possibilité d’obtenir réparation lorsque l’assureur établit que des pertes résultent d’une insuffisance des mesures de sécurité publique. Pour l’État, le jugement souligne l’exigence de prendre en compte les alertes et demandes formulées par ses représentants locaux afin de prévenir des troubles majeurs.
Le dossier met aussi en lumière les coûts financiers importants qui peuvent découler d’une appréciation judiciaire défavorable de la conduite des autorités dans la gestion de l’ordre public. Le montant condamné, supérieur à 28 millions d’euros, illustre l’ampleur des conséquences économiques liées à ces événements.
Contexte et suite attendue
Les émeutes de mai 2024 et les dommages matériels qu’elles ont provoqués avaient suscité une forte attention locale et nationale. L’action judiciaire engagée par un grand assureur comme Allianz illustre la voie civile et administrative choisie pour obtenir réparation à la suite de sinistres d’envergure.
Le communiqué original indique que « Plus d’informations à venir. » À ce stade, les éléments publics disponibles se limitent à la motivation citée et au montant condamné. La publication complète de la décision ou la communication des parties pourrait apporter des précisions supplémentaires sur le calcul des sommes, les éventuelles responsabilités partagées et les suites procédurales.
La présente synthèse reprend strictement les informations figurant dans le compte rendu du tribunal : date de la décision (« jeudi 11 décembre »), période des sinistres (15–17 mai 2024), et montant condamné (plus de 28 millions d’euros), ainsi que la citation directement extraite de la décision. Toute évolution du dossier au-delà de ces éléments n’est pas couverte ici.





