Mayotte : des Congolais expulsés vers Goma, exemple de l’échec des voies de protection face à la crise humanitaire en RDC et aux violences du M23

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RDC : une crise humanitaire majeure — près de 7 millions de déplacés selon le HCR — et l’intensification des violences du M23 forcent des familles à l’exil. Le parcours d’Olivier S. — fuite en kwassa‑kwassa vers Mayotte, rétention, rejet d’asile et expulsion vers Goma — illustre l’échec des voies de protection et les limites des recours juridiques en situation d’urgence.

La République démocratique du Congo (RDC) traverse l’une des plus graves crises humanitaires contemporaines, marquée par une insécurité croissante et une multiplication des violences. Selon le rapport semestriel du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), près de 7 millions de personnes sont désormais déplacées internes ou réfugiées.

La situation est particulièrement aiguë à l’est du pays, dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, où des groupes armés, et en particulier le mouvement connu sous le sigle M23, ont intensifié leurs opérations. Ces avancées entraînent, à chaque progression, des centaines de milliers de nouveaux déplacements de population, d’après le même rapport du HCR.

Un récit individuel au cœur d’une crise collective

C’est depuis Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, qu’Olivier S. a écrit à son avocat, Graziano Pafundi, à la fin du mois de novembre. Dans sa lettre, ce père de famille congolais décrit une vie soumise à la peur constante : la menace d’arrestations arbitraires et le risque d’enrôlement forcé par le M23 figurent au premier plan de ses craintes.

Olivier S. exprime le désir de fuir vers l’Ouganda, décrivant l’impossibilité de rester en sécurité dans sa région. Son témoignage personnel illustre la double réalité de nombreux Congolais : la persistance du danger local et l’aspiration à des routes d’exil qui se ferment ou se compliquent.

Itinéraire d’un exil avorté

La famille d’Olivier S. avait déjà tenté de quitter la RDC en 2024. Lui, sa femme et leurs deux fils mineurs s’étaient embarqués vers Mayotte à bord d’un kwassa-kwassa, en transit par l’archipel des Comores. À leur arrivée, ils ont été interpellés et placés au centre de rétention administrative de Pamandzi, situé sur l’île de Petite-Terre.

Depuis ce centre, la famille a déposé une demande d’asile. Selon le récit fourni, cette demande a été rejetée. Alors même qu’Olivier S. et les siens avaient saisi la Cour nationale du droit d’asile par un recours, ils ont été expulsés par charter vers Goma le 25 juin 2024, accompagnés de douze autres Congolais.

Ce parcours — fuite maritime dangereuse, détention administrative, rejet de la demande d’asile et renvoi vers une zone marquée par l’insécurité — synthétise les difficultés concrètes rencontrées par des personnes en quête de protection internationale.

Conséquences humanitaires et juridiques

Le cas d’Olivier S. met en lumière des enjeux à la fois humanitaires et juridiques. Sur le plan humanitaire, la multiplication des déplacements fragilise l’accès aux services essentiels et accroît la vulnérabilité des familles, en particulier des mineurs. Le chiffre avancé par le HCR — près de 7 millions de déplacés internes et réfugiés — traduit l’ampleur de la crise.

Sur le plan juridique, la situation soulève des questions sur le traitement des demandes d’asile et sur la mise en œuvre des recours. Dans ce dossier précis, la décision d’expulsion est intervenue alors qu’un recours était en cours devant la Cour nationale du droit d’asile, ce qui illustre les tensions entre procédures administratives et besoins de protection immédiate.

Par ailleurs, l’attribution d’un soutien extérieur au M23, évoquée dans le récit initial, reste au cœur de controverses et d’accusations croisées entre acteurs locaux et internationaux. Ce type d’allégation alimente les dynamiques de conflit et contribue à des déplacements massifs lorsque des groupes armés gagnent du terrain.

Enjeux persistants

À travers l’histoire individuelle d’une famille renvoyée vers une région en crise, se révèlent des problématiques plus larges : l’insuffisance des voies d’accès à une protection sûre, la difficulté de garantir le respect des recours juridiques en situation d’urgence, et l’impact direct des conflits armés sur les populations civiles.

Le chiffre avancé par le HCR et le récit d’Olivier S. convergent pour dresser le portrait d’une crise multidimensionnelle. Ils rappellent l’ampleur des défis humanitaires à l’est de la RDC et la fragilité des trajectoires d’exil pour des familles qui cherchent à échapper à la violence.

Sans établir de conclusion politique, ce récit documente la réalité vécue par des personnes exposées aux violences et aux déplacements forcés, et illustre la complexité des réponses nécessaires pour assurer leur protection et leur sécurité.

Parlons Politique

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