Sarkozy relance la polémique: chiraquiens en colère face à la tentation d’alliance LR‑extrême droite et le débat sur l’identité du parti

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Nicolas Sarkozy relance la controverse en refusant d’appeler au « front républicain » et en évoquant une « rupture » pour « sauver » Les Républicains, comparant Jordan Bardella au RPR de Chirac. Cette sortie a suscité l’indignation des « chiraquiens » — Valérie Pécresse et Jean‑François Copé en tête — qui rappellent le cordon sanitaire instauré par Jacques Chirac contre toute alliance avec l’extrême droite. Au cœur du débat : l’identité du parti et la question explosive d’un repositionnement stratégique face à la montée de la droite radicale.

Les propos de Nicolas Sarkozy et la rupture évoquée

En affirmant qu’il ne lancerait pas d’appel au « front républicain » lors de prochains scrutins et en laissant entendre qu’un rapprochement entre les droites pourrait permettre de « sauver » Les Républicains (LR), Nicolas Sarkozy a rompu une règle politique ancienne au sein du camp républicain. Il a assumé ces propos en déclarant que l’avenir de LR obligerait « une rupture avec une partie de son histoire ».

L’ancien président a comparé Jordan Bardella, qu’il a reçu durant l’été, au « RPR [Rassemblement pour la République] au temps de Chirac », estimant que « son discours n’est pas très différent du nôtre à l’époque ». Ces mots ont été perçus comme un franchissement d’un tabou politique, car ils relativisent la frontière traditionnelle entre la droite républicaine et l’extrême droite.

Réactions au sein des chiraquiens

La comparaison de M. Sarkozy a provoqué des réactions vives chez d’anciens proches de Jacques Chirac, souvent désignés sous le nom de « chiraquiens ». Valérie Pécresse, ancienne candidate LR à la présidence et ex-conseillère de Jacques Chirac à l’Élysée, a demandé un « sursaut » et affirmé, dans un texte publié le 14 décembre par La Tribune Dimanche, qu’il n’y avait « rien de commun entre les héritiers du gaullisme et les héritiers du lepénisme ».

Deux jours plus tard, Jean-François Copé a également dénoncé la comparaison. Dans L’Express, l’ancien ministre de M. Chirac a déclaré : « Non, Jordan Bardella n’est vraiment pas Jacques Chirac ! » Il a ajouté que ces personnalités appartenaient à « deux familles politiques antinomiques sans filiation possible » et rappelé un principe qu’il juge intangible : l’absence de toute compromission avec l’extrême droite.

Le cordon sanitaire consacré par Jacques Chirac

Le débat fait ressurgir un héritage politique clair : depuis son arrivée à la présidence, Jacques Chirac avait mis en place et préservé un cordon sanitaire entre la droite et l’extrême droite. En 1998, il était intervenu à la télévision pour condamner cinq présidents de région qui, pour être élus, avaient accepté les voix de conseillers membres du Front national. Il avait alors rappelé que la France puisait « sa grandeur » dans les valeurs républicaines de « liberté, d’égalité et de fraternité » et mis en garde contre toute alliance avec un parti « de nature raciste et xénophobe ».

Dans un message public repris en 2007, peu avant l’élection suivante, M. Chirac avait livré ce que l’on a présenté comme un testament politique : « Ne composez jamais avec l’extrémisme. » Ces formules ont longtemps servi de référence morale et stratégique pour le camp gaulliste et les Républicains.

Enjeux et tensions internes

Les prises de position récentes mettent en lumière une tension profonde : d’un côté, des voix qui estiment qu’un repositionnement, voire un compromis, avec des formations plus à droite pourrait préserver la pertinence électorale de LR ; de l’autre, des responsables qui invoquent une continuité historique et morale avec le gaullisme pour refuser toute forme d’accommodement avec l’extrême droite.

Les déclarations de personnalités comme Valérie Pécresse et Jean‑François Copé signalent que cette controverse ne relève pas seulement d’un débat d’opportunité électorale, mais touche à l’identité même du parti. Le terme « rupture » employé par M. Sarkozy souligne la volonté d’envisager une refondation qui, pour certains, passe par un réalignement stratégique, et pour d’autres franchit une ligne rouge.

À ce stade, les propos rapportés restent des éléments de débat public et de positionnement interne. Ils ont pour effet immédiat de relancer la discussion sur les alliances possibles à droite et sur la mémoire politique de la famille gaulliste. Mais ils cristallisent surtout une question simple : jusqu’où Les Républicains peuvent-ils ou veulent-ils modifier leur héritage sans trahir des principes que certains de leurs cadres estiment fondamentaux ?

La controverse reste ouverte au sein du parti et dans l’opinion. Les citations citées ici — notamment les extraits publiés le 14 décembre par La Tribune Dimanche et les réactions dans L’Express — structurent le débat public autour d’un choix de trajectoire pour LR, entre continuité et rupture, sans qu’un consensus se dégage pour l’instant.

Parlons Politique

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