Convocations suspendues jusqu’au 6 janvier 2026 : la commission d’enquête sur l’audiovisuel public met la pause pour apaiser les tensions après les fuites

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Le président de la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, Jérémie Patrier‑Leitus, suspend les convocations « au moins jusqu’au 6 janvier 2026 » pour apaiser des tensions suscitées par le rapporteur Charles Alloncle et la diffusion d’extraits sur les réseaux sociaux (notamment après les auditions de Thomas Legrand et Patrick Cohen). La pause ne remet pas en cause la mission d’enquête : la reprise des auditions sera tranchée par le bureau le 6 janvier.

Le président de la commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, [au] fonctionnement et [au] financement de l’audiovisuel public » a annoncé qu’il suspendait les convocations pour une période limitée, espérant ainsi retrouver la sérénité nécessaire au bon déroulement des travaux.

Suspension des convocations jusqu’au 6 janvier 2026

Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons du Calvados et président de la commission, a annoncé dans un communiqué envoyé dans la soirée du lundi 22 décembre qu’il ne ferait plus de convocations « au moins jusqu’au 6 janvier 2026 », date à laquelle se réunira le prochain bureau de la commission. Comme pour toutes les commissions d’enquête parlementaires, le président dispose du pouvoir de convocation et peut en limiter l’exercice pour des raisons d’organisation ou de climat des auditions.

Cette décision vise explicitement à marquer une pause dans le calendrier des auditions. Le président a présenté ce délai comme un moyen de permettre aux travaux de se poursuivre dans des conditions qu’il juge plus sereines, sans préciser, dans le communiqué, d’échéances intermédiaires ni de modalités particulières de reprise des convocations avant la réunion du bureau prévue début janvier.

Polémiques autour du rapporteur et relais sur les réseaux

Les tensions au sein de la commission portent en grande partie sur la tonalité des questions posées par son rapporteur, le député Charles Alloncle, élu ciottiste de l’Union des droites pour la République (Hérault). Selon le compte rendu des travaux, ces questions suscitent depuis le début des auditions, le 25 novembre, de nombreuses critiques sur le fond et la forme.

Les critiques se sont intensifiées à la mi-décembre, notamment après les auditions des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, qui ont eu lieu le jeudi 18 décembre. Selon le texte original, la manière dont M. Alloncle a exploité et relayé des éléments de ces auditions sur les réseaux sociaux a accentué les réactions contre la commission.

Le recours aux réseaux sociaux a, par ailleurs, élargi le cercle des critiques : plusieurs élus et personnalités identifiées comme proches de l’extrême droite ont publié des messages sur X (anciennement Twitter) pour relayer et amplifier les prises de position hostiles à l’audiovisuel public, d’après les éléments évoqués dans le communiqué. Ces relais ont contribué à transformer des débats internes en contestation publique plus large, selon la même source.

Un contexte de travail fragilisé

La suspension temporaire des convocations peut être lue comme une tentative d’apaiser un climat devenu, aux yeux du président, peu propice à des auditions efficaces. En l’état, la commission conserve cependant sa capacité d’enquête : la pause concerne uniquement les convocations, et non la mission générale de la commission ni l’examen des éléments déjà recueillis.

Le choix de renvoyer toute décision sur la reprise des convocations au bureau du 6 janvier 2026 place la suite des travaux sous la responsabilité collective de ses membres. Le bureau devra, lors de cette réunion, décider des modalités de poursuite des auditions et, le cas échéant, des éventuels ajustements de calendrier.

Au-delà de la simple organisation, la mesure soulève des questions sur l’équilibre entre la recherche d’efficacité des travaux parlementaires et la gestion des tensions politiques et médiatiques. La décision du président met en lumière la difficulté de conduire une enquête publique lorsque les débats sont fortement médiatisés et instrumentalisés sur les réseaux sociaux.

Le communiqué ne précise pas si des auditions déjà programmées seront replanifiées avant la date du 6 janvier, ni si des échanges écrits ou des demandes de documents resteront possibles pendant la suspension des convocations. Ces aspects relèveront des arbitrages que devra effectuer le bureau lors de sa prochaine réunion.

Sur le plan institutionnel, la pause adoptée par M. Patrier-Leitus est une réponse interne à des tensions identifiées au cours des auditions. Elle suspend le calendrier des convocations pour deux semaines et place la suite des travaux sous la responsabilité du bureau de la commission, attendu le 6 janvier 2026.

Parlons Politique

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