Macron annonce son retrait de 2027 et présente des vœux prudents pour 2026 — bilan économique mitigé, trois priorités sans mesures majeures

Share This Article:

Emmanuel Macron, dans une brève allocution du 31 décembre 2025, a dressé un bilan prudent — vantant la résistance de l’économie et l’emploi tout en évitant l’épineuse question de l’abandon de la réforme des retraites — et a annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2027. Il a présenté trois priorités pour 2026 (service militaire volontaire, régulation des réseaux sociaux pour les jeunes, loi sur la fin de vie) sans mesures majeures, illustrant une fin de mandat contrainte après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024.

Moins de dix minutes. Le président de la République s’est adressé brièvement aux Français le mercredi 31 décembre 2025, une allocution marquée par une voix fatiguée et un ton mesuré.

Contraint par le rituel républicain des vœux, Emmanuel Macron — qui ne s’était pas exprimé devant les Français depuis plusieurs mois ; sa dernière grande émission télévisée sur TF1 remontant au mois de mai — a tenté de défendre un bilan assombri par l’abandon de la réforme des retraites, unique réforme structurelle de son second quinquennat, sacrifiée au gré des discussions budgétaires.

Un bilan économique mis en avant

Le chef de l’État a vanté la résistance de l’économie française et les chiffres de l’emploi, soulignant une inflation qu’il a qualifiée d’ »une des plus faibles de la zone euro ». Il n’a en revanche pas commenté la crise politique durable qui affecte le pays ni l’état jugé préoccupant des finances publiques.

De même, aucun mot n’a été prononcé sur la promesse faite le 31 décembre 2024 de consulter les Français sur de grands sujets, engagement qui, selon le texte de l’allocution, n’a pas été suivi d’effets à ce jour.

Références culturelles et annonces limitées

Dans un contexte international troublé, marqué notamment par les prises de position des États-Unis et la montée des nationalismes, le président a rappelé ce qu’il a présenté comme les traits de l’identité nationale : « l’humain, la paix, la liberté ». Il a appelé à « résister à l’air du temps », citant Albert Camus et Marc Bloch, que l’exécutif s’apprête à inscrire au Panthéon.

Pour la première fois, M. Macron a aussi évoqué son départ en fin de mandat, déclarant qu’il ne pourrait pas se représenter à la présidentielle de 2027 et annonçant sa volonté de protéger la France « de toute ingérence étrangère ». Ces vœux, teintés d’un ton plus retiré, n’ont toutefois contenu aucune mesure nouvelle d’ampleur, donnant l’impression d’une allocution davantage tournée vers le constat que vers l’annonce.

Trois priorités pour 2026

Comme ses prédécesseurs en fin de mandat, il a présenté 2026 — année précédant l’élection présidentielle — comme une année qui doit rester « utile ». Il a énuméré trois chantiers prioritaires : l’instauration d’un service militaire volontaire, la régulation des réseaux sociaux à destination des jeunes et l’adoption d’une loi sur la fin de vie, projet sans cesse reporté depuis 2022. Ces dossiers constituent, selon lui, des domaines où il souhaite encore imprimer sa marque.

Mais la portée de ces annonces reste limitée face aux contraintes politiques et institutionnelles qui pèsent sur la présidence.

Contrainte politique et perspectives restreintes

L’impuissance décrite dans l’allocution renvoie à un phénomène fréquent en fin de mandat : les dirigeants, lorsqu’ils renoncent à se représenter ou sont affaiblis, perdent une part de leur influence. Pour M. Macron, la situation a été accentuée par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, décision qui a privé le président d’une majorité et plongé le pays dans une instabilité que certains observateurs jugent inédite sous la Ve République.

Au sommet de l’impopularité et avec des marges de manœuvre réduites, le président paraît condamné, selon le ton de l’allocution, à suivre la fin de son mandat comme observateur. Cette lecture a été partagée par plusieurs figures politiques : début décembre 2025, l’ancien premier ministre Édouard Philippe estimait que « rien d’important pour le pays ne sera véritablement fait jusqu’à la prochaine élection présidentielle », constat cité dans le texte de l’article.

Mercredi soir à l’Élysée, M. Macron s’est exprimé depuis le salon des ambassadeurs. Derrière lui, deux bougies allumées sur la cheminée ont été perçues par certains comme un symbole discret d’une transition de pouvoir en cours.

L’allocution n’a ni apporté de levier politique nouveau ni présenté d’agenda susceptible de lever l’incertitude actuelle. Elle laisse planer la question des conséquences d’une fin de mandat longue et potentiellement coûteuse pour un pays confronté à des défis économiques, sociaux et institutionnels importants.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique