Suspension d’un maire pour propos antisémites
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a suspendu Bernard Bazinet, maire d’Augignac (Dordogne), pour une durée d’un mois. La mesure a été prise par arrêté et figure au Journal officiel, publié jeudi 1er janvier.
Selon l’entourage du ministre, l’élu « n’avait plus l’autorité morale nécessaire pour exercer ses fonctions de maire ». Bernard Bazinet dirige une commune d’environ 825 habitants.
Origine de la sanction
La suspension fait suite à des propos tenus par le maire sous une publication Facebook du quotidien Libération relative à la participation d’Israël à l’édition 2026 de l’Eurovision, concours dont plusieurs pays avaient évoqué le boycott.
Dans le commentaire incriminé, l’édile écrivait : « Oui au boycott ! La France est trop youpine pour boycotter ». Ces mots ont été interprétés par de nombreux acteurs comme antisémites et ont déclenché des condamnations publiques.
Le 22 décembre, Laurent Nuñez avait déjà « fermement » condamné ces propos, selon les mêmes sources. La suspension administrative constitue l’acte de suivi de cette condamnation ministérielle.
Réactions politiques et discipline interne
Le Parti socialiste a réagi en excluant Bernard Bazinet de ses rangs le 9 décembre. Dans un communiqué cité par les instances du parti, il est écrit : « Il a utilisé des termes inacceptables issus des pires extrêmes. L’antisémitisme est un mal odieux. Aucune tolérance, aucune explication n’est entendable. »
Au niveau local, les propos ont suscité des critiques dans la sphère politique et associative. Les autorités et les observateurs ont estimé que la gravité des déclarations compromettait la capacité du maire à représenter l’ensemble des habitants.
Conséquences administratives et portée locale
La suspension pour un mois prive l’élu de l’exercice officiel de ses fonctions municipales pendant la durée indiquée par l’arrêté. Le texte publié au Journal officiel formalise cette décision administrative. Le communiqué ministériel souligne en outre que la sanction répond à un manquement à l’exemplarité attendue d’un élu.
Sur le plan pratique, l’intérim à la mairie doit être assuré conformément aux règles en vigueur; le texte officiel précise la suspension mais n’est pas reproduit intégralement ici.
Contexte et portée nationale
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large où les propos tenus par des responsables publics sur les réseaux sociaux sont de plus en plus scrutés. La participation d’Israël à l’Eurovision 2026, évoquée dans la publication originale, avait été elle‑même source de débats publics, certains pays menaçant un boycott du concours.
La sanction adressée à un maire d’une commune de 825 habitants illustre également la manière dont des déclarations locales peuvent prendre une résonance nationale, en particulier lorsqu’elles sont diffusées par des médias ou sur des plateformes à large audience.
Ce que disent les parties concernées
L’entourage du ministre justifie la suspension par la perte de l’autorité morale nécessaire à l’exercice des fonctions municipales. De son côté, le Parti socialiste a choisi la sanction politique interne de l’exclusion, en invoquant l’usage de « termes inacceptables ». Les propos incriminés restent publiquement disponibles dans le commentaire sous la publication citée (Libération), où ils ont été relevés.
Aucune autre information officielle sur d’éventuelles procédures complémentaires n’a été mentionnée dans l’arrêté publié au Journal officiel. Les suites — judiciaires ou disciplinaires supplémentaires — n’étaient pas précisées dans les éléments rendus publics au moment de la publication de l’arrêté.




