Trump relance la menace sur le Groenland : post SOON, envoyé spécial et pression américaine suscitent l’indignation du Danemark, de l’UE et de 85% des Groenlandais

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Moins de deux jours après l’annonce de la capture de Nicolás Maduro, la Maison‑Blanche a relancé les tensions en évoquant la nécessité pour les États‑Unis de « récupérer » le Groenland, entre propos présidentiels, un post « SOON » et la nomination d’un envoyé spécial. Le Danemark, l’UE et 85 % des Groenlandais dénoncent une menace à la souveraineté, ravivant un bras de fer géostratégique autour des ressources de l’île.

Moins de deux jours après la capture annoncée du dirigeant Nicolás Maduro, samedi 3 janvier, la Maison-Blanche a laissé planer le doute sur l’éventualité d’une action extérieure ou d’une remise en cause plus large des équilibres géopolitiques. Dans un entretien téléphonique accordé au magazine The Atlantic, le président américain a évoqué la nécessité de « revenir à ses partenaires d’évaluer les conséquences de l’opération militaire au Venezuela sur ce territoire autonome danoïs ». Il a ajouté : « Nous avons besoin du Groenland. C’est une question de sécurité nationale ».

Les propos de Washington et leur tonalité

Interrogé à bord d’Air Force One par des journalistes, le président a précisé sa formulation en affirmant qu’« aujourd’hui, le Groenland est cerné de bateaux russes et chinois, et le Danemark ne peut pas s’en occuper ». Il a encore déclaré : « nous avons besoin du Groenland, et l’Union européenne a besoin que nous l’ayons (…) Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans 20 jours ». Ces phrases, rapportées par les médias présents, renforcent une rhétorique de pression sur le calcul stratégique autour de l’île.

Dans la même veine, des messages relayés sur le réseau X ont alimenté les inquiétudes. Un premier post, publié samedi soir par Katie Miller, ex-conseillère et proche collaboratrice du président, montrait une image du Groenland recouverte d’un drapeau américain accompagnée d’un seul mot en lettres capitales : « SOON » (« bientôt »). Ce message a été largement repris par des comptes pro-Trump et perçu par certains commentateurs comme l’annonce d’une offensive politique ou diplomatique prochaine.

Un thème récurrent et des précédents diplomatiques

La revendication sur le Groenland n’est pas nouvelle dans le discours du président. À la veille de son premier mandat en 2019, il avait publiquement évoqué l’idée de racheter ou d' »obtenir » le Groenland, provoquant une crise diplomatique avec le Danemark. De retour au pouvoir fin 2024, il a de nouveau évoqué son désir d’annexion en écrivant sur X le 10 janvier 2025 : « Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les États‑Unis. Ce serait formidable pour lui, formidable pour nous ! Faisons-le ! »

Plusieurs actions et incidents depuis ont contribué à entretenir la tension. En mars, la visite non officielle d’un vice-président mentionné comme JD Vance avait soulevé un incident diplomatique, réduit finalement à un passage sur la base américaine de Pituffik. En août, une enquête de la chaîne publique danoise DR a rapporté une « tentative d’infiltration » du Groenland par des proches du président américain, destinée, selon l’enquête, à « fissurer les relations » avec le Danemark.

Le 22 décembre, la Maison‑Blanche a nommé Jeff Landry, gouverneur de Louisiane, « envoyé spécial au Groenland » avec pour mission explicite, selon la communication officielle, de « faire du Groenland une partie des États‑Unis ». Cette nomination a provoqué des réactions vives dans plusieurs capitales européennes.

Réactions européennes et locales

La réaction du Danemark a été ferme. La Première ministre Mette Frederiksen a exhorté les États‑Unis à « cesser leurs menaces à l’encontre d’un allié historique » et rappelé que le peuple groenlandais « n’est pas à vendre ». Jens Frederik Nielssen, présenté dans les communiqués comme Premier ministre groenlandais, a dit sur Facebook : « Ça suffit maintenant », en appelant au respect du droit international et à un dialogue mené « par les bons canaux ».

L’Union européenne, par la voix d’Anitta Hipper, porte‑parole de la diplomatie européenne, a affirmé le 5 janvier que l’UE « continuera à défendre les principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et d’inviolabilité des frontières ». Le gouvernement français a déclaré, via son porte‑parole Pascal Confaureux, être « solidaire » du Danemark et a estimé qu’« il ne peut pas y avoir de modification des frontières par la force » (intervention citée sur TF1).

Au Groenland, un sondage publié en janvier 2025 dans le quotidien Sermitsiaq indiquait que 85 % des Groenlandais s’opposent à toute idée d’ rattachement aux États‑Unis. Ce chiffre illustre la très forte résistance locale à l’hypothèse d’un changement de statut et alimente les déclarations officielles de Copenhague et de Bruxelles.

Les menaces répétées de l’administration américaine contre le Groenland suscitent donc une forte mobilisation diplomatique et politique en Europe et au Groenland même. Elles ravivent des tensions anciennes liées aux enjeux stratégiques et aux ressources de l’île, tout en provoquant des condamnations de responsables danois, groenlandais et européens qui rappellent l’importance du droit international et de la souveraineté des peuples.

Parlons Politique

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