Tignes se libère de la Compagnie des Alpes : gestion du domaine confiée le 1er juin 2026 à Altta pour souveraineté locale, tourisme et transition énergétique

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Tignes tourne une page : le 1er juin 2026, la gestion du domaine skiable, confiée depuis 37 ans à la Compagnie des Alpes via la STGM, sera reprise par Altta, une société publique locale. Ce choix politique — qui englobe aussi Sainte‑Foy‑Tarentaise (Val d’Isère exclu) — vise à renforcer la souveraineté locale, conjuguer performance touristique et transition énergétique, et résonne avec l’histoire de la commune marquée par le barrage de 1952 (« Semper vivens »).

En 1952, la commune de Tignes (Savoie) a vécu un traumatisme décisif : la construction, décidée depuis Paris, d’un barrage a englouti le village historique. Les habitants durent se reconstruire plus haut, malgré la colère locale. De cette épreuve est née la devise « Semper vivens » et, plus tard, le développement d’une station de ski devenue un pilier de l’économie locale.

Un changement d’exploitant après près de quatre décennies

Plus de soixante-dix ans après cet épisode fondateur, Tignes se prépare à un nouveau tournant. Le 1er juin 2026, la station cessera de recourir à la Compagnie des Alpes (CDA) pour l’exploitation de son domaine skiable, suite à une décision prise par la municipalité en 2024.

Depuis près de trente-sept ans, la gestion du domaine avait été confiée à la CDA au titre d’une délégation de service public, exercée par sa filiale STGM (Société des téléphériques de la Grande Motte). Ce contrat historique prend fin et cède la place à un opérateur de statut public local.

Altta : une société publique locale à la manœuvre

La nouvelle entité opérationnelle s’appelle Altta, sigle d’Alliance locale pour la transition des territoires d’altitude. Cette société publique locale prendra en charge l’exploitation du domaine de Tignes et assurera également la gestion de la petite station voisine de Sainte-Foy-Tarentaise.

Le périmètre évoqué distingue nettement les deux domaines : Sainte-Foy-Tarentaise représente 78 hectares de pistes, contre 10 000 hectares pour l’ensemble du domaine de Tignes relié à Val d’Isère. Précision apportée par la municipalité : Val d’Isère ne fait pas partie du projet porté par Altta.

Cette réorganisation administrative et industrielle répond à un choix politique local de reprendre la main sur l’exploitation des infrastructures et des remontées mécaniques, après des décennies de délégation à un grand opérateur national.

Réactions et portée de la décision

Sur le plan politique, Olivier Duch, premier adjoint, reconnaît la dimension symbolique de l’événement : « C’est vrai que l’on peut faire un parallèle », a-t-il déclaré, en référence à l’histoire de la commune et à cette nouvelle étape. La formulation souligne la volonté de marquer une rupture avec le modèle précédent sans pour autant minimiser l’ampleur du changement technique et organisationnel.

Aux yeux des observateurs locaux et régionaux, le basculement vers une société publique locale est considéré comme une « révolution » annoncée dans le monde montagnard, un secteur attentif aux évolutions de gouvernance, de transition énergétique et de gestion durable des territoires d’altitude. Le terme, employé dans plusieurs commentaires publics, traduit l’ampleur symbolique du transfert de responsabilités.

Sur le terrain, les enjeux sont concrets : assurer la continuité de l’exploitation, maintenir la qualité des services touristiques et des équipements, et piloter les questions d’entretien et d’investissement. Le passage d’un opérateur privé national à une structure publique locale implique aussi des arbitrages budgétaires et juridiques qui devront être gérés dans les semaines et mois suivant la prise de fonction d’Altta.

Un virage observé au-delà des frontières communales

La décision prise par la municipalité de Tignes ne se limite pas à un simple changement de prestataire. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large où des collectivités cherchent à renforcer leur souveraineté sur des services stratégiques, en particulier dans des territoires soumis aux aléas climatiques et économiques.

Concrètement, le 1er juin 2026 marquera le début d’une nouvelle phase pour la gestion des domaines concernés. Les détails opérationnels et financiers du transfert seront suivis de près par les acteurs locaux, les partenaires institutionnels et les usagers. Les prochaines étapes concerneront l’organisation interne d’Altta, la reprise des équipes techniques et la mise en œuvre d’un calendrier d’investissements et d’entretien adapté aux saisons à venir.

Sans anticiper d’issue définitive, la municipalité mise sur une gestion de proximité pour concilier performance touristique et besoins des habitants, dans une commune dont l’histoire montre une capacité de rebond après des bouleversements profonds.

Parlons Politique

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