Ce jeudi 8 janvier 2026, Jarnac (Charente), ville natale de François Mitterrand, a accueilli une commémoration sobre pour les 30 ans de la disparition de l’ancien président de la République. Le cortège attendu était réduit : quelques responsables officiels et une « petite vingtaine » de membres du Parti socialiste (PS) se sont rassemblés pour honorer sa mémoire, selon les éléments rapportés sur place.
Une présence politique restreinte
La cérémonie a été marquée par l’absence des principaux dirigeants du PS. Les « éléphants » contemporains ont justifié leur non-participation : le premier secrétaire Olivier Faure et le président du groupe parlementaire Boris Vallaud avaient un rendez‑vous à Paris avec le premier ministre, Sébastien Lecornu, dans le cadre des discussions budgétaires, indiquent les mêmes sources.
Sur place à Jarnac, figuraient l’ancien président François Hollande, le président de l’Institut François Mitterrand, Jean Glavany — ancien proche collaborateur de M. Mitterrand —, ainsi que six sénateurs et une dizaine d’élus locaux. Aucun député n’était présent, précise le compte rendu. La direction nationale du PS a toutefois dépêché le secrétaire national Amin Mbarki.
Une commémoration mesurée, reflet d’une mémoire partagée
L’absence d’une forte mobilisation militante interroge sur la place qu’occupe aujourd’hui François Mitterrand dans la mémoire collective de la gauche. L’article de départ souligne que, contrairement à des figures comme Jean Jaurès, Léon Blum ou Pierre Mendès France — personnalités qui bénéficient d’un prestige historique important — Mitterrand suscite un positionnement plus nuancé au sein du PS.
Le député socialiste du Calvados, Arthur Delaporte, 34 ans, apporte un éclairage générationnel : « C’est une question de génération. Nous sommes moins dans la revendication de cet héritage que nos prédécesseurs. Il reste autour de François Mitterrand soit une admiration pour le personnage et pour sa trajectoire, soit une forme de méfiance parce qu’il a ses aspérités, ses parts d’ombre. Il est clivant pour certains, à gauche. » Cette analyse met en évidence un équilibre entre respect pour le rôle historique de Mitterrand et réserve liée à certains aspects de son bilan et de sa personnalité.
Une commémoration sans grand faste
La tonalité générale de la journée a été celle d’un hommage sobre, sans les grandes envolées ni les rassemblements massifs parfois associés aux anniversaires présidentiels. La formule retenue — présence limitée d’élus, intervention de quelques personnalités liées à l’institution Mitterrand, et absence des principaux chefs de file du PS — illustre une commémoration circonscrite.
Les motifs invoqués pour l’absence des dirigeants socialistes, à savoir la tenue de discussions budgétaires et un rendez‑vous officiel avec le chef du gouvernement, expliquent en partie ce choix. Reste que, pour certains observateurs, l’événement traduit aussi une mutation de la culture politique et mémorielle à gauche : la référence aux grandes figures historiques semble s’estomper chez les nouvelles générations d’élus, au profit d’un regard plus critique et plus sélectif.
La commémoration de ce 8 janvier n’a pas donné lieu à des annonces politiques majeures ni à des prises de parole solennelles qui auraient cherché à redéfinir l’héritage mitterrandien. Elle s’est déroulée dans un cadre local et recueilli, fidèle à l’image de Jarnac comme lieu de mémoire plutôt que comme scène de grandes mobilisations nationales.
En l’absence d’éléments nouveaux ou contestés signalés pendant la journée, le bilan de cette commémoration reste celui d’une journée discrète, illustrant la complexité et la pluralité des regards portés sur une figure historique qui continue de diviser et d’inspirer à la fois.





