La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, se sont rendus à Amman, en Jordanie, pour rencontrer le roi Abdallah II, jeudi 8 janvier. Cette visite marque la première réunion bilatérale entre les représentants de Bruxelles et les autorités jordaniennes depuis le lancement de leur partenariat stratégique.
Un partenariat stratégique confirmé
À l’issue de la rencontre, les dirigeants ont publié une déclaration commune confirmant la poursuite du « partenariat stratégique et global » entamé en janvier 2025. Ursula von der Leyen a déclaré : « Le tout premier sommet UE–Jordanie marque l’anniversaire de notre partenariat stratégique et global et les réalisations concrètes accomplies ensemble depuis ». António Costa a, de son côté, écrit sur X que « les relations entre l’UE et la Jordanie sont solides et ne feront que se renforcer ».
La déclaration commune met l’accent sur plusieurs axes : soutien économique, coopération régionale, migration et renforcement des échanges commerciaux. L’Union européenne se dit résolue à accompagner la Jordanie face aux conséquences des crises régionales et à promouvoir la paix et la stabilité dans la région.
Un soutien financier structuré
Pour soutenir la résilience économique de la Jordanie et son programme de réformes, l’UE propose une enveloppe financière composée de plusieurs volets. Celle-ci inclut, selon la déclaration, 1 milliard d’euros d’assistance macrofinancière, 640 millions d’euros de subventions et 1,4 milliard d’euros d’investissements publics et privés à mobiliser.
Par ailleurs, pour la période 2021–2024, le Conseil de l’UE a indiqué que l’Union avait alloué environ 377 millions d’euros de subventions à la Jordanie. L’appui financier sera délivré via l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale — désigné dans la déclaration comme « Europe dans le monde » — et vise à accompagner la modernisation et le changement économique souhaités par Amman.
Coopération régionale et accueil des personnes déplacées
Les dirigeants européens ont salué l’engagement de la Jordanie dans la région, notamment l’accueil de populations palestiniennes et l’aide apportée au sud de la Syrie et au Liban. L’UE souligne que ces efforts justifient un appui soutenu et coordonné. La logique affichée est d’aider la Jordanie à gérer des pressions externes tout en consolidant ses institutions et son économie.
La déclaration commune rappelle également l’importance du respect de l’état de droit, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que d’une bonne gouvernance, considérés comme indispensables pour promouvoir stabilité et développement durable.
Dimension commerciale et perspectives
Sur le plan économique, l’Union européenne est aujourd’hui le troisième partenaire commercial de la Jordanie, représentant 12 % des échanges de marchandises du royaume avec le reste du monde. Les deux parties affirment leur volonté d’intensifier ces échanges et d’exploiter « pleinement le potentiel de la zone de libre‑échange prévue par l’Accord d’association », selon la déclaration commune.
Les dirigeants insistent sur la nécessité de dynamiser les relations bilatérales et d’élargir la coopération économique au-delà des cadres existants, afin de favoriser la modernisation jordanienne et d’attirer davantage d’investissements publics et privés.
Calendrier des prochains engagements
Cette rencontre n’est que le premier acte d’une série d’échanges prévus entre Bruxelles et Amman. Les dirigeants européens ont annoncé le lancement, début 2026, du premier dialogue UE–Jordanie sur la sécurité et la défense à Amman. Ce dialogue vise à renforcer le soutien de l’Union à l’armée jordanienne et à structurer la coopération dans ces domaines.
Un second sommet UE–Jordanie est par ailleurs programmé à Bruxelles en 2028, selon la déclaration, marquant la volonté des deux parties de maintenir un calendrier régulier de consultations au plus haut niveau.
Au terme de cette visite, l’Union européenne réaffirme son engagement envers la Jordanie sur les plans politique, économique et sécuritaire, tout en soulignant que l’accompagnement financier et politique sera conditionné au respect des principes évoqués dans la déclaration commune.





