La question d’annuler ou non le carnaval de Pointe-à-Pitre, prévu dimanche 11 janvier, a trouvé une réponse administrative après plusieurs jours de débat dans l’archipel suite à un nouveau fait de violence survenu lors des festivités.
Décision préfectorale : horaire avancé et renforcement des dispositifs
Jeudi 8 janvier, Thierry Devimeux, le préfet de la région Guadeloupe, a annoncé une modification des horaires du principal événement festif de l’année : le défilé principal sera désormais avancé, passant de 20 heures à 15 heures, et les dispositifs de sécurité seront « augmentés » et densifiés pour encadrer les cortèges.
« On avance le carnaval de 20 heures à 15 heures, car la nuit, c’est plus compliqué de gérer la sécurité », a expliqué le préfet, qui est également revenu sur sa proposition initiale d’annulation totale du défilé, envisagée pour « montrer que la Guadeloupe n’accepte plus cette violence ». Ces déclarations ont été au centre du débat public depuis le début de la semaine.
La préfecture a précisé que ces mesures visent à réduire les risques liés à la tenue nocturne des cortèges et à permettre un encadrement plus visible et plus dense des zones de passage. Les détails opérationnels — nombre d’agents supplémentaires, déploiement des forces de l’ordre et horaires précis des différents groupes — n’ont pas été tous publiés dans le communiqué cité ci-dessus.
Un meurtre récent relance le débat
La décision fait suite au meurtre, dimanche 4 janvier, d’un garçon de 18 ans, abattu de plusieurs balles à proximité immédiate de la rue principale de Pointe-à-Pitre. L’incident est intervenu alors que des groupes « déboulent » devant des milliers de spectateurs massés le long des rues, selon le descriptif des scènes carnavalesques locales.
Cet épisode a ravivé les inquiétudes sur la sécurité pendant le carnaval, période très suivie par la population et rythmée par des rassemblements quotidiens, du dimanche à l’Epiphanie jusqu’au début du Carême. Les autorités ont dit vouloir préserver la tenue des manifestations populaires tout en garantissant la sécurité des participants et des spectateurs.
La tenue du carnaval le dimanche 11 janvier avait été discutée au regard de ce contexte sécuritaire. Certains représentants locaux et élus avaient demandé l’annulation, estimant qu’un message fort devait être envoyé face à la multiplication des actes violents. Le préfet avait, pour sa part, envisagé l’annulation avant d’opter pour l’avancement des horaires et le renforcement des moyens.
Contexte plus large et antécédents
La violence ponctuelle lors des soirées carnavalesques n’est pas inédite dans l’archipel. En 2025, un jeune homme de 16 ans avait été poignardé à plusieurs reprises lors d’une soirée carnavalesque et était décédé de ses blessures. Cet antécédent alimente les appels à une sécurisation renforcée des cortèges et des abords.
Les responsables locaux, les organisateurs et les forces de l’ordre doivent désormais coordonner la mise en œuvre pratique des mesures annoncées afin que le défilé de dimanche 11 janvier se déroule dans de bonnes conditions. Reste à préciser comment seront répartis les effectifs et quels périmètres de sécurité seront institués autour des zones de rassemblement.
La décision préfectorale illustre la tension classique entre la volonté de maintenir des traditions populaires très suivies et l’impératif de protection des personnes. Le passage à un horaire de jour et la promesse d’un dispositif plus dense répondent à une logique de réduction du risque, sans aboutir à l’interruption pure et simple de la manifestation.
Les informations présentées ici reprennent les éléments rendus publics lors des annonces mentionnées ci‑dessus. Certains détails opérationnels, non précisés dans ces communications, restent à confirmer par les autorités en charge de la sécurité et des manifestations.





