Moissac : six mois avec sursis et 1 000 € d’amende pour l’homme qui a écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella, déjà condamné en 2022

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Le 9 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Montauban a condamné à six mois de prison avec sursis et 1 000 € d’amende un homme de 74 ans qui avait écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d’une séance de dédicace à Moissac fin novembre 2025. Il doit verser 500 € au président du RN et régler 600 € de frais de justice ; le parquet réclamait une peine plus lourde et le dossier comporte une condamnation antérieure en 2022 pour un geste similaire contre Éric Zemmour. L’affaire interroge la frontière entre protestation politique et violence punissable.

Le tribunal correctionnel de Montauban (Tarn-et-Garonne) a rendu, vendredi 9 janvier 2026, sa décision à l’encontre du septuagénaire qui avait écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella lors d’une séance de dédicace fin novembre 2025 à Moissac.

La peine prononcée et les réparations financières

Les juges ont condamné l’homme, âgé de 74 ans et retraité de l’agriculture, à six mois d’emprisonnement avec sursis. Il a également écopé d’une amende de 1 000 euros.

Le tribunal a ordonné le versement de 500 euros à Jordan Bardella au titre de l’atteinte à son image. Le prévenu doit en outre régler une part des frais de justice de 600 euros.

Les réquisitions du parquet et les antécédents

Le procureur de la République de Montauban, Bruno Sauvage, avait requis une peine plus lourde : huit mois d’emprisonnement, dont quatre mois ferme. Il a souligné, pendant ses réquisitions, que le geste ne pouvait être qualifié de « bêtise », expression employée par le prévenu au cours de la procédure.

Pour le représentant du ministère public, il s’agissait d’une « infraction pénale », d’un « acte violent » et non d’un « acte citoyen » ou « symbolique ». Ces éléments avaient pour but, selon le parquet, de montrer la gravité des faits et la nécessité d’une réponse pénale proportionnée.

Le dossier comportait un antécédent : en juillet 2022, le même homme avait été condamné après avoir lancé un œuf sur Eric Zemmour, alors candidat du parti Reconquête !, lors d’un déplacement à Moissac (Tarn-et-Garonne). Ce précédent a pesé dans l’analyse du tribunal et dans les réquisitions du ministère public.

Les déclarations du prévenu à la barre

À la barre, le retraité, vêtu de jeans, baskets et d’un blouson de laine bleu marine, a exprimé des regrets. Il a déclaré : « Je regrette mon geste et m’en excuse auprès de M. Bardella. C’est son parti que je visais. C’était violent, je le reconnais. »

Interrogé par la présidente du tribunal, il a cependant confirmé le caractère politique de son acte. Il a expliqué vouloir « alerter les citoyens qu’on s’endort et qu’une fois qu’ils [les représentants du Rassemblement national] seront au pouvoir, il sera trop tard ». Il a ajouté : « Malheureusement, il n’y a que ça [à faire]. »

Le prévenu a précisé qu’il souhaitait faire « le minimum de violence pour avertir sur un maximum de violence pour tous les Français ». Ces propos illustrent la dimension revendicative de son geste, telle que présentée par la défense.

Les qualifications juridiques et la position de la défense de la victime

L’homme était poursuivi pour « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité ». Cette qualification renvoie au caractère attentatoire commis contre une personnalité investie d’une fonction publique, en l’espèce le président du Rassemblement national en exercice.

L’avocat de Jordan Bardella, Me Charles de Luynes, a contesté la banalisation du geste et a plaidé la gravité des faits. Il a déclaré : « Quand on atteint un responsable politique, on atteint le débat politique. » Me de Luynes a réclamé 1 500 euros de dédommagement pour son client.

Contexte et portée

L’incident s’est déroulé le 29 novembre 2025, lors d’une séance de dédicace au cours de laquelle le prévenu, placé dans la file d’attente, a écrasé un œuf sur la tête de Jordan Bardella au moment de lui présenter le livre.

Le dossier illustre la tension entre expression politique et limites pénales. Le tribunal a choisi d’infliger une peine avec sursis, assortie de sanctions financières, tout en rappelant la condamnation antérieure pour faits similaires.

La décision rendue le 9 janvier 2026 met en évidence la volonté de la justice de sanctionner ces actes tout en tenant compte des éléments personnels et de la récidive signalée dans le dossier.

Parlons Politique

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