L’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, a appelé, dimanche 11 janvier, à un « changement rapide de méthode » pour permettre l’adoption du budget 2026, sans exclure l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. Ses propos ont été tenus lors d’une interview au quotidien Libération.
Évoquant la situation politique actuelle, M. Lombard a déclaré : « Je considère qu’on se retrouve aujourd’hui dans une situation pire que celle dans laquelle on était après la chute du gouvernement de Michel Barnier, qui réclame un changement rapide de méthode ». Il s’est dit « inquiet pour les dix-huit mois qui viennent » et a invité le ministre Sébastien Lecornu à ne pas « repartir dans cette idée généreuse, mais qui ne fonctionne pas, de dire qu’il n’y aura pas de 49.3 ».
Ce que permet l’article 49.3
L’article 49.3 de la Constitution autorise le gouvernement à faire adopter un texte sans vote, sauf si une motion de censure est ensuite déposée et adoptée par l’Assemblée nationale. Selon l’ancien ministre, cet outil ne doit pas être écarté a priori alors que les négociations budgétaires peinent à aboutir.
Jusqu’à présent, le gouvernement avait exclu le recours au 49.3 dans le cadre de ses discussions avec les partis politiques, en particulier le Parti socialiste (PS). Cette position faisait partie des lignes de négociation sur lesquelles le pouvoir s’était engagé lors des échanges préalables au dépôt du projet de loi de finances.
Critique de la méthode actuelle et des concessions
Pour Éric Lombard, la méthode retenue jusqu’ici — tenter de « réunir tous les partis » et chercher un consensus élargi — a montré ses limites. « Cette méthode ne fonctionne pas. Il est urgent d’en prendre acte », a-t-il tranché dans l’entretien.
Il a également critiqué les concessions accordées au PS, citant notamment la suspension de la réforme des retraites. « Après toutes ces concessions, on n’a pas de budget ! Le gouvernement doit jouer son rôle, sans tarder, ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent », a affirmé M. Lombard.
Sur la nature des institutions, il a rappelé la spécificité de la Ve République : « S’appuyer sur le Parlement, quand on a un régime parlementaire et une coalition, c’est possible. Mais la Ve [République] n’est pas un régime parlementaire, et il n’y a pas de coalition. »
Un calendrier budgétaire sous tension
Le contexte parlementaire s’est tendu : les députés ont rejeté, samedi en commission, le projet de budget de l’État après vingt‑huit heures de discussions. Ces débats n’ont pas permis de clarifier les contours d’un compromis possible entre le gouvernement et le PS, à la veille de l’examen du texte en séance publique dans l’hémicycle.
Face à cette impasse, l’appel d’Éric Lombard revient à demander au gouvernement d’assumer une décision claire — négocier un accord contraignant ou, si nécessaire, recourir aux dispositions constitutionnelles prévues pour faire aboutir le texte.
Les propos de M. Lombard reflètent une inquiétude sur la capacité de l’exécutif à conduire le processus budgétaire dans les semaines à venir. Ils résonnent également avec le calendrier institutionnel : l’adoption du budget est une échéance majeure dont l’issue dépendra à la fois des arbitrages politiques et des choix procéduraux du gouvernement.
Dans son intervention, M. Lombard reprend des éléments précis — la durée des débats en commission (28 heures), la temporalité (dix‑huit mois) et les déclarations publiques du ministre Sébastien Lecornu — tels que rapportés dans l’interview. Ces éléments servent à illustrer son analyse sans que cet article n’ajoute d’éléments nouveaux aux faits exposés par l’intéressé.
Le débat sur la méthode pour faire adopter le budget 2026 reste donc ouvert, entre recherche de consensus parlementaire et recours aux mécanismes constitutionnels pour contourner une impasse. Les décisions prises par l’exécutif dans les prochains jours détermineront la suite de la procédure.





