Le gouvernement et l’état‑major des armées lancent lundi une campagne de recrutement pour un nouveau « service national » rémunéré, d’une durée de dix mois, destiné à apporter des effectifs supplémentaires aux forces face à des risques accrus de conflit, a indiqué l’Élysée.
Organisation de la campagne et responsabilités
Lors d’une conférence de presse prévue lundi matin à Paris, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, doit détailler les modalités de la campagne aux côtés des principaux chefs militaires : le général Fabien Mandon, chef d’état‑major des armées ; le général Pierre Schill, chef d’état‑major de l’armée de Terre ; l’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état‑major de la marine nationale ; et le général Jérôme Bellanger, chef d’état‑major de l’armée de l’air et de l’espace.
Le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé ce projet le 27 novembre en le présentant comme une réponse aux besoins des armées. Le dispositif, qualifié par l’Élysée de « purement militaire », vise à employer les recrues exclusivement sur le territoire national.
Durée, formation et missions
Le service national proposé s’articule sur dix mois : un mois de formation initiale, suivi de neuf mois de service au sein de l’armée. Les missions, selon les premiers éléments diffusés, se concentreront sur des tâches relevant d’un engagement national intérieur plutôt que d’opérations extérieures.
Conformément aux annonces présidentielles, ce nouveau format se distingue du service national universel (SNU) antérieur, qui ciblait des mineurs et poursuivait des objectifs de cohésion sociale. L’Élysée a estimé que le SNU, lancé en 2019 après une promesse de campagne en 2017, « n’est aujourd’hui plus adapté au contexte stratégique » résultant de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Profils recherchés et conditions de recrutement
La majorité des volontaires, environ 80 %, seront des jeunes de 18‑19 ans. Pour ces jeunes, le service doit jouer le rôle d’une « année de césure » avant l’entrée dans l’enseignement supérieur et être valorisé dans Parcoursup, précise la communication officielle.
D’autres candidats, présentés comme des futurs aspirants, pourront être recrutés jusqu’à l’âge de 25 ans. Leur sélection sera liée à des spécialisations précises : ingénieurs, infirmiers, traducteurs et autres compétences techniques recherchées par les armées.
Chaque volontaire percevra une rémunération minimale fixée à 800 euros par mois. L’État prendra en charge le logement, la nourriture et l’équipement des engagés, selon l’Élysée.
Ambitions chiffrées et montée en puissance
Pour des raisons budgétaires, le dispositif devrait être mis en place de manière progressive. La première année visera 3 000 jeunes. L’objectif affiché est d’atteindre 10 000 volontaires par an en 2030, puis 42 500 en 2035.
Les responsables soulignent que, cumulés avec les effectifs déjà engagés dans le service militaire volontaire (SMV) et son équivalent ultramarin, le service militaire adapté (SMA), ces chiffres porteraient le total à environ 50 000 personnes par an. Le SMV et le SMA sont maintenus parallèlement car leurs finalités, notamment l’insertion professionnelle, diffèrent de celles du nouveau service national.
Conséquences institutionnelles et contexte
Le lancement de ce service national marque par ailleurs l’abandon pratique du SNU, qui n’a jamais été généralisé malgré les intentions affichées lors du mandat précédent. Les autorités présentent ce changement comme une adaptation au nouveau contexte géostratégique et aux priorités de défense.
Les annonces laissent plusieurs points techniques à préciser : modalités exactes de la sélection, nature précise des affectations sur le territoire national, calendrier détaillé des promotions et sources de financement pérennes. Ces éléments doivent être précisés par la ministre des Armées et les états‑majors lors de la conférence de presse.
En l’état, le projet combine une réponse à court terme aux besoins capacitaires et un objectif de formation et d’insertion pour des jeunes, tout en s’inscrivant dans une évolution des priorités de défense décidée au plus haut niveau de l’État. Toute information complémentaire officielle sera issue des communiqués ministériels et des interventions publiques prévues pour présenter la mise en œuvre opérationnelle.





