Nouvelle-Calédonie : le FLNKS boycotte la réunion à l’Élysée et rejette l’accord de Bougival, ravivant les divisions sur l’avenir institutionnel

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Le FLNKS a annoncé le 13 janvier 2026 qu’il boycottera la réunion convoquée à l’Élysée le 16 janvier sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle‑Calédonie, dénonçant une « mise sous contrainte » et le cadrage imposé par l’accord de Bougival, qu’il rejette. Cet accord — qui prévoit notamment l’inscription d’un « État de la Nouvelle‑Calédonie » dans la Constitution — divise élus et partis, et la proposition d’une consultation citoyenne anticipée pour relancer le processus a été abandonnée. Dans un contexte encore marqué par les violences de 2024 et des difficultés économiques, ce boycott complique le calendrier et rend plus incertaine une issue politique consensuelle.

Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a annoncé, mardi 13 janvier 2026, qu’il ne participera pas à la réunion convoquée par le président de la République à l’Élysée, prévue le vendredi 16 janvier 2026, au sujet de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Le FLNKS dénonce une « mise sous contrainte »

Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Union calédonienne, à Nouméa, Christian Tein, président du FLNKS, a justifié cette décision en rejetant la méthode retenue par Paris. « Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force, c’est pour cela que nous n’irons pas à la réunion. Le gouvernement essaie de nous enfermer dans [l’accord de] Bougival, nous et l’ensemble des acteurs calédoniens. Nous ne pouvons pas le cautionner », a-t-il déclaré.

La coalition indépendantiste avait tenu une convention à Dumbéa, près de Nouméa, les 10 et 11 janvier 2026, qui a permis d’affirmer collectivement cette position. Le FLNKS avait déjà rejeté le projet d’accord issu des négociations de Bougival signé en juillet 2025, selon le calendrier indiqué par les protagonistes.

Le contenu de l’accord de Bougival et ses oppositions

L’accord de Bougival, conclu en juillet 2025 entre l’État, des représentants indépendantistes et des représentants non-indépendantistes, prévoit notamment l’inscription dans la Constitution française de la création d’un « État de la Nouvelle‑Calédonie ». Cette disposition a été l’un des principaux points de crispation avec le FLNKS, qui a rejeté le texte dès août 2025.

Une majorité d’acteurs politiques calédoniens continue toutefois d’exprimer un soutien global au projet. Plusieurs groupes estiment néanmoins que le texte doit être amendé pour dégager un consensus jugé indispensable à sa mise en œuvre. L’Union nationale pour l’indépendance (UNI) a conditionné son appui à des modifications du texte.

Le Congrès de la Nouvelle‑Calédonie, consulté pour avis le 8 décembre 2025, a illustré l’impasse politique : sur ce scrutin, 19 élus ont voté pour le projet, 14 contre et 19 se sont abstenus.

La tentative de relance et ses limites

Soucieuse de relancer le processus, la ministre des Outre‑mer, Naïma Moutchou, avait proposé d’organiser en mars 2026 une « consultation citoyenne anticipée » avant l’adoption de la loi constitutionnelle nécessaire à l’application de l’accord. Cette proposition visait à obtenir une validation populaire préalable, dans un contexte politique et social fragile.

La perspective d’une consultation anticipée a cependant suscité des réserves, y compris parmi des soutiens apparents de l’accord de Bougival. Le Parti socialiste, début décembre 2025, avait demandé au premier ministre Sébastien Lecornu de « suspendre » la consultation anticipée, estimant qu’elle révélait « l’absence de consensus réel » autour du texte.

Sur le plan institutionnel, le gouvernement n’a finalement pas adopté le projet de loi instaurant cette consultation lors du conseil des ministres du 17 décembre 2025, comme cela avait été initialement envisagé. Selon des informations publiées par Le Monde, l’exécutif a renoncé, pour l’instant, à cette initiative.

Contexte social et enjeux économiques

Le processus s’inscrit dans un climat national et local marqué par des violences importantes au printemps 2024. Ces affrontements ont causé la mort de 14 personnes et ont profondément affecté l’économie territoriale, déjà fragilisée.

Dans ce contexte, l’enjeu principal pour l’ensemble des protagonistes reste de trouver une solution politique qui permette à la fois de stabiliser la situation et de poser un cadre institutionnel accepté suffisamment large pour être durable. Les divergences sur la méthode et le calendrier, ainsi que sur des éléments fondamentaux du texte de Bougival, pèseront sur la capacité du gouvernement central à obtenir l’adhésion nécessaire.

La décision du FLNKS de boycotter la réunion de l’Élysée met en lumière l’écart persistant entre les acteurs et complique le calendrier annoncé par l’exécutif. À court terme, la tenue effective d’une rencontre productive entre Paris et l’ensemble des forces calédoniennes paraît désormais plus incertaine.

Parlons Politique

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