Procès des assistants FN : Marine Le Pen nie tout délit au premier jour d’appel à Paris, risque d’inéligibilité confirmé et enjeu pour la présidentielle 2027

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Au procès d’appel à Paris le 13 janvier, Marine Le Pen a nié avoir commis « le moindre délit », plaidant l’absence d’intention pour les recrutements d’assistants (2004, 2009, 2014) et renvoyant la responsabilité d’alerte au Parlement européen. Condamnée en première instance le 31 mars 2025 (4 ans dont 2 ferme, 100 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité), elle attend que la cour réexamine les faits et les peines — une décision qui pourrait confirmer son inéligibilité et contraindre le Rassemblement national à désigner un candidat pour la présidentielle 2027.

Marine Le Pen a nié, mardi 13 janvier, avoir commis « le moindre délit » lors de sa première prise de parole au procès d’appel qui se tient à Paris. Peu avant 17 h 30, après une lecture de plus de trois heures du dossier par la présidente de la cour d’appel, la présidente du Rassemblement national a répété son absence d’intentionnalité « si tant est qu’une faute ait été commise ».

Défense centrée sur l’intention et la responsabilité du Parlement européen

Dans une intervention brève mais ciblée, Mme Le Pen a rappelé avoir recruté des assistants en 2004, 2009 et 2014, en affirmant n’avoir « aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit » dans ces recrutements. Par une formule qu’elle avait jusque-là évitée, elle a reconnu la possibilité d’une faute sans en revendiquer la nature pénale, en renvoyant la responsabilité de l’alerte vers le Parlement européen.

Selon elle, l’institution européenne « n’a pas joué ce rôle d’alerte tel qu’il aurait dû le faire » et « avait connaissance des éléments d’ensemble constitutifs de ces contrats ». Les assistants en cause étaient rémunérés par des enveloppes versées par le Parlement de Strasbourg, des sommes que les juges ont estimé destinées à des emplois liés aux fonctions des eurodéputés mais dont l’utilisation est contestée au bénéfice du Front national, devenu Rassemblement national.

« Nous n’avons rien dissimulé » : la ligne de défense

« Nous n’avons rien dissimulé », a encore insisté la principale prévenue, soulignant sa volonté d’être entendue par la cour d’appel. Le ton de sa déclaration mêlait volonté de transparence et appel aux juges pour une réévaluation de la peine prononcée en première instance.

Lors du jugement en première instance, rendu le 31 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Paris, Marine Le Pen avait été condamnée pour détournement de fonds publics à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme sous bracelet électronique, à 100 000 euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Cette dernière sanction l’empêche, à ce stade, d’être candidate à l’élection présidentielle de 2027.

Interrogée dans la matinée avant une réunion de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, elle s’était dite « dans un état d’esprit d’espérance, en quelque sorte… », déclarant espérer que la cour d’appel la réexamine avec attention.

Une audience aux enjeux politiques élevés

Le procès d’appel rassemble onze prévenus et le parti en tant que personne morale. Ils sont jugés par une formation composée de trois juges, l’audience devant se poursuivre « jusqu’au 11 février », selon le calendrier communiqué. Les juges de première instance avaient estimé que, entre 2004 et 2016, Mme Le Pen et le parti avaient mis en place un « système » de captation des enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés pour la rémunération de leurs assistants à Bruxelles et à Strasbourg.

La portée politique du dossier est manifeste : si l’inéligibilité de Marine Le Pen venait à être confirmée en appel, le Rassemblement national pourrait devoir désigner un autre candidat pour la présidentielle de 2027. Le nom de Jordan Bardella a été évoqué dans les médias comme éventuel remplaçant — élément déjà présent dans le dossier public — mais la confirmation dépendra des suites judiciaires.

La procédure d’appel s’annonce donc déterminante pour l’avenir politique de la dirigeante du RN et pour le parti lui-même, confrontés à la double épreuve d’une sanction pénale et des conséquences électorales qui en découlent.

Au terme de cette première audience, la cour d’appel devra examiner tant les faits reprochés que la qualification pénale retenue en première instance, ainsi que l’application et l’exécution des peines. Les débats devraient, selon le calendrier, se dérouler sur plusieurs audiences avant la date de clôture annoncée.

Parlons Politique

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