Relance d’un débat sensible
Les questions sur la contribution fiscale des Français les plus aisés ont repris au début de l’examen du projet de budget 2026, après une parenthèse à la fin de 2025 liée à l’échec des discussions budgétaires et au vote d’une loi de finances spéciale.
Depuis plusieurs mois, la possibilité que « des milliers » de contribuables fortunés ne paient pas d’impôt sur le revenu alimente les polémiques politiques et médiatiques. Le sujet, particulièrement sensible à gauche, est redevenu central dans l’agenda parlementaire au moment où s’ouvre la discussion sur les comptes publics pour 2026.
Une demande formelle adressée à Bercy
Eric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et membre de La France insoumise (LFI), a annoncé, mardi 13 janvier 2026, qu’il avait saisi le ministère de l’économie, dit Bercy, pour obtenir des informations détaillées sur cette question.
Au nom d’une disposition légale qui oblige l’administration à fournir « tous les renseignements et documents d’ordre financier et administratif » demandés par la commission, il réclame « l’intégralité des éléments dont le ministère de l’économie dispose sur le sujet, qu’il s’agisse de notes, d’analyses ou de chiffrages élaborés par les services de la direction générale des finances publiques ».
La demande vise à recueillir les pièces et évaluations dont disposent les autorités fiscales, afin d’éclairer les contrôles et d’étayer d’éventuelles propositions de réforme. Le contenu exact des documents sollicités n’a pas été publié par la commission au moment de l’annonce.
Interpellations parlementaires et calendrier
Plusieurs élus de la gauche parlementaire ont annoncé des initiatives connexes. Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine, a indiqué qu’elle interrogerait l’exécutif mercredi 14 janvier 2026, lors de la séance de questions au gouvernement.
François Ruffin, député de la Somme rattaché au groupe écologiste, a, pour sa part, déposé une question écrite à l’attention du ministre de l’économie, Roland Lescure. Ces démarches témoignent d’une mobilisation parlementaire coordonnée sur le thème de la fiscalité des hauts revenus.
Ce que demandent les groupes de gauche
Pour la gauche, « faire payer les riches » reste à la fois un enjeu de justice fiscale et un élément de campagne. Les responsables de ces groupes souhaitent des données précises pour prouver l’ampleur du phénomène, mesurer les pertes potentielles de recettes et identifier les mécanismes juridiques ou comptables qui permettraient à certains contribuables de réduire fortement leur impôt sur le revenu.
Les demandes portent autant sur des analyses macroéconomiques que sur des études de cas, mais la communication publique se limite pour l’instant aux annonces de procédures et aux citations des députés concernés. Les services du ministère de l’économie n’ont pas diffusé de réponse détaillée au moment de ces déclarations.
Enjeux procéduraux et transparence
La saisine de Bercy par la commission des finances s’appuie sur des prérogatives institutionnelles. En pratique, la transmission et la nature des documents dépendent des règles de confidentialité fiscale et de la protection des données personnelles. La commission peut demander des éléments, mais leur communication peut faire l’objet d’exceptions ou de décisions collégiales au sein de l’administration.
Les députés attendent des éléments chiffrés ou des notes internes permettant d’évaluer la part des contribuables aisés qui, effectivement, ne versent pas d’impôt sur le revenu certaines années. Sans ces pièces, le débat politique risque de rester fondé sur des estimations ou des récits ponctuels, plutôt que sur un diagnostic exhaustif.
Perspectives politiques
L’initiative parlementaire intervient juste avant et pendant l’examen du budget 2026. Elle pourrait alimenter des propositions législatives si les documents transmis confirment l’existence de failles fiscales importantes.
Les responsables de la gauche soulignent que la transparence et la clarification des règles sont nécessaires pour restaurer la confiance et assurer l’équité du système fiscal. Reste à voir comment le ministère de l’économie répondra aux demandes de la commission et quelles suites parlementaires en découleront.
Ce regain d’attention marque, selon plusieurs députés de l’opposition, le début d’une série d’interpellations autour de la fiscalité des plus aisés. Le terme et l’ampleur des mesures proposées dépendront des éléments fournis par Bercy et des arbitrages politiques à venir.





