Le président de la République, Emmanuel Macron, a consacré une large partie de son discours de vœux aux armées, jeudi 15 janvier, à la nécessité d’accélérer l’augmentation des dépenses de défense. Il s’est exprimé dès le début de sa prise de parole à la base aérienne d’Istres (Bouches‑du‑Rhône), en liant fermement puissance militaire et indépendance nationale.
Un message clair sur le réarmement
« L’accélération des périls commande d’accélérer le réarmement de la France. Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. Et pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », a déclaré le chef de l’État. Cette formule résume la logique qui a guidé l’intervention : face à des menaces perçues comme croissantes, la France doit renforcer rapidement ses capacités militaires.
Le discours met l’accent sur l’urgence et la robustesse de la réponse attendue. Le président a repris le vocabulaire opérationnel pour insister sur la nécessité d’un effort soutenu et immédiat, notamment dans le calendrier budgétaire et les prochaines décisions parlementaires.
L’actualisation de la loi de programmation militaire
La loi de programmation militaire (LPM), qui couvre la période 2024‑2030, fait l’objet d’une actualisation dont la mise en œuvre dépend du vote du projet de loi de finances. Le chef de l’État a lié directement la capacité de la France à répondre à l’augmentation des menaces à l’adoption du budget pour 2026.
Selon son intervention, l’actualisation de la LPM pour la période 2026‑2030 représente « un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros pour accélérer notre réarmement, dont 3,5 milliards d’euros » dès cette année. Le président a employé le terme technique de « surmarches » pour désigner ces hausses budgétaires, en précisant qu’elles visent à « préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées ».
Ces mesures doivent permettre, a‑t‑il ajouté, de « faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d’ici trois à quatre ans ». Cette échéance renvoie à une évaluation opérationnelle évoquée par le chef de l’État pour calibrer le niveau et la rapidité des moyens à mobiliser.
La procédure budgétaire et les marges de manœuvre
Le texte précise que le budget de l’État n’a pas encore été adopté par le Parlement au moment de son intervention, ce qui suspend l’entrée en vigueur de crédits supplémentaires prévus pour l’armée et l’achat d’armements. Le président a évoqué plusieurs options pour faire avancer le calendrier législatif : les débats à l’Assemblée nationale et au Sénat, la possibilité pour le Premier ministre, Sébastien Lecornu, d’utiliser l’adoption sans vote par l’article 49.3 de la Constitution, ou le recours au passage du budget par ordonnances.
« Je sais, à cet égard, pouvoir compter sur la ministre, la ministre déléguée et l’ensemble des parlementaires pour que l’actualisation de la loi de programmation militaire puisse être adoptée d’ici au 14 juillet prochain », a‑t‑il déclaré. Le président a ainsi fixé un calendrier politique explicite, en désignant une date butoir pour l’adoption de ces mesures budgétaires.
Dans son allocution, Emmanuel Macron a encadré ces choix politiques comme nécessaires pour garantir la capacité opérationnelle des forces et la crédibilité stratégique de la France à court et moyen terme.
Le ton du discours est résolument axé sur la préparation et la réactivité : il vise à convaincre que l’effort budgétaire proposé n’est pas uniquement technique, mais répond à une logique de sécurité nationale perçue comme incontournable.





